Les études économiques et analyses risques pays Coface
Afrique du Sud

Afrique du Sud

Population 54 millions
PIB par habitant 5726 $US
C
Evaluation des risques pays
A4
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2014 2015  2016(p) 2017 (p)
Croissance PIB (%) 1,6 1,3 0,3 0,8
Inflation (moyenne annuelle) 6,1 4,6 6,0 5,7
Solde budgétaire / PIB (%) -3,9 -3,8 -3,9 -4,1
Solde courant / PIB (%) -5,3 -4,4 -4,1 -4,8
Dette publique / PIB (%) 47,1 50,1 51,4 52,5

 

(p) Prévisions

* année fiscale : avril à mai

POINTS FORTS

  • Puissance économique et politique
  • Richesses en ressources naturelles (or, platine, charbon, chrome…)
  • Secteur des services (financiers notamment) développé
  • Environnement législatif protecteur pour les investisseurs

POINTS FAIBLES

  • Pauvreté, inégalités sources de risque social (criminalité, manifestations)
  • Chômage élevé (27 %, 54 % pour 15- 24 ans) et pénurie de main d’œuvre qualifiée
  • Carences en infrastructures (transport, énergie)
  • Dépendance aux flux de capitaux étrangers volatils

appréciation du risque

Incertitudes sur la croissance qui devrait en tout état de cause rester faible

La croissance sud-africaine devrait être très faiblement positive en 2017. L’activité agricole, très touchée par la sécheresse en 2016, pourrait bénéficier de conditions climatiques plus favorables. Les projets d’infrastructures pourraient soutenir la construction et le secteur industriel.

Les freins à la croissance et les incertitudes sur l’évolution économique du pays restent toutefois importants. La production industrielle pourrait demeurer handicapée par le manque de compétitivité et les problèmes persistants d’approvisionnement en électricité, malgré l’amélioration observée depuis 2016, ainsi que les prix bas des produits miniers. La consommation des ménages, traditionnel moteur de l’économie, encouragée par un léger fléchissement de l’inflation, devrait en revanche souffrir du niveau historiquement élevé du chômage (27 % fin 2016). L’introduction d’un salaire minimum national, proposée par le gouvernement fin 2016, favoriserait la demande privée ; mais sa mise en place, sous réserve qu’elle soit confirmée, n’interviendrait  pas avant le second semestre 2017.

La hausse des prix  du pétrole devrait alimenter les tensions inflationnistes, qui pourraient cependant être atténuées par la modération des prix des biens alimentaires.

La décision des agences de notation de maintenir l’Afrique du Sud en catégorie « investissement » fin 2016, pourrait avoir un effet positif sur la confiance des ménages et des investisseurs en début d’année. Mais le risque d’une révision à la baisse de la notation courant en 2017 n’est pas écarté et cette menace pourrait dissuader les entreprises d’investir. La dégradation en catégorie spéculative provoquerait la dépréciation du rand, , alimentant l’inflation qui pèserait sur la consommation des ménages, tout en décourageant encore davantage les investissements. Les incertitudes sur l’évolution de la situation politique fragilisent également les perspectives de croissance du pays.

 

Absence de marge de manœuvre budgétaire et persistance du déficit courant

Le gouvernement sud-africain doit maîtriser son déficit budgétaire et stabiliser son endettement afin d’éviter une nouvelle dégradation de sa notation par les agences. Le défi est de taille compte tenu de la faiblesse de l’activité, qui pèse sur les recettes fiscales. De nouvelles hausses d’impôts sont prévues dans le budget avril 2016/ mars 2017. La faiblesse de la croissance risque néanmoins de limiter les recettes de l’Etat alors que les dépenses courantes (environ 50 % du total) devraient rester assez stables et que le gouvernement reste engagé dans la réalisation de projets d’infrastructures. En outre la charge de remboursement de la dette publique s’accroît en raison de la hausse des taux d’intérêt sur le marché domestique, source principale de financement de l’Etat. Le soutien de certaines entreprises publiques (Eskom, South Africa Airways) pourrait également peser sur les finances publiques.

Le solde courant devrait se dégrader en 2017. Les exportations, dominées par les produits miniers (or, platine notamment), pesant pour près d’un tiers du total, devraient peu progresser. Les prix des matières premières, bien qu’orientées plus positivement qu’au cours des dernières années, ne devraient pas fortement augmenter. En outre la croissance sur les principaux marchés d’Afrique du sud (Chine, UE), devrait être modérée. La légère augmentation des prix du pétrole et l’augmentation, même modeste de la consommation, devraient accroître les importations et contribuer à la dégradation du solde.

Un déficit courant élevé, les incertitudes sur l’évolution économique et politique et les perspectives de hausse des taux américains, devraient maintenir les pressions à la baisse sur le rand en 2017. Les entrées de capitaux devraient rester très instables et le cours de la monnaie sud-africaine très volatil. La perte de « l’investment grade » pourrait provoquer une forte dépréciation, d’autant que la marge de manœuvre de la banque centrale pour relever son taux d’intérêt (7 % depuis avril 2016) est très réduite compte tenu de la faiblesse de la croissance.

Le secteur bancaire, bien capitalisé, peu exposé au risque de change reste solide, avec un ratio de créances douteuses peu élevé (3 % environ). Le risque de crédit pourrait toutefois se détériorer compte tenu de l’impact du ralentissement économique sur la solvabilité des emprunteurs.

 

Tensions politiques persistantes et environnement des affaires dégradé

Malgré une victoire confortable de l’ANC aux élections de mai 2014, des incertitudes continuent à peser sur l’évolution politique et sociale du pays. L’autorité de J. Zuma est de plus en plus contestée, après notamment les accusations de détournement de fonds publics et de collusion avec les milieux d’affaires. Face à son manque de légitimité et aux dissensions croissantes au sein de l’ANC, J. Zuma pourrait être contraint de quitter la présidence de son parti lors de la convention fin 2017. L’absence persistante de réponse aux attentes de la population sur le chômage, la pauvreté et la corruption, demeure une source d’instabilité sociale. Les manifestations organisées par les étudiants fin 2016, témoignent d’une généralisation du mécontentement.

L’Afrique du Sud affiche des performances satisfaisantes selon les indicateurs de gouvernance de la Banque Mondiale, mais qui tendent à se dégrader notamment en matière de respect des lois (86e en 2015, soit un recul de dix places en un an). La criminalité et la corruption handicapent également l’environnement des affaires.

 

Dernière mise à jour : Janvier 2017

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