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Argentine


Population 41,028 millions

PIB 474,812 milliards $US

Evaluation @rating
paysC

Evaluation environnement
des affairesC

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Principaux indicateurs économiques
 201020112012(e) 2013(p)
Croissance PIB (%)

9,2

8,9

2,1

3,1

Inflation (moyenne annuelle)

21,9

21,4

22,5

26,0

Solde budgétaire / PIB (%)

0,2

-1,7

-3,1

-2,4

Solde courant / PIB (%)

0,8

0,0

0,0

-0,1

Dette publique / PIB (%)

49,2

44,9

45,2

42,8

 

(e) Estimations (p) Prévisions


POINTS FORTS

  • Abondantes ressources agricoles (blé, soja, bœuf, fruits), énergétiques (gaz, pétrole, hydraulique) et minérales (or, argent, cuivre)
  • Atouts touristiques
  • Niveau d’éducation et indicateurs de développement humain supérieurs à la moyenne régionale
  • Main d’œuvre qualifiée
  • Système politique démocratique


POINTS FAIBLES

  • Environnement des affaires imprévisible, interventionnisme de l’Etat, contrôle des prix
  • Contrôle des importations et des mouvements de capitaux
  • Des relations non normalisées avec les pays créanciers membres du Club de Paris
  • Dépendance à l’égard des matières premières agricoles et, donc, des conditions climatiques
  • Insuffisance des investissements dans l’énergie et les transports
  • Inflation très élevée
  • Politique budgétaire peu rigoureuse
  • Pauvreté, fortes inégalités et tensions sociales

 

APPRECIATION DU RISQUE

 

Malgré une légère accélération, la croissance demeurera modeste

Les conditions météorologiques étant revenues à la normale après la sévère sècheresse de l’été austral 2011-2012 (effet de la Niña), l’activité bénéficiera de l’augmentation de 25% de la production agricole (10% du PIB). Les exportations de produits agricoles (20% du total) augmenteront en volume et en valeur. Celles d’automobiles et de textile profiteront de la reprise brésilienne. Par ailleurs, on s’attend à une reprise des investissements. En revanche, la consommation privée souffrira de la décélération des salaires réels et de la hausse de l’inflation, malgré une indexation des salaires qui, toutefois, ne concerne que les salariés du secteur formel.


La détérioration des comptes public et extérieur stoppée par des moyens hétérodoxes

En 2013, le déficit budgétaire devrait se réduire grâce à la hausse des droits de douane liée à la reprise des exportations et des importations. Les dépenses courantes resteront conséquentes du fait des subventions et de l’indexation des salaires et des pensions des fonctionnaires. Le déficit est essentiellement financé par des emprunts auprès de la Banque centrale, dont les statuts ont été révisés à cet effet, ainsi que par des ponctions épisodiques sur les fonds de pension. Ce financement génère une inflation importante, officiellement 10%, mais en réalité autour de 26%.
La dépréciation du peso ne permet pas de compenser la forte inflation, entrainant ainsi une perte de compétitivité. Celle-ci, ajoutée au fort contenu en importations de la demande intérieure, a abouti à une diminution de l’excédent commercial et à la disparition de l’excédent courant. Or, le gouvernement argentin, en défaut vis-à-vis des pays créanciers du Club de Paris au titre de sa dette publique bilatérale, ne peut de facto accéder aux marchés financiers. Il a besoin d’équilibrer sa balance courante afin de maintenir un niveau des réserves en devises lui permettant de faire face à ses engagements extérieurs. Les autorités ont donc pris plusieurs mesures restrictives visant à sauvegarder les réserves de la Banque centrale.
Ainsi, la détérioration du solde commercial a été stoppée par des restrictions aux importations. Les importateurs sont contraints de demander une autorisation d’importation aux services fiscaux, accordée au bon vouloir de l’administration. A terme, ces restrictions aux importations (composées à 80% de produits intermédiaires et de biens d’équipement) auront un impact négatif sur la production industrielle. Si la balance des services n’est que légèrement négative, les revenus touristiques venant compenser le coût du fret, la balance des revenus est nettement déficitaire en raison de l’importance des rapatriements des bénéfices des entreprises vers leur pays d’origine. Au final, la balance courante est à peu près équilibrée. Les investissements étrangers ne sont pas d’une grande aide (1,4% du PIB), car découragés par la politique interventionniste de l’Etat qui s’est récemment traduite par l’expropriation de Repsol de sa filiale argentine YPF.
Les autorités ont également adopté des mesures de contrôle des changes. Une autorisation spéciale est nécessaire pour chaque retrait de dollars. L’écart entre le cours de change officiel et le cours au noir atteint aujourd’hui 30%. Ceci illustre bien la conviction des argentins que le peso est surévalué et qu’une forte dévaluation pourrait intervenir. Le souvenir de la « pésoisation » forcée de 2001 n’a pas disparu.


Isolement accru sur le plan international et tensions sociales

La politique étrangère menée par l’Argentine accroît son isolement. Les créanciers bilatéraux publics réunis au sein du Club de Paris, ainsi que certains créanciers privés (d’où leur nom de « hold-out »), ont refusé les restructurations de dettes intervenues en 2005 et en 2010 suite au défaut sur la dette souveraine de 2001. Ces créanciers privés ont obtenu en référé d’un juge américain que l’Argentine ne puisse servir sa dette restructurée qu’à la condition qu’elle verse sur un compte séquestre une somme équivalant à ce qui leur est dû. En appel, l’Argentine ainsi que les créanciers restructurés, ont obtenu un sursis jusqu’au jugement sur le fond. Par ailleurs, l’expropriation de la compagnie pétrolière YPF et l’introduction de mesures protectionnistes ont généré le dépôt de plaintes par différents pays auprès de l’OMC. Il y a un risque de rupture avec le FMI et d’expulsion du G20, les autorités ne fournissant pas d’explications sur le calcul de l’inflation.
La popularité de la présidente Cristina Kirchner, réélue pour un second mandat en 2011, est en forte baisse (28% seulement des argentins approuvent sa politique). Sa tentative de réforme constitutionnelle en vue de permettre sa réélection en 2015 est très aléatoire. Malgré des mesures populistes, comme le contrôle des prix et les subventions, les revendications et les grèves sont importantes. Dans ce contexte, il est possible que le gouvernement perde sa majorité parlementaire aux élections de mi-mandat de 2013.


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