Population 2,042 M
PIB 27,188 M$
Evaluation @rating
pays
Evaluation environnement
des affaires
| 2010 | 2011 | 2012(e) | 2013(p) | |
|---|---|---|---|---|
| Croissance PIB (%) |
-0,3 |
5,5 |
5,1 |
4,5 |
| Inflation (moyenne annuelle) |
-1,1 |
4,4 |
2,3 |
2,8 |
| Solde budgétaire / PIB (%) |
-7,3 |
-3,1 |
-1,3 |
-1,9 |
| Solde courant / PIB (%) |
3,0 |
-1,3 |
-3,0 |
-3,7 |
| Dette publique / PIB (%) |
39,9 |
37,8 |
37,4 |
40,6 |
(e) Estimations (p) Prévisions
POINTS FORTS
- Progression du revenu par habitant la plus rapide au sein de l’UE jusqu’en 2007
- Position-clé dans le commerce est-ouest
- Développement des services commerciaux et financiers
POINTS FAIBLES
- Dépendance excessive à l’égard des financements étrangers
- Rigidité du régime de change
- Dette extérieure privée (notamment bancaire) élevée
- Forte exposition des ménages et des entreprises au risque de change
- Risque de pauvreté important
APPRECIATION DU RISQUE
La consommation des ménages portera la croissance en 2013
Après plusieurs années de forte croissance (10% en moyenne sur 2003-2007), la Lettonie a été le pays de la zone le plus touché par la crise, avec une contraction du PIB sur 2008-09 de près de plus de 20%. En 2012, tout comme en 2011, la Lettonie affiche le taux de croissance le plus élevé d’Europe malgré les nombreuses mesures d’austérité mises en place après la conclusion d’un accord d’aide sur 3 ans avec le FMI (2009-2011). Pour la première fois depuis 4 ans, le gouvernement a pu faire voter son budget pour 2013 indépendamment des conditionnalités du FMI . Celui-ci prévoit un assouplissement de l’austérité. Il prévoit notamment une hausse des salaires de la fonction publique et des retraites qui engendrera une hausse de la consommation des ménages en 2013. De plus, le chômage, qui dépassait 20% en 2010, continue de régresser et s’établit fin 2012 à 13% (encore loin de la moyenne de 8% de chômeurs sur la période 2003-2008). En lien avec l’amélioration des revenus disponibles et l’assainissement du système bancaire, les crédits à la consommation libellés en monnaie locale augmenteront en 2013. Par ailleurs, tout comme en 2012, les exportations lettonnes résisteront à la contraction de l’activité en Europe. En effet, les principaux partenaires commerciaux de la Lettonie affichent les meilleures performances économiques de la zone (Russie, pays Baltes, Allemagne et Suède). Par ailleurs, la baisse du coût du travail suite à la crise de 2008 et la baisse du taux de change réel favorisent l’investissement qui contribue largement à la croissance. Il profitera aussi de l’entrée programmée de la Lettonie dans la zone euro en janvier 2014. L’inflation devrait légèrement augmenter en 2013 dans un contexte de demande interne dynamique. Néanmoins la stabilisation du prix du pétrole et des denrées alimentaires réduit les risques d’une poussée inflationniste élevée.
La Lettonie a su rassurer les marchés
Du fait des ajustements internes liés à la crise de 2008, le déficit courant s’est résorbé (de -22% du PIB en 2007 à -3% en 2012). En 2013, la hausse des salaires engendrera une hausse des importations, qui affectera légèrement le solde courant. Les transferts en provenance des travailleurs expatriés ne varieront pas. Par ailleurs le financement du déficit courant sera couvert par des investissements directs étrangers, notamment dans le secteur de l’énergie et des biens manufacturés. En outre, la Lettonie met la pression sur ses partenaires européens afin de ne pas être lésée dans les négociations sur le budget 2014-2020. Elle pourrait utiliser son droit de veto. Par exemple, le pays reçoit jusqu’à présent la plus faible subvention d’Europe en matière d’hectares utilisés à des fins agricoles. La relative stabilité politique et la très probable adoption de l’euro dès 2014 (les critères de convergence vers la monniae unique étant tous respectés) favorisent les entrées de capitaux. L’émission obligataire d’un milliard de dollars du trésor a rencontré un franc succès en février 2012. Afin de respecter son engagement vis-à-vis du FMI et de l’Union européenne, 5 milliards de dollars seront émis en 2013 et 2014. Malgré ces bons résultats, les réserves semblent faibles au regard de la dette à couvrir à court terme. Un choc externe pourrait largerment affecter le redressement letton.
Un secteur bancaire assaini
Après la faillite en 2008 de la Parex Bank, la nationalisation en novembre 2011 de la Snoras Bank (cinquième banque du pays) a témoigné des vulnérabilités du secteur bancaire letton, notamment en matière de gouvernance. La Krajbanka, filiale de la Snoras Bank et dixième banque du pays, a également été déclarée en faillite début décembre 2011. Néanmoins, plusieurs améliorations ont été notées en 2012 et perdureront en 2013. Tout d’abord la part des prêts non-performants a considérablement diminué passant de 19% en juin 2011 à 12,5% en juin 2012, en ligne avec le dégonflement de la bulle immobilière. De plus, la profitabilité du secteur a augmenté sur la même période. Enfin, le système bancaire letton, détenu à hauteur de 80% par des banques suédoises, est relativement épargné par les répercussions de la crise en zone euro.
Poursuite des réformes sur fond de tensions sociales
Les élections parlementaires anticipées de septembre 2011 ont été suivies par la formation d’une nouvelle coalition gouvernementale de centre-droit, dirigée par le premier ministre Valdis Dombrovskis déjà en poste depuis 2009. Bien qu’il semble acquis que la Lettonie adoptera l’euro en janvier 2014, le gouvernement dispose d’une faible majorité de 6 sièges qui ne lui permet pas un large champ d’actions. En effet, malgré le rattrapage économique entamé depuis 2 ans, la Lettonie reste le pays le moins développé de la région est selon une étude publiée par Eurostat en novembre 2012, 40% des lettons sont menacés de pauvreté ou d’exclusion sociale contre 38% en 2010. Seule la Bulgarie affiche de moins bons résultats en Europe. Ces chiffres soulignent les risques sociaux liés à la politique de rigueur mise en place par le FMI en 2009dds. L’insatisfaction populaire suscitée par la rigueur budgétaire et la résurgence de tensions ethniques (forte minorité russe en Lettonie) pourraient conduire à des blocages temporaires de l’activité économique.


