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Agroalimentaire

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Amérique Latine
Amérique du Nord
Europe centrale et de l'est
Europe de l'Ouest
Asie
Moyen-Orient & Turquie
Changer de secteur

Forces

  • Tendance haussière et probablement durable des prix
  • Forte demande mondiale des pays émergents (notamment l’Inde et la Chine)

Faiblesses

  • Secteur soumis aux aléas climatiques.
  • Stocks de céréales élevés.

Evaluation des risques

Les faits marquants
Evolution des prix des matières premières agricoles

Evolution des prix des matières premières agricoles (Base 100=2002-2004)* - 2017)

L’indice de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) des prix des matières premières agricoles a connu une forte croissance jusqu’en décembre 2016 (+14 %), après avoir atteint un plancher historique en décembre 2015. Les prix se sont globalement stabilisés en 2017, n’augmentant que de 0,7 %. Les stocks céréaliers étaient de 704 millions de tonnes en 2017, soit plus d’un quart de l’offre mondiale. Coface anticipe que la croissance des rendements des cultures de céréales, exceptionnellement élevée ces dernières années, s’essoufflerait en 2018.

Les prix du sucre connaissent la plus forte baisse annuelle en 2017 (-26 %) et démontrent, encore une fois, leur forte volatilité. Ceci est principalement dû à la dépréciation du real (le Brésil est le premier producteur mondial) par rapport au dollar au mois de mai et la fin des quotas sucriers dans l’Union Européenne. Les prix de la viande ont augmenté de 9 % en 2017, en raison de deux facteurs. D’une part, en début d’année, la demande pour la viande porcine émanant de l’Union Européenne et de la Chine a été croissante. D’autre part, en fin d’année, la production de viande bovine en provenance de l’Océanie était réduite.

Demande

La demande de matières premières agricoles devrait rester soutenue en 2017-2018 (+1,2 % selon la FAO), compte tenu de l’augmentation de la population des pays émergents.

En Asie, le secteur devrait connaître une amélioration grâce à une conjoncture plus favorable en Chine, qui stimulera la consommation des ménages, en particulier de soja (+7,8 % selon le département d’État américain pour l’agriculture, USDA). Le changement des habitudes culinaires favoriserait la consommation du blé, au détriment de celle du riz. La Chine et l’Inde, qui représentent 50 % de la demande mondiale, devraient voir leur consommation de riz légèrement croître respectivement de 0,6 % et de 1,3 % en 2018. Pour les céréales, la croissance de la demande chinoise de maïs (+3,4 % en 2018, 22 % de la demande mondiale) sera encore dynamique. En Inde, la politique d’augmentation des taxes sur l’importation des huiles végétales (passant de 7,5 % à 15 % pour l’huile de palme brute et de 15 à 25 % pour l’huile de palme traitée) aura un fort impact sur le marché. En effet, les ménages du principal pays consommateur verraient leur pouvoir d’achat se réduire avec la hausse des prix. Enfin, les entreprises du secteur ayant une exposition au marché des pays asiatiques émergents bénéficieront de la croissance soutenue de la demande de produits laitiers provenant de ces pays.

En Amérique du Nord, la demande de maïs (céréale la plus consommée au monde) sera principalement stimulée par le processus de transformation industrielle de l’éthanol. La demande pour l’alimentation animale resterait stable.

L’Amérique du Sud est l’une des zones où la croissance de la demande de soja devrait être soutenue selon l’USDA (+3,4 % en moyenne) en 2018, notamment au Brésil et en Argentine. Ces deux pays consomment à eux deux presque autant que la Chine, soit 28 % de la demande mondiale, et l’utilisent principalement pour la nourriture animale.

En Europe de l’Ouest, l’Union européenne (premier consommateur de blé avec 17,3 %), devrait maintenir une consommation dynamique, notamment celle des ménages qui croîtrait de 1,8 % en 2018. L’ensemble du secteur agroalimentaire devrait rester fragilisé par l’embargo russe sur les produits alimentaires (fruits, légumes, viande, volaille, poisson, lait et produits laitiers) en provenance des États-Unis et de l’Union européenne, qui a été prolongé par Vladimir Poutine jusqu’à fin 2018.

Offre

La production de l’ensemble des matières premières agricoles en 2018 est attendue en légère hausse (+0,6 %), elle sera soutenue par les pays émergents et en voie de développement (+4,1 %), selon la FAO. Au contraire, elle diminuerait dans les pays développés, impactée par les conditions climatiques défavorables, en particulier le phénomène de La Niña aux États-Unis. Du côté des entreprises, les fabricants d’équipements, les producteurs de graines et de fertilisants profiteront de la hausse des commandes de tracteurs et des prix des engrais qui remontent. La tendance haussière des prix à la distribution bénéficiera aux géants de l’agroalimentaire (Nestlé, Danone, Unilever, Coca-Cola, PepsiCo).

En Asie du Sud-Est, première région productrice de riz; les perspectives pour la récolte de 2018 sont positives au Myanmar et aux Philippines. Elles devraient compenser, à l’échelle mondiale, la diminution des rendements des récoltes rizières à Madagascar et au Bangladesh, suite aux mauvaises conditions climatiques. En Chine, suite au 19ème Congrès du Parti Communiste, les réformes du secteur devraient s’intensifier et seraient marquées par un désengagement de l’État, traduit par une réduction des subventions. À terme, ceci aurait un impact négatif sur la production. L’offre de la filière céréalière de la sous-région sera affaiblie par la suppression du Minimum Support Price pour le maïs du gouvernement chinois. Les agriculteurs chinois se tourneraient alors davantage vers le soja, plus avantageux. Le retour de la pluie, après deux saisons marquées par la sécheresse, favorisera la production sucrière de l’Inde (deuxième producteur mondial). Selon Bloomberg, les agriculteurs du pays élargiront leur surface d’exploitation de 4,8 % en 2018.

En Amérique du Nord, les États-Unis, premiers producteurs mondiaux de maïs devraient voir leur offre décroître de 3,8 % en 2018, reflétant ainsi la réduction des surfaces plantées et les mauvaises conditions climatiques alors même que les rendements des fermes ont été revus à la hausse. Les producteurs américains devraient bénéficier de l’augmentation de la demande externe (notamment européenne). De plus, la hausse des coûts de transport dans la Mer Noire ainsi que la mauvaise récolte affaiblissent la concurrence ukrainienne.

Au Brésil, les producteurs devraient consacrer une proportion plus importante de leurs récoltes à la production d’éthanol. Le rendement exceptionnel des terres (soja, maïs) en 2017 ne pourra vraisemblablement pas se reproduire en 2018, en raison du phénomène de La Niña qui toucherait la région.

Dans l’UE, le marché du sucre a été libéralisé en octobre 2017 et la fin des quotas permet d’indexer les prix du sucre européen aux prix mondiaux. L’UE, premier producteur mondial de sucre de betterave (50 % de l’offre mondiale), maintiendra, cependant, des droits d’importation élevés sur la filière, ce qui devrait minimiser l’impact de la politique sur les producteurs. La production devrait augmenter, mais sera sujette à la forte volatilité des prix.

 

Dernière mise à jour : janvier 2018

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