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09/10/2018
Publications économiques

Redistribution des cartes dans les marchés émergents

Redistribution des cartes dans les marchés émergents

Le trimestre écoulé a été marqué par la poursuite de la hausse des cours du pétrole ainsi que celle de sorties de capitaux de marchés émergents nourrissant la dépréciation de leurs devises (voir Graphique 2, p.4). L’aggravation des crises de change en Argentine et en Turquie cet été (dont nous avions déclassé les évaluations risque pays au 2e trimestre) sont des cas emblématiques.

Ce mouvement s’est amorcé dans un contexte de dynamique très positive de l’économie américaine (croissance supérieure à 4 % au 2e trimestre, confiance des entreprises au plus haut depuis 14 ans), qui a à la fois surpris les acteurs de marché et la Réserve fédérale américaine, conduisant cette dernière à durcir plus rapidement que prévu sa politique monétaire.

Comme nous le soulignions le trimestre dernier, des vulnérabilités propres aux pays émergents expliquent aussi cette tendance. Les économies argentine et turque sont caractérisées par leurs larges déséquilibres extérieurs et donc leur dépendance aux financements extérieurs. Une large part de leurs dettes publique et privée sont libellées en devise étrangère. Dans la situation de l’Argentine comme pour celle de la Turquie, l’accélération de la dépréciation de leurs devises l’été passé a été aggravée par différents facteurs.

Pour l’Argentine, la décision du Président Mauricio Macri le 29 août dernier, de demander au FMI le déboursement de fonds en avance sur le prêt de 50 milliards de dollars octroyé dans le cadre du programme que le pays a signé avec l’organisation financière internationale au printemps dernier, a inquiété les détenteurs de peso argentin.

Ceci a en effet eu l’effet contreproductif de créer un mouvement de panique pour une économie argentine déjà en crise, affichant un taux d’inflation prévu en moyenne annuel à 30 % pour 2018. Suite à cette annonce, le peso argentin a dévissé d’environ 13 % en une journée et la banque centrale été forcée d’augmenter son taux directeur de 1 500 points de base, pour atteindre 60 % par an. Ce durcissement rapide des conditions de crédit devrait plonger l’économie argentine en récession cette année (-2,4 % après +2,9 % en 2017). La poursuite de la détérioration de l’économie argentine se reflète dans nos évaluations sectorielles avec le déclassement de six secteurs sur treize (voir p.9). À ce stade, une majorité des évaluations sectorielles pour le pays sont classées en « Risque élevé » ou « Risque très élevé ».

 

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