Population 178,910 millions
PIB 230,525 milliards $US
Evaluation @rating
pays
Evaluation environnement
des affaires
| 2010 | 2011 | 2012(e) | 2013(p) | |
|---|---|---|---|---|
| Croissance PIB (%) |
3,8 |
2,6 |
3,7 |
3,7 |
| Inflation (moyenne annuelle) |
11,7 |
13,9 |
11,0 |
10,0 |
| Solde budgétaire / PIB (%) |
-6,3 |
-5,9 |
-8,5 |
-8,0 |
| Solde courant / PIB (%) |
-2,2 |
0,2 |
-2,1 |
-1,8 |
| Dette publique / PIB (%) |
56,8 |
59,1 |
63,8 |
66,2 |
(e) Estimations (p) Prévisions
POINTS FORTS
- Position stratégique en Asie favorisant le soutien de la communauté internationale
- Importants transferts d’expatriés en provenance des pays du Golfe et des Etats-Unis
POINTS FAIBLES
- Tensions géopolitiques régionales
- Instabilité politique persistante
- Carence des infrastructures agricoles et éducatives
- Multiplication des ruptures d’approvisionnement en énergie
APPRECIATION DU RISQUE
Une croissance insuffisante au regard de la démographie
En 2013, tout comme en 2012, la croissance pakistanaise sera portée par la consommation des ménages. En effet, la hausse des salaires de la fonction publique de 20% selon le dernier budget et les transferts de revenus des travailleurs expatriés (Emirats Arabes Unis et Etats Unis principalement) contribueront à la hausse de la consommation. La croissance, d’environ 3,5% du PIB, sera insuffisante au regard de la forte population entrant sur le marché du travail. En effet, 50% des pakistanais ont moins de 20 ans. La croissance devrait être de 7% afin que le taux de chômage reste stable. Par ailleurs, la dégradation du commerce international pèsera à nouveau sur l’activité en 2013 à travers le recul des exportations. Les fréquentes coupures d’électricité ainsi que le climat insécuritaire nuiront également à la production. En outre, les importations seront une nouvelle fois affectées par la facture énergétique qui représentait à elle seule le montant du déficit commercial en 2012. Le Pakistan dispose pourtant d’atouts importants. En effet, il regorge de main d’œuvre et la région du Baloutchistan de ressources naturelles (Gaz, Pétrole). Par ailleurs, le pays est à la limite de l’Asie et du Moyen-Orient, voisin de l’Inde et de l’Iran. L’expansion du commerce régional constitue une opportunité pour le pays qui dispose d’une population jeune. Néanmoins, le pays n’exploite pas ses atouts. Signe de ces fragilités structurelles, l’investissement (11% du PIB en 2012) est en net recul depuis 2007 (21%). En 2013, l’inflation sera de nouveau supérieure à 10%, malgré des prix énergétiques et agricoles stables. Le niveau élevé de l’inflation s’explique en partie par le financement de la dette souveraine par la banque centrale pakistanaise qui génère des anticipations de hausse des prix.
Une situation financière précaire
Le crédit aux entreprises est affecté par le poids de la dette publique détenue par les banques. Le crédit au secteur privé est ainsi passé de 65% des crédits en 2007 à 37% en 2012. Par ailleurs, la part croissante des créances douteuses, en lien avec les inondations de 2010, immobilise des capitaux qui ne peuvent être investis dans l’économie. Les actifs des banques locales sont dorénavant fortement concentrés en obligations d’Etat pakistanaises, jugées plus sûres. En outre, l’augmentation des titres détenus par les banques reflète l’endettement croissant du pays. En 2012, le déficit public a atteint 8,5% du PIB et avoisinera de nouveau les 8% en 2013 en raison des élections générales dont la date n’est pas encore arrêtée. Par ailleurs, le Pakistan possède une balance courante structurellement déficitaire ou seuls les transferts des travailleurs expatriés jouent un rôle d’amortisseur. Les flux de capitaux sont par ailleurs insuffisants pour financer le déficit courant. Le Pakistan voit sa monnaie se déprécier et a dû intervenir sur le marché des changes. Le niveau des réserves est à présent insuffisant. En conséquence, le pays pourrait être obligé de demander à nouveau l’aide internationale en 2013, car il devra commencer à rembourser le FMI, suite au prêt consenti en 2008.
Une situation politique et sécuritaire instable
Le Pakistan restera en proie à une forte instabilité politique et demeurera exposé à des risques géopolitiques très élevés dans les provinces frontalières de l’Afghanistan, au Baloutchistan et au Cachemire. Le risque de renversement du pouvoir par les Talibans apparaît aujourd’hui contenu, l’OTAN concentrant ses efforts pour éviter la déstabilisation d’un pays doté de la puissance nucléaire. L’entente avec les Etats-Unis s’est détériorée en 2011, notamment après l’opération contre Oussama Ben Laden. Une rupture des relations diplomatiques apparaît toutefois peu probable au vu de la dépendance du Pakistan vis-à-vis de l’aide financière internationale. Toutefois, le Pakistan se tourne désormais vers de nouveaux partenaires tels que la Chine, moins critique que les Etats Unis.
Il est vraisemblable que les élections générales prévues en mars 2013 soient repoussées de 6 mois comme le permet la constitution pakistanaise. L’issue est incertaine, le Président Zardari (Parti du peuple pakistanais, PPP) est au centre d’une affaire de corruption qui pourrait l’affaiblir. Une nouvelle force politique semble capable de prendre la tête du pays, le Mouvement du Pakistan pour la justice (PTI). Le PTI a été fondé en 1996 par Imran Khan, proche de certaines franges conservatrices, et qui dispose désormais de solides soutiens dans l’institution militaire. Il a par ailleurs obtenu le ralliement de nombreux hommes politiques venant de tous les grands partis et fait de la lutte contre la corruption le principal sujet de sa campagne.
Le Pakistan possède l’un des classements les plus bas du monde en termes de gouvernance selon la Banque mondiale. Il est par exemple 212e sur 215 notés en ce qui concerne la stabilité politique et en 179e en matière de corruption.


