Population 10,655 millions
PIB 210,620 milliards $US
Evaluation @rating
pays
Evaluation environnement
des affaires
| 2010 | 2011 | 2012(e) | 2013(p) | |
|---|---|---|---|---|
| Croissance PIB (%) |
1,4 |
-1,7 |
-3,1 |
-2,0 |
| Inflation (moyenne annuelle) |
1,4 |
3,6 |
2,7 |
1,0 |
| Solde budgétaire / PIB (%) |
-9,8 |
-4,4 |
-5,2 |
-4,9 |
| Solde courant / PIB (%) |
-10,0 |
-6,5 |
-2,9 |
-1,5 |
| Dette publique / PIB (%) |
93,5 |
108,1 |
115,5 |
123,0 |
(e) Estimations (p) Prévisions
POINTS FORTS
- Infrastructures logistiques et de communication de qualité
- Attractivité touristique
- Début de diversification sectorielle et géographique, développement rapide de l’industrie agro-alimentaire
- Absence de bulle immobilière
- Baisse des coûts unitaires du travail et effort de réforme
POINTS FAIBLES
- Taille limitée de l’industrie manufacturière, spécialisation dans des secteurs à faible valeur ajoutée soumis à une forte concurrence internationale
- Insuffisance de l’effort d’innovation et manque de qualification de la main d’œuvre
- Forte dépendance à la conjoncture européenne
- Niveau élevé de l’endettement privé et public
- Forte exposition des banques au risque souverain
APPRECIATION DU RISQUE
Une conjoncture très dégradée
La récession s’est aggravée en 2012 sous l’effet de la poursuite de la politique d’austérité et du ralentissement de la demande européenne. Le PIB devrait reculer en 2013 pour la troisième année consécutive. Bien qu’à un moindre rythme, la consommation continuera à se contracter en raison des nouvelles mesures de rigueur (importante hausse de la pression fiscale en particulier) dans un contexte toujours marqué par le désendettement des ménages, la baisse des salaires réels et un chômage en progression (taux passé à 15,5% en 2012 et à plus de 35% pour les jeunes de moins de 25 ans). Il en sera de même pour l’investissement, du fait d’une demande toujours en berne et d’un crédit atone. Seul le commerce extérieur devrait continuer à contribuer positivement à la croissance, même si le rythme de contraction des importations ralentit. Enfin, compte tenu de la faiblesse de la demande intérieure, les pressions inflationnistes seront négligeables.
Des entreprises durement touchées
L’effondrement de la croissance et de la consommation touche durement les entreprises, déjà fragilisées par une faible profitabilité, une faible capacité d'autofinancement et un important endettement. 80% d’entre-elles sont des PME qui vivent du marché intérieur. Sa contraction ne peut être compensée, à l’heure actuelle, par la bonne tenue des exportations, d’autant plus que ces dernières restent dépendantes de la santé de la zone euro. Les faillites, qui ont déjà progressé de 33% en 2011, atteignent des niveaux historiques, des secteurs tels que la construction ou le commerce étant particulièrement affectés. Les impayés enregistrés par Coface, déjà montés en flèche en 2011, continuent également d’augmenter. Les secteurs de la relance seront difficiles à trouver sauf à développer les niches que constituent notamment le tourisme, l’agro-alimentaire ou la logistique internationale.
Des déséquilibres en voie de résorption
La crise internationale a exacerbé les faiblesses sous-jacentes de l’économie : trop forte consommation, faibles gains de productivité et croissance trop rapide des salaires, à l’origine d’une perte importante de compétitivité, d’une augmentation des déficits et d’une forte augmentation de l’endettement. La dette de l’Etat a atteint 108% du PIB en 2011, celle des ménages et des entreprises respectivement 92% et 157% de ce même agrégat. Beaucoup reste à faire pour assoir les bases d’un retour à une croissance dynamique et durable. Depuis fin 2009, cependant, la tendance à l’érosion de la compétitivité s’est inversée du fait de la baisse du coût unitaire du travail. Par ailleurs, des réformes ont été mises en œuvre (assouplissement du code du travail, amélioration de la législation de la concurrence et du système judiciaire). La progression des exportations, permise par un certain redéploiement des ventes vers les pays non européens et les gains de compétitivité, dans un contexte de contraction des importations, a permis de réduire le déficit courant. L’ajustement budgétaire se poursuit. Cela se traduit par une contraction du besoin de financement de l’Etat et de l’économie.
Un pays sous perfusion, une austérité de plus en plus mal acceptée
Etranglé par sa dette, le Portugal a dû faire appel à l’aide internationale en avril 2011 (78 Mds €). Cette assistance et les injections de liquidité dans le secteur bancaire par la BCE permettent de pallier la baisse des entrées de capitaux. Après des mois de cure d’austérité (baisse des salaires, hausse générale des impôts et taxes, dont la TVA), de nouvelles annonces du gouvernement en septembre 2012 (dont un relèvement des cotisations salariales) ont soulevé la colère de la population dans un pays jusque là peu habitué aux débordements sociaux. La décision de la « troïka » d’accorder à Lisbonne un délai supplémentaire pour atteindre les objectifs de réduction du déficit public n’y a rien changé et l’exécutif a dû faire marche arrière. La coalition de centre-droit, au pouvoir depuis les élections de juin 2011, en est ressortie fragilisée. Le gouvernement est revenu à la charge en octobre, annonçant une nouvelle hausse de l’impôt sur le revenu, qui a été votée par les parlementaires malgré un enracinement de la contestation sociale. Les engagements budgétaires seront malgré tout difficiles à tenir du fait de la spirale récessive. Cependant, outre la résorption des déséquilibres macro-économiques, des éléments positifs sont à relever. Les taux obligataires se sont nettement détendus et le Trésor a réussi à échanger des bons échéant en 2013 contre une nouvelle dette remboursable en 2015. Ceci améliore ses chances de retour sur les marchés fin 2013 et éloigne la menace d’une restructuration de la dette publique comparable à celle de la Grèce.


