Population 10,553 millions
PIB 193,513 milliards $US
Evaluation @rating
pays
Evaluation environnement
des affaires
| 2010 | 2011 | 2012(e) | 2013(p) | |
|---|---|---|---|---|
| Croissance PIB (%) |
2,6 |
1,7 |
-1,2 |
-0,3 |
| Inflation (moyenne annuelle) |
1,5 |
1,9 |
3,3 |
2,6 |
| Solde budgétaire / PIB (%) |
-4,8 |
-3,1 |
-3,2 |
-3,3 |
| Solde courant / PIB (%) |
-3,8 |
-3,0 |
-2,0 |
-2,5 |
| Dette publique / PIB (%) |
37,6 |
40,5 |
43,1 |
45,0 |
(e) Estimations (p) Prévisions
POINTS FORTS
- Forte intégration à la chaîne de production internationale
- Destination privilégiée des investissements directs étrangers en Europe centrale
- Déficits courants, dette extérieure, endettement en devises et progression du crédit contenus
POINTS FAIBLES
- Forte dépendance envers la demande européenne : les exportations représentent 84% du PIB, dont 67% vers l’UE
- Population vieillissante et pénurie de compétences
- Position géographique excentrée
APPRECIATION DU RISQUE
Une croissance dépendante de la demande européenne
En 2013, tout comme en 2012, l’économie tchèque souffrira de la croissance faible en zone euro et des politiques d’austérité mises en œuvre. En effet, les incertitudes sur les perspectives économiques, ainsi que les velléités politiques d’augmenter de nouveau la TVA d’un point pèsent sur la consommation des ménages qui représente 50,7% du PIB. Toutefois, les élections législatives de 2014 généreront un léger relâchement des politiques d’austérité fin 2013 qui entraînera un rebond de la consommation au quatrième trimestre. Le marché de l’emploi continuera de se dégrader alors que le chômage de longue durée atteint 37% des personnes sans emplois, contre 23% à fin 2009. La banque centrale tchèque a diminué à trois reprises son taux directeur en 2012 sans effet sur la consommation. Il se situe maintenant au niveau plancher de 0,05%. Cette politique monétaire accommodante bénéficiera toutefois à court terme aux exportations tchèques puisque les produits tchèques gagneront en compétitivité en raison de la baisse de la couronne tchèque. L’économie du pays est très ouverte, les échanges commerciaux totaux avec l’étranger représentent 145% du PIB en 2012. Néanmoins, la parfaite intégration de l’économie dans les processus de fabrication européens ne permettra pas au pays de profiter durablement de la baisse de sa monnaie. En outre, le pays pâtit d’une double exposition puisque l’Union européenne concentre 84% des exportations (66% pour la zone euro) et l’automobile 17,5%. L’inflation en 2013 se situera en dessous de 3%, à un niveau néanmoins supérieur à 2010 et 2011 en raison de la hausse de la TVA et de l’enchérissement des produits importés. Par ailleurs, le système bancaire tchèque, détenu majoritairement par des banques de la zone euro, pourrait être source d’inquiétudes. Toutefois, contrairement à la plupart des pays d’Europe de l’Est, les filiales sont largement financées par des dépôts domestiques et sont conservatrices en matière de règles prudentielles.
Des réformes assainissent les finances publiques
Le gouvernement, rappelé à l’ordre fin 2009 par la Commission européenne, a ramené, dès 2011, le déficit courant autour de 3% du PIB. Après d’âpres discussions au sein de la coalition, le gouvernement a approuvé une série de réformes budgétaires (santé et système fiscal) afin de réduire le déficit et de limiter l’augmentation du stock de dette publique. Les réformes les plus importantes concernent la baisse des avantages fiscaux sur l’épargne logement et le durcissement des conditions d’obtention des indemnités chômage. Par ailleurs, la mise en place en 2013 d’une réforme votée fin 2011 (malgré de très nombreuses critiques) entérinera le principe de la retraite par capitalisation, appelée à se substituer progressivement au système par répartition. La dette publique, en progression de plus de dix points de PIB par rapport à 2007, restera soutenable et entre dans une phase de stabilisation. La majorité actuelle souhaite néanmoins ajouter à la constitution 4 niveaux critiques d’endettement liés à la mise en place d’ajustements budgétaires. Lorsque la dette publique dépassera 40% du PIB, des mesures préventives d’ajustement devront être prises, à partir de 45% des dépenses publiques seront gelées, au-delà de 48% le budget devra être immédiatement revu de manière à enrayer l’envolée, et un vote de confiance aura lieu afin de juger du gouvernement si la dette atteint 50% du PIB. La confiance des investisseurs est en effet essentielle pour le pays, en raison de la couverture du déficit courant par des investissements directs étrangers affaiblis par l’environnement européen. Le déficit courant tchèque s’est contracté à partir du deuxième semestre 2011 en raison notamment de l’affaiblissement de la demande interne suite notamment aux politiques d’austérité mises en place. Fin 2013 leur relâchement conduira à une légère augmentation du déficit courant
Des réformes dans un contexte social difficile
La République tchèque mène une politique ambigüe auprès de l’UE, facteur de division pour la coalisation au pouvoir. Cela laisse craindre une marginalisation de la diplomatie tchèque sur la scène européenne alors que le pays conserve l’ambition d’intégrer la zone Euro. Les questions européennes constituent un important sujet de discorde entre le président Vaclav Klaus, hostile à une Europe intégrée, et les sociaux-démocrates, les centristes et les chrétiens-démocrates, plutôt europhiles, à l’image de la population tchèque.
Déjà fragile, la majorité parlementaire de la coalition de centre-droit n’est plus assurée après que des dissensions se soient affirmées dans ses rangs. Avec la large victoire des sociaux-démocrates aux élections régionales et sénatoriales d’octobre 2012, l’opposition appelle à des élections parlementaires anticipées afin d’éviter tout blocage politique jusqu’en juin 2014. L’hypothèse d’un changement du pouvoir lors des prochaines élections présidentielles de janvier 2013 semble très probable. Par ailleurs, la corruption ronge toujours le pays à l’instar des nombreuses affaires impliquant des ministres. Pour redonner un élan démocratique face au déclin de la participation et au mécontentement populaire lié aux affaires de corruption, les prochaines élections présidentielles se dérouleront pour la première fois au suffrage universel direct. Le président n’a toutefois qu’un rôle de représentation.


