Les études économiques et analyses risques pays Coface
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Amérique Latine
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Europe centrale et de l'est
Europe de l'Ouest
Asie émergente
Moyen-Orient & Turquie
Changer de secteur

Forces

  • Vieillissement du parc automobile
  • Reprise de la demande européenne
  • Les constructeurs automobiles sont parmi les premiers investisseurs mondiaux en R&D

Faiblesses

  • Ralentissement des émergents et des Etats-Unis
  • Surcapacités en Chine
  • Normes anti-pollution de plus en plus restrictives nécessitant de lourds investissements
  • Risque de crédit dégradé aux Etats-Unis

Evaluation des risques

Les faits marquants
Ventes de véhicules neufs, (Glissement annuel)

Ventes de véhicules neufs, (Glissement annuel)

Le marché automobile mondial offre un visage hétérogène, avec une opposition entre les marchés européen et américain. Le premier demeure dynamique, tandis que le second est en phase de ralentissement. Enfin, en Chine le marché demeure sous perfusion de l’Etat.

En effet la croissance des ventes automobiles accélère en Chine. L’impact de la baisse de la fiscalité sur les moteurs de moins de 1,6 l a permis une reprise du marché par rapport à un automne 2015 morose, car elle entraîne les consommateurs à anticiper leurs achats en vue de la non-reconduction de cette mesure. La concurrence est plus intense entre constructeurs, profitant aux marques domestiques, ainsi qu’aux groupes allemands. Les marques françaises voient leurs ventes baisser :-22% à fin mai 2016 sur un an.

Aux Etats-Unis, les ventes de véhicules ralentissent en glissement annuel à 0,1 % à fin novembre 2016. Le segment des flottes automobiles profite aux constructeurs pour y écouler leur production. Néanmoins les valeurs résiduelles commencent à décroître et affecteraient les ventes futures d’automobiles. Cette tendance est d’autant plus inquiétante qu’elle coïncide avec  un risque de crédit détérioré du côté des emprunteurs.

Du côté de l’Europe de l’Ouest, à fin octobre les immatriculations d’automobiles signent une progression ininterrompue de 38 mois. Tous les principaux marchés européens participent à ce retour en force. L’Italie occupe la pole position (+16,7%) suivie de  l’Espagne (+10,8%) et de l’Allemagne (+4,9%).

Demande

La demande mondiale offre un spectacle contrasté, avec un ralentissement aux Etats-Unis, tandis que les perspectives sont plus positives en Chine et en Europe.

En Chine, l’accélération des ventes devrait perdurer dans les mois qui viennent, les particuliers étant plus enclins à s’équiper. En effet, l’abaissement de la taxe sur les petites cylindrées continue de participer à l’essor des ventes automobiles. Un point semble toutefois rester en suspens, celui de l’abrogation de cette mesure fiscale ou de sa continuité en 2017, que nous estimons être l’option la plus probable afin de soutenir un marché autrement en situation délicate. Enfin, bien que l’indicateur MNI pour le mois d’octobre 2016 des intentions d’achat de véhicules demeure en deçà de la moyenne de long terme, il demeure toutefois en augmentation. 

Aux Etats-Unis, la hausse des taux d’intérêt en décembre 2016 entraînera un renchérissement du coût des emprunts qui a déjà débuté : le taux d’intérêt est passé de 4% en décembre 2015 pour un prêt de 48 mois à 4,25% en septembre 2016. La qualité du crédit (90% des véhicules neufs sont financés via ce canal) décroît en partie car les maturités atteignent jusqu’à 84 mois, excluant ces emprunteurs du marché pour une grande période, et accentuant la perte de valeur résiduelle de revente de leur véhicule. Néanmoins les Etats-Unis atteignent un niveau de chômage historiquement bas, tandis que le salaire médian a augmenté de 5,2% entre 2014 et 2015.  On peut toutefois penser que la bonne tenue du marché de l’emploi diminuerait le nombre d’emprunteurs « subprimes » ou « deep subprimes », même si la concurrence entre institutions financières entraîne un relâchement des critères d’octroi des crédits.

