Population 38,233 millions
PIB 470,354 milliards $US
Evaluation @rating
pays
Evaluation environnement
des affaires
| 2010 | 2011 | 2012(e) | 2013(p) | |
|---|---|---|---|---|
| Croissance PIB (%) |
3,9 |
4,3 |
2,5 |
1,3 |
| Inflation (moyenne annuelle) |
2,7 |
4,2 |
3,8 |
2,6 |
| Solde budgétaire / PIB (%) |
-7,8 |
-5,2 |
-3,5 |
-4,0 |
| Solde courant / PIB (%) |
-4,7 |
-4,3 |
-3,8 |
-3,6 |
| Dette publique / PIB (%) |
54,9 |
56,4 |
55,1 |
55,3 |
(e) Estimations (p) Prévisions
POINTS FORTS
- Attractivité pour les IDE renforcée par la taille du marché intérieur
- Economie diversifiée
- Taux d’absorption des fonds structurels européens le plus élevé d’Europe émergente
POINTS FAIBLES
- Taux d’investissement insuffisant
- Importantes disparités régionales
- Fort endettement en devises des ménages
APPRECIATION DU RISQUE
La croissance ralentira en 2013
Après avoir enregistrée la plus forte croissance de l’UE en 2011, l’activité a fortement freiné en 2012. Le recul de l’investissement en est l’une des principales raisons. En effet, le très fort ralentissement européen, conjugué à la mise en place par le gouvernement d’une série de mesures destinées à réduire le déficit public, ont fortement pesé sur l’activité. La consommation privée a été affectée par le repli de la confiance des ménages, par la détérioration du marché de l’emploi (13% de chômage) et par le gel des salaires de la fonction publique. De plus l’inflation a atteint un niveau de 3,8%, ce qui a pesé sur la demande intérieure. En 2013, le gouvernement soutiendra la croissance à travers l’investissement et quelques politiques de relances ciblées. Un plan de soutien de 52 milliards d’euros sur 3 ans (8% du PIB) a été voté fin 2012. L’investissement sera dynamisé par 10 milliards d’euros de dépenses en infrastructures routières et ferroviaires, et par une capitalisation de 10 milliards d’euros de la banque nationale afin de soutenir la demande de projets (1,6% du PIB). L’Etat a, par ailleurs, fait de l’armement une priorité. La Pologne est ainsi le seul pays européen à renforcer le budget de la défense en 2013 (+7%). Donald Tusk espère dynamiser l’emploi à travers ce secteur. Par ailleurs, en réponse à l’austérité mise en place, le déficit courant s’est réduit en 2012. En 2013, l’activité européenne restera atone. En conséquence, le volume des exportations polonaises, très largement orientées vers l’Allemagne (30% des exportations), devrait stagner. Du côté des importations, la Pologne a renégocié le prix du gaz en provenance de Russie (90% des importations de gaz) et obtenu 15% d’allégement, soit environ 1 Mds de dollars. L’impact du commerce extérieur sur le PIB est toutefois limité, en raison d’une faible ouverture commerciale comparée aux autres pays d’Europe centrale. Tout comme au second semestre 2012, l’inflation devrait baisser en 2013 en lien avec la baisse du prix du pétrole.
Face au ralentissement constaté, les autorités polonaises changent de cap en matière de politique monétaire. En effet, pour la première fois depuis 2009 et après avoir même augmenté leur taux directeur de 0,25 point début 2012, les autorités ont entamé un assouplissement de leur politique monétaire en novembre 2012 de 0,25 point. Si, tout comme en 2012, le zloty ne se déprécie pas face à l’euro, la banque centrale ajustera son taux directeur (de 0,5 point) à 4% en 2013, afin de soutenir la consommation privée, représentant 60% du PIB. L’Etat s’est fixé comme objectif une augmentation de la consommation de 5% du PIB. Le gouverneur s’est d’ailleurs engagé à baisser les taux en cas de ralentissement économique. En 2012, le secteur de la construction a souffert du ralentissement des investissements et de la baisse de confiance des ménages. En effet, la multiplicité d’acteurs a fragilisé ce secteur qui bénéficiera en 2013 du soutien public à l’investissement.
Des finances publiques en voie d’amélioration
Le Plan pour le développement et la consolidation des finances publiques élaboré par le gouvernement afin de respecter les critères de Maastricht à partir de 2013 se poursuivra. Le déficit public devrait être légèrement supérieur à 2012 en raison de la relance de l’économie par quelques dépenses publiques. La hausse de ces dépenses, estimée à 1,9% du PIB, sera compensée par une augmentation des revenus en lien avec la reprise de la consommation. Par ailleurs, Donald Tusk a annoncé de nombreuses privatisations dans les secteurs clés de l’économie tels que les banques (PKO bank) et l’énergie (ZE Pak, Lotos). En conséquence, la dette publique devrait se stabiliser autour de 55% du PIB. Néanmoins, une large part de la dette est détenue par des non-résidents, ce qui rend l’endettement vulnérable à l’aversion au risque des investisseurs. En outre, les flux d’investissements directs étrangers pâtiront de l’atonie européenne et ne permettront pas le financement du l’intégralité du déficit courant. Toutefois, la Pologne possède le meilleur taux d’absorption des fonds structurels européens. Néanmoins, la Pologne, principal pays bénéficiaire pourrait voir ses flux diminuer, en effet la France et l’Allemagne souhaitent réduire leur participation. Le système bancaire polonais semble relativement solide avec des ratios de capitalisation supérieurs aux minimums requis par Bâle III. Néanmoins, les filiales de banques étrangères (BNP, Uni Crédit, Citi, Deutshe bank), dont les maisons mères sont pour la plus part implantées en zone euro, représentent les deux tiers du secteur bancaire, ce qui fragilise le financement de l’économie. Toutefois, le désendettement des banques européennes vis-à-vis de la Pologne n’a pas été marqué en 2012. Enfin, les banques restent fortement exposées au risque de change, les prêts aux ménages libellés en devises s’élevant à 14% du PIB.
Un contexte politique plutôt stable
L’élection présidentielle d’août 2010 a porté Bronislaw Komorowski à la présidence. Le Premier Ministre, Donal Tusk est à la tête d’une coalition entre son parti de centre-droit (PO), au pouvoir depuis octobre 2007, et le Parti paysan polonais (PSA). Les élections générales du 9 octobre 2011 ont confirmé cette coalition. L’action d u gouvernement a largement contribué à l’amélioration de l’environnement des affaires polonais. Le premier ministre Donald Tusk a toutefois tardivement pris en compte les effets de la crise européenne sur l’économie polonaise. Les derniers sondages d’opinions font part d’un mécontentement croissant de la population face aux politiques de rigueurs qui ont été mises en place. La radicalisation des partis d’opposition et le taux de chômage élevé et en hausse pourraient engendrer des conflits sociaux et des protestations violentes. En outre, les écarts de richesses augmentent vite, notamment entre l’ouest polonais et l’est.


