Population 31,006 millions
PIB 19,415 milliards $US
Evaluation @rating
pays
Evaluation environnement
des affaires
| 2010 | 2011 | 2012(e) | 2013(p) | |
|---|---|---|---|---|
| Croissance PIB (%) |
4,8 |
3,9 |
4,6 |
3,8 |
| Inflation (moyenne annuelle) |
9,5 |
9,6 |
8,3 |
8,3 |
| Solde budgétaire / PIB (%) |
-0,8 |
-1,0 |
0,1 |
-0,5 |
| Solde courant / PIB (%) |
-2,4 |
-0,9 |
4,7 |
0,6 |
| Dette publique / PIB (%) |
35,4 |
33,3 |
33,3 |
31,3 |
(e) Estimations (p) Prévisions
POINTS FORTS
- Transferts privés soutenant la consommation des ménages, principal moteur de la croissance
- Secteur des services dynamique, notamment le tourisme
- Dynamisme du principal partenaire commercial du pays, l’Inde
POINTS FAIBLES
- Forte dépendance au secteur agricole et vulnérabilité aux aléas climatiques
- Enclavement et difficultés d’accès dans de nombreuses régions du pays
- Productivité faible dans le secteur secondaire
- Pénuries récurrentes d’électricité et de carburants
- Absence de consensus politique, faisant craindre des risques d’exacerbation des tensions sociales et politiques
APPRECIATION DU RISQUE
Une économie très dépendante des transferts des travailleurs expatriés
La consommation privée est le principal moteur de la croissance, dopée par l’importance des transferts des expatriés (vivant majoritairement en Inde et au Moyen-Orient), qui représentent 23% du PIB. Ceux-ci resteront élevés en 2013, soutenant les revenus des ménages. Cette part substantielle de la population expatriée prive néanmoins le pays de forces de travail et le maintient dans une dépendance vis-à-vis des transferts peu stimulante pour les investissements productifs. En outre, les IDE resteront contraints par les incertitudes liées à l’instabilité politique (et ses corollaires, mouvements sociaux et retards bureaucratiques). Des secteurs éventuellement porteurs sont limités dans leur développement par cette instabilité (et par d’autres carences comme le manque de routes ou une fourniture d’électricité défaillante), particulièrement celui de l’hydroélectricité, dont le potentiel reste sous-exploité. Seule l’obtention d’un consensus politique pourrait rétablir la confiance et ainsi stimuler les investissements. L’année fiscale 2012-2013 a été déclarée « année de l’investissement » par le gouvernement. Ainsi, il est prévu que 50 projets pouvant fortement intéresser les investisseurs étrangers soient identifiés par les autorités sur l’année.
Du côté de l’offre, le pays souffre de carences persistantes dans l’agriculture (1/3 du PIB et 70% des actifs), dispersée et fortement dépendante des conditions météorologiques. Or, la mousson, qui n’a pas été favorable en 2012, devrait limiter les rendements du secteur en 2013, inférieurs à ceux enregistrés en 2012. Le secteur manufacturier est encore peu développé et très concentré sur le textile. L’activité touristique continue son développement, faisant des services le premier contributeur du PIB (47% du PIB).
L’inflation a été plus modeste en 2012 avec la baisse des prix alimentaires, malgré la hausse des prix administrés de l’énergie et une dépréciation modérée de la roupie. Elle devrait rester stable en 2013.
Un budget quasiment à l’équilibre et un déficit commercial toujours très marqué
Le budget pour l’année fiscale 2012/2013 (commençant le 15 juillet) n’a été entériné qu’en novembre, alors que les ressources financières commençaient à s’épuiser. Les dépenses seront stables et orientées en premier lieu vers les infrastructures et les dépenses sociales. Les recettes vont augmenter grâce à une meilleure collecte de l’impôt et des recettes douanières plus conséquentes. La dette publique restera à un niveau modeste, limitant la vulnérabilité du pays malgré l’étroitesse de sa base fiscale.
Sur le plan des comptes extérieurs, le déficit commercial demeure très important avec la prégnance d’importations de nombreux produits (or, soja, biens d’équipement). On notera un regain dans les exportations, en raison d’une croissance plus forte attendue en Inde en 2013. En effet, le Népal entretient une dépendance aigue vis-à-vis de son voisin (environ 60% du commerce en 2012). Les échanges informels transfrontaliers sont également très importants et nécessaires pour certaines populations vivant au sud du pays.
La balance courante affichera en revanche un léger excédent, conséquence de flux touristiques soutenus (notamment venant d’Inde et de Chine) et surtout en raison du large excédent de la balance des transferts.
Des tensions politiques critiques
La situation politique est extrêmement tendue entre les principaux partis politiques, héritage de la décennie de guerre civile qui a secoué le pays jusqu’en 2006. Une nouvelle Constitution n’a toujours pas été ratifiée, entrainant la dissolution du gouvernement en mai 2012. Le pouvoir est actuellement exercé par un gouvernement intérimaire, aux mains du Premier Ministre Bhattarai, du Parti Maoïste. Il est fortement contesté, y compris au sein de son parti, scindé en deux depuis juin 2012 avec la création du Parti Communiste Népalais, marxiste-léniniste. Des élections législatives devraient intervenir courant 2013, faisant craindre des risques de tensions exacerbées dans les phases pré et postélectorales. En effet, il n’y a toujours pas de consensus sur la tenue même des élections, qui n’auront pas lieu sans ratification d’une nouvelle Constitution. Il est donc peu probable que l’apaisement prédomine en 2013. Les sujets d’opposition demeurent très nombreux, notamment sur la nature du futur système politique (élection du Président, mono ou bicamérisme, etc.) et sur la question du fédéralisme. Ces désaccords ne devraient pas avoir d’impact en terme de politique économique, le gouvernement devant rester sous la direction des maoïstes. Mais les tensions sociales et ethniques pourraient être fortes si cette impasse politique venait à perdurer.


