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Afghanistan

Afghanistan

Population 32,4 millions
PIB par habitant 582 US$
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2015 2016 2017(p) 2018(p)
Croissance PIB (%) 1,3 2,3 2,5 3,0
Inflation (moyenne annuelle , %) -0,6 4,4 6,0 6,0
Solde public (dons inclus) / PIB (%) -1,4 0,1 0,4 -0,2
Solde courant (dons inclus) / PIB (%) 2,9 7,0 4,7 1,6
Dette publique / PIB (%) 9,2 8,0 7,6 6,9

 

(p) : prévision

POINTS FORTS

  • Soutien financier et militaire de la communauté internationale et en particulier des États Unis
  • Perspectives d’exploitation de matières premières (gaz, pétrole, minéraux, etc.)

POINTS FAIBLES

  • Situation sécuritaire et géopolitique instable
  • Pauvreté
  • Corruption et gouvernance faible
  • Dépendance vis-à-vis de l’aide international
  • Fragilités du système bancaire et faible diffusion du crédit
  • Forte dépendance au secteur agricole

appréciation du risque

Une situation sécuritaire toujours préoccupante

La situation sécuritaire s’est détériorée en 2017 et devrait demeurer préoccupante en 2018. Le nombre de victimes du conflit a crû significativement sur l’année, en particulier auprès des civils. Les attaques visant les populations ne sont plus circonscrits aux zones d’affrontement entre les forces gouvernementales et les milices anti-gouvernementales (EI, Al Qaïda et les Talibans). Les grandes villes du pays ont été marquées par de nombreux attentats meurtriers, alors même que le pouvoir central ne contrôle que 60 % du territoire afghan. Le président Ashraf Ghani, élu en septembre 2014, bien que reconnu par la communauté internationale continue de souffrir d’un manque de légitimité suite à la crise politique qui a suivi son élection fragilisant d’avantage le pouvoir central. Le parlement, dont le mandat a expiré en juin 2015 devrait probablement être renouvelé en juillet 2018 avec de nouvelles élections législatives. Mais une aggravation des affrontements pourrait compromettre l’agenda politique. La multiplication des affrontements a, en outre conduit à un renforcement de la présence des troupes de l’Otan en mai 2017, de même qu’à l’envoi par l’Administration de Donald Trump de nouveaux contingents américains en août 2017.

Outre l’aggravation de la situation sécuritaire domestique, la relation avec le Pakistan devrait continuer d’être marquée par des tensions. En 2017, les incidents à la frontière ont conduit à l’arrivée de 111 000 réfugiés afghans en provenance du Pakistan. En tout, les données du Bureau de la coordination des affaires humanitaires recense plus de 168 000 personnes déplacées sur les six premiers mois de 2017. Les tentatives de médiation de l’administration américaine ont conduit en septembre 2017 à un sommet bilatéral en présence du chef des armées pakistanais le général Qamar Javed Bajwa et le premier ministre afghan qui visait à ouvrir le dialogue entre les deux parties.

 

Une économie toujours très dépendante du secteur agricole

En dépit d’une situation sécuritaire difficile, l’activité économique devrait continuer à croître en 2018, mais faiblement, et sans retrouver ses niveaux de la décennie précédente (11,5 % en moyenne annuelle sur la période 2007-2012). La croissance reste en grande partie dépendante du secteur agricole qui emploie plus de 80 % de la population active. Les rendements agricoles devraient rester contraints par les conditions climatiques (sécheresse), ainsi que par le manque d’infrastructures permettant l’approvisionnement en eau. Bien qu’illégale, la culture d’opium tend à s’accroitre, remplaçant progressivement les surfaces agricoles destinées aux cultures céréalières et maraichères. Douze des trente-quatre provinces afghanes ont observé une hausse de leur production d’opium. L’industrie et les services devraient également observer une croissance modérée. Les transferts d’expatriés soutiendraient la consommation des ménages, principale, contribution à la croissance, de même, que le retour d’une partie des réfugiés afghans en provenance du Pakistan et d’Iran (1 million en 2017). L’accroissement des incertitudes politiques, combiné à la hausse des violences, contraindraient l’investissement en restreignant l’afflux de capitaux étrangers, notamment dans le secteur minier, qui offre pourtant des opportunités économiques considérables dans une économie largement dollarisée.

L’inflation qui s’est accrue en 2017 en partie en raison de la hausse des prix alimentaires se maintiendra à un niveau élevé en 2018. La dégradation de la situation sécuritaire qui perturbe les approvisionnements en denrées alimentaires, de même que l’afflux massif de réfugiés accentueront les tensions inflationnistes. L’aide internationale permet cependant de maintenir un niveau confortable des réserves de change ce qui facilitera la stabilisation de la devise à court terme.

 

Des déficits jumeaux importants, financés par l’aide internationale

Les finances publiques demeurent fortement dépendantes de l’aide internationale qui permet de maintenir le solde public à l’équilibre. En effet, 70 % du budget dépend de l’aide internationale et le déficit public hors dons s’élèverait à environ 10 % du PIB. Avec l’aide du FMI, les autorités afghanes ont entamé un plan d’action visant à améliorer les infrastructures de base et renforcer l’économie avec le soutien de donateurs étrangers. Mais son exécution risque d’être compromise en raison de l’aggravation du conflit avec les Talibans. Les autorités ont cependant amélioré la collecte des recettes fiscales depuis 2016 en dépit de la faiblesse de l’activité mais ces efforts ne sont pas suffisants pour réduire la dépendance à l’aide internationale. Les dépenses budgétaires devraient également progresser. Cette augmentation reflète en grande partie le fait que les dépenses de sécurité précédemment prises en charges par les partenaires internationaux seront progressivement transférées au budget.

Le solde du compte courant devrait rester excédentaire en 2018 grâce à l’afflux continu d’aide étrangère. Le déficit commercial devrait rester conséquent et approcher 33 % du PIB en 2018. Il sera financé par l’aide étrangère.

 

Dernière mise à jour : Janvier 2018

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