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Angola

Angola

Population 27,4 millions
PIB par habitant 3 485 $US
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

 

  2015 2016(e) 2017(e) 2018(p)
Croissance PIB (%) 0,9 -2,6 -2,5 1,9
Inflation (moyenne annuelle, %) 10,2 32,1 32,0 20,3
Solde public / PIB (%) -3,3 -6,0 -6,1 -5,5
Solde courant/ PIB (%) -10,0 -6,4 -5,2 -4,5
Dette publique / PIB (%) 64,64 79,8 65,0 73,0

 

(e) : estimation (p) : prévision

POINTS FORTS

  • Importante production pétrolière
  • Lancement de la production de gaz naturel liquéfié
  • Potentiel économique considérable : diamant, fer, or, cuir, agriculture, pêche, ressources hydroélectriques
  • Soutien financier international

POINTS FAIBLES

  • Vulnérabilité au retournement des cours pétroliers
  • Chômage élevé (26 %), fortes inégalités sociales et disparités régionales
  • Déficience des infrastructures 
  • Fragilité du secteur bancaire
  • Contrôle de la politique et de l’économie exercé par une petite élite
  • Conflit avec les séparatistes de l’enclave de Cabinda

appréciation du risque

L’augmentation de la production pétrolière soutient un timide rebond

Affectée par la forte inflation et l’incertitude politique en amont des élections d’août 2017, la croissance est restée négative en 2017. En 2018, elle devrait repartir à la hausse grâce à la mise en service du champ pétrolier de Kaombo (Total) à l’été. Les ventes de pétrole, qui représentent plus de 90 % des recettes d’exportations, pourraient bénéficier des cours plus élevés du baril. Toutefois, la dynamique de la demande chinoise, dans un contexte de ralentissement de l’économie, constitue un risque .De même, l’investissement dans les coûteux projets offshore devrait stagner, car les opérateurs pétroliers limitent leurs dépenses dans le développement de ceux-ci depuis la chute des cours en 2014. En dehors du secteur pétrolier, les perspectives de croissance demeurent faibles. Le déficit budgétaire devrait contraindre l’investissement public, notamment dans le secteur de la construction, malgré les projets d’infrastructures qui seront présentés dans le Plan National de Développement 2018-2022 en préparation Hors pétrole, le climat des affaires difficile et la corruption demeurent des obstacles à l’accroissement des flux d’investissements étrangers. La nouvelle loi sur l’investissement privé, adoptée en mai 2018, devrait, toutefois, permettre d’améliorer la situation. La fin du prérequis de partenariats locaux pour les investisseurs étrangers  et la diminution des taxes dans des zones cibles vont dans le sens d’une plus grande attractivité. L’augmentation du salaire minimum décidée mi-2017, la première depuis 2014, ne soutiendra pas la consommation des ménages en 2018. En effet, si sa baisse devrait se poursuivre sur le reste de l’année 2018, l’inflation restera élevée et continuera, ainsi, à saper le revenu des ménages. De plus, alors que la position extérieure angolaise demeure précaire, l’évolution des prix demeurera vulnérable à une plus ample dépréciation de la devise locale (kwanza) au cours de l’année.

 

Les déséquilibres budgétaire et extérieur menacent toujours

En 2018, les efforts de consolidation budgétaire devraient être accrus. Progresser dans la mobilisation des recettes non-pétrolières sera une priorité. L’augmentation de plusieurs taxes à la consommation et une revue des exonérations fiscales sont notamment prévues à cet effet. Toutefois, l’amélioration des recettes devrait rester tributaire des revenus pétroliers (70 % des recettes). Prévues en augmentation pour 2018 grâce à des prix plus élevés et à l’augmentation de la production, ces recettes permettraient au gouvernement de retrouver un peu plus de marge de manœuvre. La situation financière dégradée de certaines entités publiques et du système bancaire continuera de peser sur le budget, tandis que le service de la dette constitue une charge de plus en plus lourde. Cette augmentation découle de la hausse rapide du fardeau de la dette. Contribuent à cela le déficit et la forte dévaluation du kwanza depuis la fin de l’ancrage au dollar en janvier 2018 (compte tenu du fait qu’elle est à 78 % libellée en devises étrangères). Le poids de la dette publique, généralement à caractère non concessionnel, dans le PIB devrait donc considérablement augmenter en 2018. Aussi, le gouvernement entend accroître la part de dette locale (essentiellement en kwanza) pour financer le déficit.

Le déficit courant devrait encore diminuer en 2018, dans la lignée des cours de l’or noir. Toutefois, l’excédent de la balance des biens demeurera trop faible pour compenser le déficit de celles des services et des revenus. Avec des investissements étrangers, directs ou de portefeuille, encore faibles, la situation extérieure restera extrêmement fragile, obligeant le pays à se financer par la dette extérieure. Depuis la décision de la Banque Nationale de l’Angola (BNA) de flexibiliser le kwanza pour freiner la déplétion de ses réserves, la monnaie a perdu un quart de sa valeur avant de se stabiliser. Toutefois, l’écart encore important entre le taux de change officiel et le taux parallèle laisse présager une nouvelle dépréciation.

 

Changement de visage à la tête de l’Angola

Sans surprise, le Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA) s’est imposé lors des élections générales d’août 2017. En revanche, après 38 ans passés à la tête du pays, José Eduardo dos Santos (73 ans), qui demeure président du MPLA, a laissé la place à son ancien ministre de la Défense João Lourenço. Désireux d’affirmer son autorité, le nouveau président s’est signalé en opérant plusieurs changements à la tête des organes de presse d’Etat, de la BNA et des entreprises nationales de diamants (Endiama, Sodiam). L’un des changements les plus notables est l’éviction d’Isabel dos Santos, fille de l’ex-président, de la tête de la compagnie publique pétrolière (Sonangol). Néanmoins, malgré ces changements, ce sera la capacité du président à mettre en œuvre les réformes économiques et sociales qui sera scrutée. En effet, le mécontentement de la population demeure face aux inégalités et à la pauvreté, exacerbées par la lenteur de l’activité économique et l’inflation. L’accent mis par le nouveau président sur le combat contre la corruption, l’amélioration de la gouvernance et du climat des affaires devra être suivi de réformes pour débloquer l’investissement privé. Des progrès en matière d’approvisionnement en électricité et d’obtention des permis de construire ont, certes, permis à l’Angola de progresser de 7 rangs dans le dernier classement Doing Business 2018, mais le pays demeure en queue de peloton au niveau régional, comme mondial (175ème sur 190) ; preuve d’un climat des affaires encore dégradé.

Les relations avec le Congo (Kinshasa) pourraient se tendre, alors que les violences dans les régions du Kasaï ont provoqué l’afflux de plus de 30 000 réfugiés en Angola.

 

Dernière mise à jour : Juin 2018

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