Population 9,962 millions
PIB 128,844 milliards $US
Evaluation @rating
pays
Evaluation environnement
des affaires
| 2010 | 2011 | 2012(e) | 2013(p) | |
|---|---|---|---|---|
| Croissance PIB (%) |
1,2 |
1,7 |
-1,3 |
-0,3 |
| Inflation (moyenne annuelle) |
4,9 |
3,9 |
5,8 |
4,8 |
| Solde budgétaire / PIB (%) |
-4,3 |
4,2 |
-2,9 |
-4,2 |
| Solde courant / PIB (%) |
1,1 |
0,9 |
1,1 |
1,8 |
| Dette publique / PIB (%) |
81,3 |
80,6 |
74,0 |
75,5 |
(e) Estimations (p) Prévisions
POINTS FORTS
- Infrastructures et cadre réglementaire performants
- Progrès continus en matière de surveillance prudentielle des banques
- Economie diversifiée
- Main d’œuvre qualifiée
- Stock important d’investissements directs étrangers
POINTS FAIBLES
- Endettement public élevé
- Besoin de financement extérieur important et une accumulation de réserves de change insuffisante
- Volatilité du taux de change
- Forte exposition des emprunteurs au risque de change
- Constatation d’une dérive autoritaire du pouvoir
APPRECIATION DU RISQUE
Une économie fragile et dépendante de l’évolution de la crise de la dette de la zone euro
L’économie hongroise est entrée en récession dès le second semestre 2011 et y est restée en 2012 suite à la dégradation de la demande domestique. Par ailleurs, les exportations ont également ralenti en raison de la crise européenne. La croissance en 2013 sera à nouveau grevée par un niveau de dette élevée des secteurs public et privé. Malgré que la banque centrale ait diminué son taux directeur à 4 reprises afin de dynamiser la croissance, au second semestre 2012 (de 7% à 6%), l’investissement et la consommation privée se sont contractés en 2012. Néanmoins, cette politique monétaire expansionniste devrait continuer en 2013. Mais ces mesures ne soulageront que modérément les ménages qui font face à une diminution de leur revenu disponible et à un taux de chômage élevé bien que stabilisé (10,5%). La consommation privée reculera de nouveau en 2013. De plus, dans un contexte de fort endettement, la baisse des taux d’intérêt profitera d’abord au désendettement des banques. En effet, la rentabilité des banques continuera d’être affectée par la réglementation adoptée fin 2011 qui autorise les ménages endettés en devises (notamment en franc suisse) à rembourser le solde de leurs emprunts en monnaie locale. Par ailleurs, la Hongrie possède la taxe bancaire la plus élevée d’Europe. L’investissement sera également contraint par le resserrement de l’offre de crédit. La balance commerciale constituera le moteur de la croissance en 2013. Du côté de l’offre, la relativement bonne orientation du secteur automobile en Hongrie tirera les exportations. En effet, de nombreux constructeurs tournés vers le haut de gamme sont présents en Hongrie et l’orientation de leurs modèles vers des marchés émergents en forte croissance bénéficieront à l’économie hongroise. Sur le plan domestique, des difficultés persisteront en particulier dans les secteurs de la construction, de la métallurgie et du commerce de détail. En ce qui concerne l’inflation, elle devrait être nettement supérieure à 3% du fait d’une pression sur les prix agricoles début 2013 et de la politique monétaire expansionniste menée par la banque centrale.
Les négociations entamées depuis janvier 2012 avec le FMI pourraient ne pas aboutir
La Hongrie est l’Etat le plus endetté d’Europe centrale. Afin de réduire la dette, le Premier Ministre Victor Orban a mis en place une politique macro-économique d’ajustement non conventionnelle, basée sur la baisse des taxes à la consommation, l’instauration de taxes sur des activités non transférables (banques, télécommunications, énergie) et des nationalisations (caisse des retraites). Budapest doit refinancer environ 5,6 milliards d'euros de titres de dette et rembourser 4,5 milliards d'euros au FMI en 2013, dont près de la moitié au premier trimestre. Des négociations ont été entamées, portant sur un prêt de 15 milliards d’euros sur 3 ans. Pour rappel, le gouvernement rejette les conditionnalités du FMI depuis janvier 2012. Celui-ci souhaite notamment revenir sur le système d’imposition sur le revenu à seuil unique (16%) et sur les impôts portant sur les banques et les sociétés.
En 2013, l’excédent courant devrait augmenter en raison de l’amélioration du solde commercial. Néanmoins, en dépit de l’effort d’ajustement depuis 2009, le besoin de financement externe reste important. Or, dans un contexte d’aversion accrue des investisseurs, les sources de financements devraient se tarir, qu’il s’agisse des IDE, des investissements de portefeuille ou des crédits bancaires accordés par les maisons-mères (60% de l’actif bancaire hongrois est détenu par des banques de la zone euro). Dans ce contexte, la volatilité du forint devrait rester marquée, la défiance des investisseurs étant nourrie à la fois par la crise de la zone euro et l’imprévisibilité des politiques macro-économiques. Or, la dette en devises du secteur privé reste importante, avec un poids élevé du franc suisse. L’expérience de paiement Coface pourrait s’en trouver affectée.
Un environnement politique très controversé
Le gouvernement entré en fonction en mai 2010 et conduit par Viktor Orban du parti nationaliste de centre-droit (Fidesz) a été élu en réaction aux mesures d’ajustement mises en œuvre par le précédent gouvernement dans le cadre du premier accord FMI. La réorientation de la politique macro-économique du gouvernement, dans le cadre du nouveau programme FMI, reste toutefois incertaine. Les relations avec l’Union européenne sont difficiles, celle-ci reproche à la Hongrie de revenir sur l’indépendance de la justice. L’indépendance de la banque centrale hongroise est également un sujet de discussion qui devrait s’amplifier début 2013 en raison de la nomination en février d’un nouveau gouverneur.


