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Azerbaijan

Azerbaijan

Population 9,5 millions
PIB par habitant 3956 $US
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2015 2016 2017(p) 2018(p)
Croissance PIB (%) 0,6 3,1 0,1 2,3
Inflation (moyenne annuelle, %) 4,0 12,4 13,0 3,5
Solde public / PIB (%)* -4,8 1,2 -1,5 1,5
Solde courant / PIB (%) -0,3 -3,6 4,0 7,0
Dette publique / PIB (%) 28,3 40,0 52,0 47,0

 

* Avec les transferts du Fonds pétrolier (SOFAZ) (p) : prévision

POINTS FORTS

  • Fonds souverain bien doté grâce à la production d’hydrocarbures
  • Potentiel gazier important en mer Caspienne
  • Perspective d’exportation de gaz vers la Turquie, puis l’Europe
  • Maillon de la liaison entre la Chine et l’Europe, développement de couloirs ferroviaires avec l’Iran, la Turquie et la Géorgie

POINTS FAIBLES

  • Forte dépendance aux hydrocarbures et secteur non pétrolier limité
  • Baisse de la production pétrolière (1/4 sur les six dernières années)
  • Faiblesse du système bancaire
  • Risque d’aggravation du conflit armé avec l’Arménie
  • Gouvernance déficiente (corruption, répression, blanchiment offshore)

Appréciation du risque

Reprise fondée sur la remontée des cours des hydrocarbures

La remontée des cours des hydrocarbures et l’accroissement des exportations de gaz vers la Turquie favorisent la reprise. La consommation des ménages (54% du PIB), en recul pendant trois ans, est repartie à la hausse sur fond d’augmentation des revenus et de repli de l’inflation lié à la stabilisation du manat. L’investissement public en infrastructures et en bâtiments publics pourrait reprendre grâce au desserrement des contraintes budgétaires. Mais, ce sont surtout ceux liés au développement du champ gazier Shah Deniz en Caspienne et à l’achèvement du gazoduc Trans anatolien (TANAP) jusqu’à la frontière gréco-turque, destiné, à terme avec la réalisation du gazoduc Trans-adriatique (TAP), à convoyer le gaz azéri jusqu’en Europe de l’ouest, qui devraient accélérer en partenariat avec les partenaires étrangers. L’investissement privé hors hydrocarbures pourrait sortir de sa léthargie avec la réduction du taux directeur passé de 15 à 10% entre janvier et juin 2018 et qui pourrait encore baisser compte tenu de la fermeté du manat. De plus, le recul du crédit lié à la faiblesse du système bancaire devrait s’atténuer. La contribution des échanges extérieurs à la croissance pourrait devenir légèrement négative. Les exportations supplémentaires de gaz ne compenseront qu’en partie la diminution de celles de pétrole due à l’épuisement des puits, mais qui, ensemble, resteront, le principal poste (90%). Les importations progresseront plus rapidement du fait de la meilleure orientation de la consommation et de l’investissement. A côté du secteur des hydrocarbures (45% du PIB et 76% de la production industrielle), le restant de l’économie devrait profiter de la volonté de diversification dans le coton et l’automobile (en partenariat avec Iran Khodro).

Des comptes publics et extérieurs de nouveau excédentaires

En réponse à la diminution des recettes budgétaires tirées des hydrocarbures (75% du total), l’Etat a dû recourir au Fonds souverain et réduire ses dépenses, notamment d’investissement, afin de limiter la détérioration du solde public. Malgré cette politique restrictive, il n’a pu éviter l’alourdissement de sa dette. En effet, suite à la chute du prix du pétrole et à la brutale dépréciation du manat qui s’en est suivi, il a dû soutenir des entreprises publiques, notamment la première banque du pays, l’International Bank of Azerbaïdjan (IBA). L’Etat l’a délestée de ses actifs non performants (USD 5 milliards) en les confiant à une entité publique créée pour la circonstance avec sa garantie, avant de reprendre sa dette extérieure (USD 2,45 milliards après restructuration) sur laquelle elle avait fait défaut. Les difficultés d’IBA ne sont pas uniques dans le secteur bancaire qui a vu la fermeture de nombreux établissements, l’augmentation de ses actifs non performants, et la baisse de sa rentabilité. Cette faiblesse s’accompagne d’un recul du crédit : les banques, dont les dépôts sont à 80% en dollars, ne sont disposées qu’à prêter en dollar, afin de se prémunir contre le risque de change. Dans ces conditions, les emprunteurs préfèrent recourir au crédit informel, même si les taux y sont usuraires. Malgré l’envol de son endettement, la position de l’Etat reste largement créditrice grâce aux actifs détenus par le fonds souverain SOFAZ (USD 38 milliards à juin 2018, soit 80% du PIB). De plus, malgré la charge du développement du potentiel gazier et des gazoducs destiné à assurer la relève du pétrole, la dette (pour près de la moitié extérieure) est susceptible de s’alléger, Toutefois, le retour à meilleure fortune lié au rebond des recettes pétrolières risque de repousser l’amélioration de la collecte fiscale et la réduction du déficit hors pétrole (27% du PIB non pétrolier).
Malgré le déficit des services et des revenus, contrepartie à la présence d’entreprises étrangères dans le secteur des hydrocarbures, le solde courant est redevenu positif du fait du retour de l’imposant excédent commercial généré par les ventes d’hydrocarbures. Les réserves étant tombées à l’équivalent de 4 mois d’importations, le SOFAZ fournit à la banque centrale de quoi s’acquitter du service de la dette extérieure de la société en charge du TANAP et de la société nationale des hydrocarbures (SOCAR).

 

Un pouvoir bien établi

Le président Ilham Aliyev a été réélu, par anticipation, pour un quatrième mandat en avril 2018 avec 86% des voix, lors d’un scrutin marqué par des irrégularités (selon les observateurs internationaux) et le boycott de l’opposition, cette fois pour 7 ans grâce au référendum de 2016. Il a renommé son épouse à la vice-présidence. Le Parlement, dominé par le parti du Président, Parti du Nouvel Azerbaïdjan (YAP), joue un rôle secondaire face à l’exécutif. Avec le retour de la croissance et malgré les profondes inégalités, la stabilité devrait perdurer. L’opposition politique est faible et les autorités n’hésitent pas à manier la répression.
Malgré quelques progrès, la gouvernance (classement Banque mondiale) reste médiocre, moins bonne que celle des deux autres Etats caucasiens, mais meilleure que celles de la plupart des pays d’Asie centrale. Un recul est même observé en matière de libertés, ce qui ne facilite pas les relations avec l’U.E. Par contre, malgré des lacunes en matière de traitement de l’insolvabilité et de commerce transfrontalier, le pays se place au 65ème rang sur 190 pour la facilité à faire des affaires (Doing Business).
Enfin, le risque d’emballement de la confrontation armée avec l’Arménie au sujet du Haut-Karabakh et d’autres territoires azéris adjacents occupés par des forces arméniennes est contenu par la forte influence conjointe de la Russie, de la Turquie et de l’Iran exercée sur la région. Cependant, la situation au Nakhitchevan, enclave azérie coincée entre l’Arménie et l’Iran, qui semblait plus calme, a connu un regain d’activité militaire azérie coïncidant avec les bouleversements politiques en Arménie.

 

Dernière mise à jour : juillet 2018

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