Population 10,740 millions
PIB 9,723 milliards $US
Evaluation @rating
pays
Evaluation environnement
des affaires
| 2010 | 2011 | 2012(e) | 2013(p) | |
|---|---|---|---|---|
| Croissance PIB (%) |
13,0 |
1,7 |
6,0 |
3,0 |
| Inflation (moyenne annuelle) |
-2,1 |
1,9 |
5,5 |
4,0 |
| Solde budgétaire* / PIB (%) |
-30,6 |
-27,9 |
-28,0 |
-29,0 |
| Solde courant / PIB (%) |
-36,6 |
-24,2 |
-16,3 |
-17,6 |
| Dette publique / PIB (%) |
25,8 |
27,0 |
23,4 |
24,2 |
(e) Estimations (p) Prévisions
* Solde primaire hors pétrole
POINTS FORTS
- Production de pétrole depuis 2003, mise en service de nouveaux gisements à compter de 2014
- Développement des infrastructures
- Potentiel de développement du secteur agricole
POINTS FAIBLES
- Dépendance excessive à l’égard du pétrole
- Agriculture sensible aux aléas climatiques, risque d’insécurité alimentaire
- Climat des affaires défavorable à l’éclosion du secteur privé
- Enclavement géographique
- Pays confronté aux menaces sécuritaires régionales
APPRECIATION DU RISQUE
Léger ralentissement à prévoir en 2013
La croissance s’est accélérée en 2012 du fait d’un rebond de la production agricole, lié au retour de conditions climatiques favorables, de la reprise de l’activité d’une raffinerie de pétrole exploitée par une société chinoise et de la mise en service de nouvelles d’unités de production d’électricité et de ciment. L’activité devrait toutefois ralentir en 2013 en raison de la baisse de la production pétrolière. Cette décélération devrait toutefois être en partie compensée par le développement de la filière coton et du commerce transfrontalier du bétail (deuxième poste des exportations, loin derrière le pétrole). A moyen terme, le développement de la zone industrielle de Djermaya, la construction de nouvelles infrastructures de transport (projets financés en grande partie par la Chine) et, surtout, la mise en service de nouveaux gisements pétroliers devraient permettre d’accroître le potentiel de croissance du pays. La production pétrolière, en particulier, pourrait atteindre 160 000 barils par jour, en moyenne, dans les cinq années à venir, contre 120 000 en 2012. L’inflation, après une recrudescence en 2012, attribuable à la fermeté de la demande intérieure, alimentée notamment par les hausses de salaires, devrait légèrement se réduire en 2013, en dépit d’un probable relèvement du prix des carburants.
Dépendance au pétrole et faible discipline budgétaire
La dépendance à l’égard du pétrole devrait demeurer forte (40% du PIB, 75% des recettes de l’Etat et 90% des exportations en 2011) du fait de la découverte de nouveaux champs et de contraintes au développement du secteur industriel (faiblesse de la taille du marché local, faible disponibilité du crédit, manque de main d’œuvre qualifiée et d’infrastructures). Le niveau élevé des cours du pétrole a tiré à la hausse les recettes de l’Etat, mais le gouvernement contrôle avec difficulté le rythme des dépenses publiques, qui a tendance à fortement accélérer par rapport aux objectifs des lois de finances initiales. La planification des investissements publics reste insuffisante et les procédures de passation des marchés publics sont couteuses. Les comptes publics sont d’autant plus exposés à un retournement du marché pétrolier que les cours ont atteint des niveaux élevés. Le déficit courant devrait augmenter en 2013 du fait d’une légère baisse du prix du baril et des volumes exportés (la mise en production de nouveaux champs n’interviendra pas avant 2014). Les ventes de bétail continueront à progresser et celles de coton connaîtrons un léger raffermissement en raison de l’arrêt de la chute de son cours (-40% en 2012) et d’une hausse des quantités produites, si les conditions climatiques le permettent. La montée en production de la raffinerie de pétrole devrait toutefois entraîner une réduction de la facture énergétique. Les emprunts auprès de la Chine, l’aide des bailleurs de fonds et les investissements directs étrangers dans le secteur pétrolier devraient permettre de couvrir le déficit courant.
Les relations avec le FMI sont difficiles. Le pays n’a pas atteint les objectifs budgétaires et cela a été le principal obstacle à un nouvel allègement de dette dans le cadre de l’initiative PPTE. Bien que modéré, le risque de surendettement reste très sensible à un choc sur les prix du pétrole. En revanche, si la productivité des nouveaux gisements se confirme, les projections des exportations de pétrole à long terme devront être révisées à la hausse.
Situation politique plutôt stable mais accroissement des menaces sécuritaires régionales
Le président Idriss Déby, aux affaires depuis 1996 et réélu en avril 2011 lors d’un scrutin boycotté par l’opposition, dispose d’une large majorité à l’Assemblée nationale. Il tient fermement les rênes du pouvoir. Néanmoins, le gouvernement est confronté au mécontentement social, comme en attestent les grèves sporadiques du secteur public depuis juillet 2012. La grogne risque d’être relancée avec le relèvement probable des prix du carburant. Par ailleurs, les rivalités interethniques n’ont pas disparu. Au plan extérieur, le pays bénéficie de relations apaisées avec le Soudan depuis l’accord de paix signé avec ce pays en janvier 2010 (attaques rebelles entre 2006 et 2009). Cependant, les répercussions de la crise libyenne (dont le retour de plusieurs milliers de Tchadiens) se font toujours sentir et le pays doit faire face à la multiplication des menaces sécuritaires liées à l’extension des trafics et du terrorisme dans la région sahélienne.


