Les études économiques et analyses risques pays Coface
Angola

Angola

Population 24,4 millions
PIB par habitant 12 735 $US
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Evaluation des risques dans ce pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2013 2014  2015 (p) 2016 (p)
Croissance PIB (%) 6,8 4,8 3,0 2,0
Inflation (moyenne annuelle) 8,8 7,3 10,3 25,0
Solde budgétaire / PIB (%) -0,3 -6,4 -5,6 -6,5
Solde courant / PIB (%) 6,7 -0,9 -7,0 -10,0
Dette publique / PIB (%) 32,9 40,7 62,3 70,1

 

(e) Estimations (p) Prévisions

POINTS FORTS

  • Importante production pétrolière
  • Lancement de la production de gaz naturel liquéfié
  • Potentiel économique considérable : diamant, cuir, fer, or, agriculture, ressources hydrauliques
  • Soutien international 

POINTS FAIBLES

  • Vulnérabilité au retournement des cours pétroliers
  • Chômage élevé (26 %), fortes inégalités sociales et disparités régionales
  • Déficience des infrastructures 
  • Fragilité du secteur bancaire
  • Contrôle de la politique et de l’économie exercé par une élite concentrée 

appréciation du risque

Net ralentissement de l’activité en 2016

Malgré une hausse de la production de pétrole, l’activité angolaise devrait rester faible en 2016. La baisse des dépenses publiques pourrait conduire au report de projets d’investissement et peser sur les secteurs de la construction et des services. La production agricole devrait rester contrainte par la faiblesse des infrastructures et les conditions climatiques. Les investissements privés devraient être freinés par des taux d’intérêt élevés et les mesures de restrictions d’accès aux devises. La consommation des ménages devrait pâtir de la forte hausse des prix.

L’inflation a atteint un niveau historiquement haut en juin 2016 (32 %), en raison principalement de l’impact de la dépréciation du kwanza et de la hausse des prix des carburants consécutive à la suppression des subventions. La décision du gouvernement de limiter la hausse des prix de certains biens de première nécessité et une politique monétaire plus stricte (la Banque d’Angola a relevé son taux de 14 % à 16 % fin juin 2016) devrait limiter l’inflation, qui devrait toutefois dépasser 20%.

 

Aggravation des déséquilibres budgétaire et courant

Le déficit budgétaire devrait continuer à se creuser en 2016. Compte tenu du poids du secteur pétrolier dans les revenus de l’Etat (trois quarts du total), la baisse des prix du pétrole a un impact important sur les recettes. Le gouvernement a pris des mesures pour limiter l’aggravation du déficit, en réduisant de 20 % les dépenses et en abaissant le prix du pétrole servant de base pour son budget (de 45 USD/baril à 41 USD/baril) en juillet 2016. La dépréciation du kwanza (18% contre le dollar entre janvier et mi-juillet 2016) devrait partiellement neutraliser l’impact sur le budget, libellé en monnaie locale, du prix bas du pétrole. Toutefois, la réduction des dépenses, notamment sociales et de sécurité, devrait être difficile à mettre en œuvre, car elle pourrait provoquer une détérioration du climat social. Par ailleurs, la forte augmentation des garanties accordées aux entreprises publiques pourrait peser sur le budget, en raison de la situation financière dégradée de certaines entités publiques.

La dette publique, libellée à plus de 60 % en devises, devrait augmenter sous l’effet de la dépréciation du kwanza. La décision du gouvernement angolais de suspendre les discussions avec le FMI au sujet d’une aide financière et l’annonce faite en juillet 2016 d’un endettement supplémentaire de 11,5 milliards d’USD entre novembre 2015 et juin 2016, en particulier auprès de prêteurs chinois, pourrait faire peser une incertitude sur la capacité de l’Etat à respecter ses obligations financières et inquiéter les investisseurs.

Le solde courant devrait continuer à se détériorer en 2016, malgré une légère augmentation attendue des exportations de pétrole (plus de 90 % des recettes), sous l’effet de la hausse du prix des  importations, notamment alimentaires, en raison de la dépréciation du kwanza.

La BNA, face à la chute des revenus en devises liée à la baisse des prix du pétrole, a dévalué à trois reprises le kwanza depuis juin 2015 et pris des mesures de restriction d’allocation de devises, entraînant un allongement des délais de paiement pour de nombreuses entreprises. Les pressions à la baisse sur le taux de change pourraient se renforcer compte tenu de la baisse du prix du pétrole, mais aussi  de la dégradation du solde courant, de l’écart entre le taux officiel (165 AOA/ USD) et celui du marché parallèle (plus de 500 AOA/ USD en juin 2016). Le niveau des réserves est encore satisfaisant (20 milliards d’USD environ, représentant près de 6 mois d’importations en avril 2016).

Le manque de liquidités en devises et le ralentissement économique devrait continuer à peser sur le système bancaire, très dépendant du secteur pétrolier. L’augmentation rapide des prêts non performants témoigne de la dégradation de sa situation.

 

Tensions sociales et lacunes dans l’environnement des affaires

Le pays est dirigé depuis son indépendance par José Eduardo dos Santos et son parti (MPLA). Le poids de l’opposition, même s’il augmente, reste insuffisant pour envisager une alternance. Les prochaines élections générales sont prévues en 2017 et le Président Dos Santos (73 ans) a annoncé qu’il démissionnerait en 2018, sans présenter de plan de succession. Les tensions entre le principal parti d’opposition (UNITA) et le parti au pouvoir MPLA, déjà fortes (violents affrontements signalés en mai 2016) devraient ainsi augmenter. Compte tenu de l’emprise politique et économique du président et de son parti, une succession chaotique pourrait déstabiliser le pays. Par ailleurs, le mécontentement de la population face aux inégalités et à la pauvreté, renforcé par le ralentissement économique et la hausse de l’inflation, intensifie les tensions sociales.

La gouvernance est un point faible du pays, en raison notamment de l’omniprésence de la corruption (l’Angola occupe le 202ème rang sur 215 selon l’indicateur de la Banque Mondiale).

 

Dernière mise à jour : Juillet 2016

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