Population 3,655 millions
PIB 34,819 milliards $US
Evaluation @rating
pays
Evaluation environnement
des affaires
| 2010 | 2011 | 2012(e) | 2013(p) | |
|---|---|---|---|---|
| Croissance PIB (%) |
7,6 |
10,6 |
8,5 |
7,5 |
| Inflation (moyenne annuelle) |
3,5 |
6 |
6 |
5 |
| Solde budgétaire* / PIB (%) |
-2 |
-2,3 |
-2,8 |
-2,7 |
| Dette publique / PIB (%) |
-10,8 |
-12,8 |
-12 |
-12,5 |
| Solde courant / PIB (%) |
42 |
41 |
39 |
39 |
(e) Estimations (p) Prévisions
* Hors Autoridad del Canal de Panamá
POINTS FORTS
- Forte croissance
- Canal interocéanique
- Monnaie du pays : dollar US
- Centre bancaire international et pôle financier régional
- Colón, deuxième grande zone de libre échange après Hong Kong
- Potentiel touristique et minier
- Stabilité politique et climat des affaires favorable
POINTS FAIBLES
- Large déficit de la balance commerciale
- Dépendance aux capitaux étrangers
- Faiblesses institutionnelles : corruption, clientélisme
- Niveau élevé de pauvreté (un tiers de la population)
- Forte disparité entre la zone du canal et le reste du pays
- Insuffisance des infrastructures (transport, éducation, santé)
APPRECIATION DU RISQUE
Une croissance encore vive tirée par la demande intérieure
La croissance restera vive en 2013, car soutenue par la consommation et l’investissement. Les travaux gigantesques d’élargissement et d’approfondissement du canal interocéanique se poursuivent pour un achèvement fin 2014 ou début 2015. Déjà, le canal draine 5% du trafic maritime mondial et le tiers des échanges entre la zone Asie Pacifique et la côte est des Etats-Unis. A l’issue, le trafic progressera significativement et le rôle de la zone de libre échange de Colón dans la redistribution des produits importés d’Asie vers l’ensemble de la région prendra de l’ampleur. L’investissement public dans les transports (métro et aéroport de Panama City, routes, assainissement) se poursuit. Les retombées de ces travaux en termes de revenu sur la population, du moins celle habitant au contact, ajoutées à l’essor du crédit favorisent les dépenses des ménages. Cependant, même en cas de stabilisation du prix des produits alimentaires et pétroliers importés, un chômage faible et la forte sollicitation des capacités de production entretiendront les pressions inflationnistes.
Recettes fiscales limitées et lourds investissements publics
La loi de responsabilité budgétaire adoptée en 2008 fixant le déficit maximal à 1% du PIB a été amendée année après année pour aboutir à un plafond de 2,9%, presque atteint en 2012. Le gouvernement argue des lourds investissements publics. Effectivement, les dépenses d’investissement constituent le tiers de la dépense publique. Les recettes fiscales n’ont pas suivi. Elles ne représentent que 12% du PIB et souffrent d’une forte évasion fiscale. 40% des recettes d’exploitation du canal (7% du PIB) alimentent le budget. La crise économique et les travaux de modernisation n’ont pas permis d’augmenter la contribution. A partir de 2015, le déficit devrait diminuer avec l’achèvement des investissements et l’accroissement des péages du canal. La gestion de ces ressources supplémentaires sera un enjeu important. Dans cette optique, un fonds d’investissement souverain a été créé. La dette publique atteint 41% du PIB. La presque totalité est détenue par des créanciers étrangers, privés pour 65%. Elle ne prend pas en compte l’ensemble des investissements en cours de réalisation, dans la mesure où, pour certains d’entre eux, le paiement n’interviendra qu’à l’achèvement. Le supplément implicite de dette représente 10% du PIB. La politique budgétaire joue un rôle capital dans la maîtrise de l’inflation du fait de dollarisation et de l’absence de banque centrale.
Important déficit courant
Les échanges commerciaux sont grandement déficitaires (à hauteur de 22% du PIB). Les achats de biens de consommation sont tirés par la demande intérieure dynamique. Ceux de produits intermédiaires et de biens d’équipement par les travaux d’infrastructure. En face, les exportations centrées sur la banane, le riz, le café et le sucre sont très inférieures. La balance des revenus est aussi déficitaire du fait des intérêts sur la dette et des rapatriements de dividende par les sociétés étrangères. A l’inverse, l’activité d’import-export de la zone franche de Colón est bénéficiaire, tout comme les échanges de service grâce aux péages du canal, aux revenus portuaires et ferroviaires associés, ainsi qu’aux recettes touristiques. Au final, le déficit de la balance courante n’atteint plus que 12% du PIB. Ce déficit est financé aux trois-quarts par les investissements directs étrangers (IDE), dont le pays est le premier récipiendaire de la région, et pour le solde, par de l’endettement. Une loi de 2007 visant à attirer les sièges régionaux des multinationales les a accrus. A terme, l’accroissement des revenus du canal, l’arrêt des importations liés aux travaux et le développement des revenus miniers et touristiques devraient réduire le déficit.
Solidité institutionnelle, malgré une forte opposition populaire
Malgré son impopularité, le président Ricardo Martinelli issu du parti de centre droit Cambio Democratico disposera d’une large majorité absolue à l’Assemblée jusqu’à la fin de son mandat en mai 2014, non renouvelable. L’opposition représentée par le Partido Revolucionario Democrático et le Partido Panameñista a du mal à s’organiser, mais a cependant des chances de l’emporter aux prochaines élections. Une large part de la population, notamment paysanne, ne profite pas des infrastructures et des retombées du canal. L’action gouvernementale (privatisation de sociétés publiques de télécommunication et de distribution d’électricité, concessions minières, réduction des subventions, réforme institutionnelle…) est critiquée par une large partie de la population qui n’hésite pas à descendre dans la rue pour manifester, parfois violemment, son mécontentement, souvent avec succès. Les affaires de corruption impliquant des ministres et la partialité de la justice viennent mitiger un environnement des affaires sinon satisfaisant.


