Population 15,105 millions
PIB 50,296 milliards $US
Evaluation @rating
pays
Evaluation environnement
des affaires
| 2010 | 2011 | 2012(e) | 2013(p) | |
|---|---|---|---|---|
| Croissance PIB (%) |
2,9 |
3,9 |
3,2 |
3,5 |
| Inflation (moyenne annuelle) |
5,4 |
6,2 |
4 |
4,9 |
| Solde budgétaire / PIB (%) |
-3,3 |
-2,8 |
-2,1 |
-2 |
| Solde courant / PIB (%) |
-1,5 |
-3,1 |
-4,3 |
-3,8 |
| Dette publique / PIB (%) |
24,1 |
24,1 |
24,8 |
25,2 |
(e) Estimations (p) Prévisions
POINTS FORTS
- Soutien des Etats-Unis et des prêteurs multilatéraux
- Des politiques économiques prudentes : maintien d’une faible dette publique
- Relations commerciales confortées par l’Accord de libre-échange de l’Amérique centrale avec les Etats-Unis (CAFTA/ DR)
- Fort potentiel touristique et agricole
POINTS FAIBLES
- Faiblesse de la croissance de long terme
- Vulnérabilité aux chocs externes (catastrophes naturelles, conjoncture américaine et cours des produits agricoles et minéraux exportés - café, sucre, banane, huile, or, argent)
- Faiblesse de l’Etat
- Infrastructures défaillantes
- Forte criminalité liée à la drogue
- Tensions sociales (pauvreté, faible scolarisation, sous-emploi, clivages ethniques)
APPRECIATION DU RISQUE
Une économie dépendante des Etats-Unis
Comme en 2012, la croissance sera proche de son potentiel. L’économie profitera encore de la résistance de son principal partenaire économique, les Etats-Unis, à travers ses exportations de produits agricoles (40% des exportations se dirigent vers ce pays) et les remises des guatémaltèques émigrés pour la plupart aux Etats-Unis. La consommation des ménages, qui contribue pour 85% au PIB, restera dynamique. Les dépenses de reconstruction suite au tremblement de terre de novembre 2012 soutiendront aussi l’activité. Néanmoins, cette croissance apparaît modeste et en tout cas insuffisante à la résorption des importantes carences structurelles. Le potentiel est en effet obéré par l’insuffisance des infrastructures, les lacunes éducatives limitant la productivité de la main d’œuvre, la pauvreté qui touche la moitié de la population et l’insécurité. Le crédit au secteur privé devrait continuer de progresser, mais il reste onéreux et un frein à l’investissement. La politique économique restera prudente et neutre.
Des comptes extérieurs équilibrés grâce aux remises des émigrés, aux investissements étrangers et à l’emprunt
Le déficit courant qui trouve son origine dans le déficit commercial (11% du PIB) devrait diminuer en 2013 du fait d’une diminution du prix des importations de carburants en provenance des Etats-Unis et de la bonne tenue des exportations textiles, agricoles et minérales, principalement destinées aux Etats-Unis et aux pays voisins. Le déficit des services restera faible, en lien avec une baisse du coût du fret. Celui des revenus pourrait s’accroître avec l’augmentation des rapatriements des bénéfices par les entreprises étrangères. Les remises des travailleurs émigrés aux Etats-Unis resteront considérables et compenseront en grande partie le déficit commercial. Les investissements directs étrangers et l’émission d’obligations sur le marché international devraient à nouveau permettre de couvrir le solde et de maintenir un niveau confortable de réserves en devises. Cela suppose que la situation politique et sociale ne se dégrade pas. La monnaie locale, le quetzal, devrait peu fluctuer sous le contrôle de la Banque centrale qui pratique le flottement administré.
Faible efficacité de l’action gouvernementale
Malgré une progression attendue en 2013 suite à la réforme fiscale de 2012, les recettes publiques resteront très limitées (11% du PIB). Ce niveau reste très en deçà de celui des pays au niveau de richesse comparable. L’investissement public ne représente que 4% du PIB. Ajouté à l’action privée, le pourcentage reste inférieur à 20%. En plus du faible niveau de ressources, les finances publiques pâtissent d’une mauvaise gestion qui se traduit par une mauvaise allocation des dépenses et des arriérés conséquents de paiement envers les fournisseurs locaux. Une refonte du code minier est projetée qui permettrait d’accroître la redevance versée par l’exploitant à l’Etat de 1 à 3% (5% pour les matières précieuses) de la production. De plus, le pays va bénéficier d’un prêt de la Banque Interaméricaine de Développement d’un montant de 237 millions de dollars étalé sur 3 ans destiné à moderniser la fiscalité. Les fortes carences structurelles ne sont pas prêtes d’être comblées. Le fort potentiel agricole est largement sous exploité en raison du manque de soutien à la population rurale, très largement d’origine maya, qui concentre la pauvreté. Enfin, la faiblesse des forces de sécurité et la corruption laissent le champ libre aux gangs violents qui prospèrent sur le narcotrafic.
La droite conservatrice face à la pauvreté et à l’insécurité
Le président Otto Pérez Molina, général retraité, issu du parti conservateur Partido Patriota est arrivé aux affaires en janvier 2012 avec le soutien de l’électorat des zones urbaines et des milieux d’affaires conquis par son programme de lutte contre la criminalité. Il doit faire face à la grande pauvreté de la population rurale maya qui constitue 40% de la population. Les engagements pris à la fin de la guerre civile en 1996 sont loin d’avoir été tenus. Les conflits pour la répartition des terres et autour de l’implantation des mines perdurent, avec parfois des morts. Le nouveau code minier en projet prévoit que 55% des redevances seront versées aux populations locales. La lutte contre la criminalité et les 4 gangs locaux (les maras) impliqués dans le trafic de drogue est difficile. L’action des forces armées locales est coordonnée avec celle des Etats-Unis dans le cadre de l’opération « Martillo » visant à empêcher le trafic de cocaïne sud américaine le long des côtes. Le président Molina semble partisan d’une légalisation de la drogue afin faire cesser le trafic. L’action gouvernementale est laborieuse, car sa majorité de coalition au congrès est fragile, la classe dirigeante réticente, et l’administration pas à l’abri de la corruption.


