Population 88,918 M
PIB 41,893 M$
Evaluation @rating
pays
Evaluation environnement
des affaires
| 2010 | 2011 | 2012(e) | 2013(p) | |
|---|---|---|---|---|
| Croissance PIB (%) |
8 |
7,5 |
7 |
6,5 |
| Inflation (moyenne annuelle) |
8,1 |
33,1 |
23 |
10,2 |
| Solde budgétaire / PIB (%) |
-4,6 |
-4,8 |
-4,1 |
-4,2 |
| Solde courant / PIB (%) |
-4,4 |
0,7 |
-6,1 |
-7,5 |
| Dette publique / PIB (%) |
39 |
37,4 |
34,2 |
39,6 |
(e) Estimations (p) Prévisions
POINTS FORTS
- Progrès dans la diversification de l’économie
- Investissements publics dans les infrastructures (transport, énergie et télécommunications)
- Soutien des bailleurs de fonds internationaux
- Très fort potentiel hydroélectrique
POINTS FAIBLES
- Vulnérabilité aux aléas climatiques et à la volatilité des cours des matières premières
- Non-résolution des causes de l’insécurité alimentaire
- Conséquences de la sécheresse sur l’éducation et les liens familiaux et sociaux (migrations)
- Niveau des réserves de change insuffisant
- Lacunes en termes de gouvernance
- Les emprunts de l’Etat fragilisent le secteur privé
- Conflits frontaliers
APPRECIATION DU RISQUE
Une croissance qui décélère légèrement et reste portée par les investissements publics
La croissance a été soutenue en 2012, portée par l’investissement public, notamment dans les infrastructures dans le cadre du plan quinquennal de développement du gouvernement, le Growth Transformation Plan (GTP). Néanmoins, cette stratégie, financée par la banque centrale et par un système de prêts dirigés contraignant les banques à acquérir des bons du trésor, limite l’accès au crédit du secteur privé. Dans ce contexte et avec le resserrement de la politique monétaire attendu en 2013, la croissance devrait légèrement décélérer. En outre, la demande extérieure devrait rester modérée alors que la consommation privée devrait à nouveau pâtir du niveau élevé, bien qu’en amélioration, de l’inflation. Celle-ci est générée par la hausse des dépenses publiques, la dépréciation (contrôlée par la banque centrale) du taux de change et les prix de l’alimentation. Toutefois, l’inflation devrait diminuer en raison du resserrement de la politique monétaire. L’activité industrielle devrait, quant à elle, bénéficier de l’extension des réseaux énergétiques grâce aux investissements publics et étrangers dans ce secteur. Du côté de l’offre, la croissance devrait être tirée par les secteurs de la construction (notamment dans l’énergie avec le barrage Renaissance), l’industrie, les transports (infrastructures routières) et les télécommunications.
Une stratégie de croissance induisant une situation financière fragile
Le déficit courant du pays devrait se creuser en 2013 du fait de la forte progression des importations de biens et services liées aux investissements publics et étrangers dans les infrastructures notamment énergétiques (second projet d’énergie éolienne, Adama II, récemment signé avec la Chine). Dans le même temps, les exportations, principalement de produits agricoles et miniers, devraient augmenter mais de manière modérée, en ligne avec la décélération de la demande en provenance de l’Europe (plus de la moitié des exportations). De fait, malgré le niveau élevé des transferts de revenus des travailleurs expatriés et de l’aide extérieure (à hauteur d’environ 10% du PIB), le déficit courant devrait se creuser. Les IDE, en forte progression depuis la mise en place du programme GTP, permettront d’en couvrir une partie (environ 30%) et le pays devra donc s’endetter davantage. Dans ce contexte, les réserves, qui ont chuté avec la dépréciation « contrôlée » par la banque centrale du taux de change, seront insuffisantes, couvrant moins de deux mois d’importations.
Malgré l’assistance technique du FMI pour améliorer la collecte fiscale, le déficit budgétaire devrait légèrement augmenter en raison du niveau élevé des dépenses publiques (programme de lutte contre la pauvreté) et des investissements des entreprises publiques (transport, énergie) dans le cadre du GTP. Pour limiter l’ampleur du déficit budgétaire, le pays restera donc dépendant de l’aide extérieure (environ 1,3% du PIB attendu en 2013) et aura recours à l’emprunt auprès de la National Bank of Ethiopia et des banques commerciales. Ces dernières seront contraintes à consacrer au moins 27% de leurs prêts à l’achat d’obligations publiques. Ainsi l’endettement public augmentera t-il significativement, ce qui contribuera à une progression de la dette publique.
Stabilité politique mais un environnement des affaires difficile
Le décès du premier ministre Meles Zenawi annoncé le 20 août 2012 a laissé craindre une période d’incertitude politique, d’autant plus qu’il était au pouvoir depuis 1991 et n’avait pas de successeur désigné. Mais la nomination en septembre d’un nouveau premier ministre, Hailemariam Desaglen, a apaisé ces craintes. Pour rappel, le parti au pouvoir, l'EPRDP (Ethiopian People's Revolutionary Democratic Party), avait remporté les élections législatives de mai 2010 avec une majorité écrasante (546 sièges sur 547 au parlement), grâce aux lois contraignantes préalablement votées concernant la presse, la société civile et les financements politiques. Le pouvoir n’est certes pas à l’abri de tensions sociales, à l’exemple des mouvements arabes, mais l’absence d’une opposition structurée ne favorise pas l’éclosion des revendications. La stabilité politique ne devrait donc pas être remise en question. Subsisteront néanmoins de fortes tensions militaires avec la Somalie du Sud et l’Erythrée.
Enfin, le pays pâtit du niveau élevé de la pauvreté et d’un environnement des affaires difficile marqué par le manque de transparence des données du secteur public, la corruption et l’éviction du secteur privé. En effet, ce dernier souffre d’un accès limité au crédit induit par la forte concentration du secteur bancaire, une seule grande banque publique détenant 70% des actifs, et des contraintes imposées aux autres banques via un système de prêts dirigés.


