Population 12,575 millions
PIB 10,796 milliards $US
Evaluation @rating
pays
Evaluation environnement
des affaires
| 2010 | 2011 | 2012(e) | 2013(p) | |
|---|---|---|---|---|
| Croissance PIB (%) |
9,6 |
6 |
3,1 |
2,2 |
| Inflation (moyenne annuelle) |
6,2 |
5,4 |
6,5 |
6,7 |
| Solde budgétaire / PIB (%) |
-2,5 |
-3,2 |
-3,8 |
-4 |
| Solde courant* / PIB (%) |
-28,8 |
-30,7 |
-23,2 |
-27,4 |
| Dette publique / PIB (%) |
104 |
90 |
83,8 |
82 |
(e) Estimations (p) Prévisions
* hors dons
POINTS FORTS
- Abondantes ressources minières (platine, or, diamant, nickel)
- Richesses agricoles (maïs, tabac, coton, laine)
- Potentiel de développement touristique
- Normalisation des relations avec la communauté internationale
POINTS FAIBLES
- Situation économique et financière sinistrée par la longue période d’hyperinflation
- Situations alimentaire et sanitaire précaires : la majorité de la population dépend de l’aide internationale
- Sous-investissement en matière d’éducation et d’infrastructures notamment énergétiques
- Taux de prévalence du sida parmi les plus élevés d’Afrique et du monde
APPRECIATION DU RISQUE
Une croissance faible vulnérable aux aléas climatiques et aux incertitudes politiques
Après un rebond de la croissance en 2010 et 2011, lié à la fin de la grave crise d’hyperinflation et la stabilisation de la situation politique (gouvernement de coalition mis en place en 2009), la croissance ralentit en 2012. Cette situation s’explique principalement par des récoltes décevantes du fait de conditions climatiques défavorables. La sécheresse a ainsi entrainé la perte de près d’un tiers de la production de maïs. En 2013, la croissance devrait pâtir du manque d’investissement privé (lié à un risque de crédit élevé), public (contraint par un endettement public et des arriérés très élevés) et étrangers. Ces derniers seront particulièrement déprimés par les incertitudes quant à l’application effective de la loi d’indigénisation du capital des entreprises étrangères défendue par le Président Robert Mugabe contrairement à son adversaire le premier ministre Morgan Tsvangirai. D’autant que les incertitudes politiques seront exacerbées par la tenue d’élection courant 2013 dont la date reste incertaine. Les exportations devraient rester soutenues mais peu diversifiées (produits miniers et agricoles), à l’exception des diamants qui pâtiront des restrictions imposées sur leur vente par certains pays comme les Etats-Unis.
L’endettement extérieur atteint un niveau critique
Le pays a un déficit courant élevé : les exportations de produits miniers et agricoles ne compensent pas le niveau des importations de produits alimentaires et des services pour l’exploitation des ressources naturelles. En 2013, il devrait se creuser (hausse des importations), et ne sera que peu financé par les IDE et les dons. Dans ce contexte, l’endettement extérieur devrait augmenter à hauteur d’environ 120% du PIB, dont des arriérés atteignant près de 60% du PIB.
Par ailleurs, le secteur bancaire est fragilisé par le manque de capitalisation et de liquidités des banques. Des faillites ont eu lieu en 2012 (comme la Royal Bank) ce qui a poussé la banque centrale à relever le seuil minimum de fonds propres. En 2013, compte tenu des incertitudes politiques et de l’insuffisance du niveau des réserves de change (moins d’un mois d’importations), il existe un risque élevé de crise de liquidité.
Fragilité des comptes publics
En 2012, le déficit budgétaire s’est dégradé du fait de la faiblesse des collectes fiscales (liée à une base trop étroite) face à d’importantes dépenses. Ces dernières augmentent du fait de nouveaux recrutements de fonctionnaires, dont les salaires ont augmenté en 2011, et qui bénéficie en outre de la renégociation de leurs indemnités (début 2012). Cette mesure a d’ailleurs poussé le FMI à retarder sa proposition d’aide technique, qui permettrait à terme une restructuration de la dette nécessaire pour redresser les finances publiques. En 2013, la situation devrait se détériorer du fait d’une forte progression attendue des dépenses dans la perspective des prochaines élections. Les recettes devraient rester à un niveau similaire à l’an passé, quoique le ministre des finances Tendai Biti ait annoncé une légère augmentation des taxes sur le tabac et l’alcool.
Risque politique significatif
Les tensions restent fortes au sein du gouvernement d’union nationale formé par le Président Robert Mugabe du Zanu-PF (au pouvoir depuis 1980) et son principal opposant et premier ministre Morgan Tsvangirai (du MDC). En effet, les relations entre les deux partis se sont fortement dégradées notamment du fait de la loi d’indigénisation et du désaccord quant au contenu de la nouvelle Constitution. La promulgation de cette dernière conditionnant la date des élections, celle-ci reste incertaine à ce jour. Néanmoins, même en cas d’impasse, il est probable que le processus électoral ait lieu dans le courant de l’année, probablement au moment des élections législatives en mars. Comme lors des élections de 2008, les partisans du Zanu-PF pourraient avoir recours à la violence pour faciliter la réélection du président Mugabe. Une nouvelle dégradation de la situation politique est donc attendue pour 2013. De fait, l’environnement des affaires et la corruption devraient également fortement se détériorer.