Selon Eurostat, le taux de chômage de la zone Euro a décru de  0,8 point de pourcentage à fin octobre 2016 par rapport à octobre 2015, s’établissant à 9,8%. Bien qu’il demeure élevé en Europe du Sud, les immatriculations y sont dynamiques, portées par le rééquipement des loueurs et des entreprises afin de profiter de modèles aux coûts d’entretien moindres. En 2017, les taux d’intérêt devraient demeurer bas et favoriser les crédits automobiles ainsi que des schémas de financement plus récents telle la location avec option d’achat (LOA). Néanmoins, la demande ne devrait pas être aussi forte que celle connue jusqu’à présent, même si la confiance des ménages européens devrait rester bien orientée. Ils anticipent une amélioration de la situation économique de l’Union dans les 12 mois à venir. Mais celle-ci reste dépendante des incertitudes politiques dans la région, notamment les élections en France et en Allemagne, ainsi que le début des négociations pour la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne.

Offre

Les efforts de restructuration ont payé en Europe et en Amérique du Nord, mais les ventes semblent se diriger vers un pic. La Chine quant à elle reprend artificiellement des couleurs.

Coface prévoit une hausse des ventes de véhicules en Chine continentale de 9% en 2017. Le chiffre d’affaires, ainsi que les profits, sont en hausse respectivement de 15% et 19%. Si le gouvernement n’étendait pas la baisse de cette taxation, les ventes plongeraient en mettant en exergue une situation de concurrence exacerbée. Enfin, d’après JCS Automotive consulting et Deloitte Consulting, l’automobile sera le nouveau secteur à souffrir des surcapacités (estimées à près de 11,4 millions de véhicules) en 2017. Cette même année, ce pays comptera 140 usines, contre 123 en 2014.

Coface prévoit une contraction de -0,6% des ventes annuelles de véhicules pour l’année 2017 aux Etats-Unis, en net recul par rapport aux progressions connues depuis 2010. Divers signes annoncent ce tassement du marché. Ainsi Ford Motors constate que ces stocks de véhicules invendus ont cru de 33% sur un an. En outre, avec un marché moins dynamique, la stratégie d’approche sera différente, et une guerre des prix pourrait s’en suivre afin de maintenir les parts de marché. Enfin, les constructeurs devront favoriser les ventes (à la profitabilité moindre) aux loueurs de véhicules, environ 7% des ventes pour Ford. A cela s’ajoute un engouement moindre des générations les plus jeunes pour la détention d’un véhicule, et qui privilégient les modes de transport publics ou le covoiturage. Enfin, l’élection de Donald Trump présente un risque dans la stratégie plus que décennale des groupes automobiles de faire du Mexique un lieu de production et d’assemblage. Si les promesses de campagne devenaient une réalité, la profitabilité des constructeurs et des équipementiers serait affectée.

Les immatriculations d’automobiles en Europe de l’Ouest devraient croître entre 3% et 5% en 2017. Selon nos calculs, le chiffre d’affaires cumulé des principaux constructeurs et équipementiers a crû de 5,8% au second trimestre 2016 sur un an. Du côté de la production, elle dépasse le pic de 2007 pour s’établir en 2016 à 20,2 millions de véhicules assemblés. Le marché n’étant pas encore revenu aux niveaux pré-crise, la différence s’explique par une forte présence à l’international, notamment pour les véhicules premiums. En outre, les ventes automobiles en Chine devraient demeurer vigoureuses et participer à la consolidation des bénéfices réalisés dans ce pays, notamment pour les constructeurs allemands. Enfin, les scandales touchant aux émissions de particules ternissent l’image de certains constructeurs. Notamment, les effets de ces scandales se précisent pour certains groupes dont Volkswagen. Ce dernier va procéder à la réduction de 5% de ses effectifs jusqu’en 2020, et ainsi générer des économies de près de 4 milliards de dollars.

 

Dernière mise à jour : décembre 2016

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