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Azerbaijan

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Population 9,5 millions
PIB par habitant 3956 $US
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Evaluation des risques pays
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2015 2016 2017(p) 2018(p)
Croissance PIB (%) 1,1 3,1 -1,0 1,5
Inflation (moyenne annuelle, %) 4,0 12,4 13,0 5,0
Solde public / PIB (%)* -4,8 1,1 -1,5 -0,5
Solde courant / PIB (%) -0,3 -3,6 3,0 0,0
Dette publique / PIB (%) 28,3 40,0 50,0 50,0

 

* Avec les transferts du Fonds pétrolier (SOFAZ) (p) : prévision

POINTS FORTS

  • Fonds souverain bien doté grâce à la production pétrolière
  • Potentiel gazier important en mer Caspienne
  • Perspective d’exportation de gaz vers la Turquie, puis l’Europe
  • Maillon de la liaison entre la Chine et l’Europe

POINTS FAIBLES

  • Forte dépendance aux hydrocarbures et secteur non pétrolier limité
  • Baisse de la production pétrolière (1/4 sur les six dernières années)
  • Faiblesse du système bancaire
  • Risque d’aggravation du conflit armé avec l’Arménie
  • Gouvernance déficiente et niveau élevé de corruption

Appréciation du risque

Reprise timide après deux années de récession

L’adaptation de l’économie au prix inférieur du pétrole et l’accroissement des exportations de gaz vers la Turquie devraient favoriser une timide sortie de récession en 2018. La consommation des ménages (58 % du PIB), en recul depuis trois ans, devrait repartir sur fond d’augmentation des revenus et de repli de l’inflation, pour autant que le manat ne connaisse pas un nouvel épisode de dépréciation. Si l’investissement public en infrastructures et en bâtiments publics devrait rester atone du fait des contraintes budgétaires, ceux liés au développement du champ gazier Shah Deniz en Caspienne et à l’extension du gazoduc Trans anatolien (TANAP) jusqu’à la frontière gréco-turque, destiné, à terme, à convoyer le gaz azéri jusqu’en Europe, devraient accélérer en partenariat avec les partenaires étrangers. L’investissement privé continuera d’être affecté, à la fois, par le niveau élevé des taux d’intérêt destiné à juguler l’inflation et à soutenir la devise nationale, et le recul du crédit lié à la faiblesse du système bancaire. La contribution des échanges extérieurs à la croissance devrait, une nouvelle fois, être légèrement négative. Les exportations supplémentaires de gaz ne compenseront qu’en partie la diminution de celles de pétrole qui resteront, néanmoins, le principal poste (85 %). Les importations progresseront plus rapidement du fait de la meilleure orientation de la consommation et de l’investissement. À côté du secteur des hydrocarbures (43 % du PIB), le restant de l’économie devrait poursuivre sur sa lancée de 2017.

 

Des comptes publics et extérieurs équilibrés malgré la diminution des recettes pétrolières

En réponse à la diminution des recettes budgétaires tirées des hydrocarbures (50 % du total), l’État a dû recourir au Fonds souverain et réduire ses dépenses, notamment d’investissement, afin de limiter la détérioration du solde public. Compte tenu de l’improbable rebond des recettes pétrolières, il ne peut compter que sur l’amélioration de la collecte fiscale et la réduction du déficit hors pétrole (27 % du PIB non pétrolier) pour regagner des marges de manœuvre. Malgré cette politique restrictive, l’État n’a pu éviter l’alourdissement de sa dette. En effet, suite à la chute du prix du pétrole et à la brutale dépréciation du manat, il a dû soutenir des entreprises publiques, notamment la première banque du pays, l’International Bank of Azerbaïdjan (IBA). L’État l’a délesté de ses actifs non performants (USD 5 milliards) en les confiant à une entité publique créée pour la circonstance avec sa garantie, avant de reprendre sa dette extérieure (USD 2,45 milliards après restructuration) sur laquelle elle a fait défaut. Malgré l’envol de son endettement, la position de l’État reste largement créditrice grâce aux actifs détenus par le fonds souverain SOFAZ (USD 35 milliards à juin 2017, soit 83 % du PIB). La dette est susceptible de s’alourdir encore, car l’État tient à développer le potentiel gazier et les gazoducs pour assurer la relève du pétrole. De plus, les difficultés d’IBA ne sont pas uniques dans le secteur bancaire qui a vu la fermeture de nombreux établissements et l’augmentation de ses actifs non performants : 13 %, officiellement, à juin 2017, mais sans doute nettement plus en réalité. Cette faiblesse s’accompagne d’un recul du crédit : les banques, dont les dépôts sont à 80 % en dollars, ne sont disposées qu’à prêter en dollar, afin de se prémunir contre le risque de change. Dans ces conditions, les emprunteurs préfèrent recourir au crédit informel, même si les taux y sont usuraires.

Malgré le déficit des services et des revenus, contrepartie à la présence d’entreprises étrangères dans le secteur des hydrocarbures, le solde courant était traditionnellement positif du fait de l’imposant excédent commercial généré par les ventes d’hydrocarbures. L’érosion des volumes et la chute des prix ont fait fondre cet excédent. Afin de ménager les réserves tombées à l’équivalent de 4 mois d’importations, le SOFAZ fournit à la banque centrale de quoi s’acquitter du service de la dette extérieure de la société en charge du TANAP et de la société nationale des hydrocarbures (SOCAR).

 

Un pouvoir bien établi

Le président Ilham Aliyev a été réélu pour un troisième mandat en 2013. En 2017, il a placé son épouse à la vice-présidence. Lors de la prochaine élection prévue en 2018, il devrait être réélu, cette fois pour 7 ans grâce au référendum de 2016. Le Parlement, dominé par le parti du Président, Parti du Nouvel Azerbaïdjan (YAP), joue un rôle secondaire face à l’exécutif. Malgré la faible croissance et le creusement des inégalités provoqués par la diminution des ressources pétrolières, la stabilité sociale et politique devrait perdurer. L’opposition politique est faible et les autorités n’hésitent pas à manier la répression.

Malgré quelques progrès, la gouvernance (classement Banque mondiale) reste médiocre, moins bonne que celle des deux autres États caucasiens, mais meilleure que celles de la plupart des pays d’Asie centrale. Un recul est même observé en matière de libertés, ce qui ne facilite pas les relations avec l’U.E. Par contre, malgré des lacunes en matière de traitement de l’insolvabilité et de commerce transfrontalier, le pays se place au 65e rang sur 190 pour la facilité à faire des affaires (Doing Business).

Enfin, le risque d’emballement de la confrontation armée avec l’Arménie au sujet des Haut-Karabakh et autres territoires azéris occupés par l’Arménie est limité par la forte influence conjointe de la Russie, de la Turquie et de l’Iran exercée sur la région. La situation au Nakhchivan, enclave azérie coincée entre l’Arménie et l’Iran est calme.

 

Dernière mise à jour : Janvier 2018

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