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Biélorussie

Biélorussie

Population 9,5 millions
PIB par habitant 8042 $US
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Evaluation des risques dans ce pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2013 2014  2015 (p) 2016 (p)
Croissance PIB (%) 1,0 1,6 -3,9 -2,7
Inflation (moyenne annuelle) 18,3 18,1 19,0 17,0
Solde budgétaire / PIB (%) -0,9 -0,4  -0,8 -1,3
Solde courant / PIB (%) -10,6 -6,7  -7,0 -6,0
Dette publique / PIB (%) 37,6 39,8 41,3 46,4

 

(e) Estimations (p) Prévisions

POINTS FORTS

  • Situation stratégique entre la Russie et l’Union Européenne et réseau de transports bien développé
  • Main d’œuvre relativement bien formée et  qualifiée
  • Stabilité politique

POINTS FAIBLES

  • Forte dépendance énergétique, économique et financière à l’égard de la Russie.
  • Contrôle omniprésent de l’Etat sur l’économie et mise en œuvre très lente des réformes
  • Risque de crise de liquidité
  • Environnement des affaires difficile (corruption élevée, système juridique peu protecteur)

Appréciation du risque

Nouveau repli de l’activité en 2016 dans le sillage de la récession en Russie, mais moins marqué qu’en 2015

L’activité biélorusse, très dépendante de la Russie et dans une moindre mesure, de l’Ukraine, continuera à souffrir en 2016 de la situation économique et politique dans ces pays. La baisse des prix du pétrole devrait également contraindre son activité de raffinage.
L’insuffisance d’investissements et une demande qui devrait demeurer peu soutenue dans ses principaux marchés d’exportation (Russie, Ukraine, UE) devraient affecter le secteur industriel (près d’un quart du PIB), dominé par la production agro-alimentaire (viande, lait), la pétrochimie et les machines.
Les exportations ne devraient pas contribuer positivement à la croissance en raison de la faiblesse de la demande extérieure et du niveau bas des cours des principaux produits exportés (potasse et pétrole). La progression de la demande intérieure devrait être ralentie par la baisse des transferts des expatriés (travaillant majoritairement en Russie), une politique budgétaire plus restrictive, mais aussi la montée du chômage et la hausse des prix.
L’inflation devrait rester en effet élevée en 2016, alimentée par les effets de la dépréciation du rouble biélorusse. Les difficultés budgétaires pourraient en outre conduire le gouvernement à relever le prix de certains services publics.

 

Situation financière précaire liée aux déficits jumeaux et à de fortes tensions sur le change

Le déficit budgétaire devrait légèrement croître en 2016. Les recettes de l’Etat, dépendantes du secteur des hydrocarbures (le pays ne produit pas de pétrole mais l’importe de Russie pour le raffiner avant de le réexporter) devraient rester affectées par le prix bas des produits pétroliers. Par ailleurs, le repli de la croissance pourrait réduire les revenus fiscaux. Le ralentissement de la progression des dépenses sociales et des salaires attendu en 2016 ne devrait pas être suffisant pour compenser la baisse des revenus. Les opérations quasi-budgétaires (prêts garantis par l’Etat évalués à plus de 5 % du PIB) continueront aussi à peser sur les finances publiques.
Le déficit courant pourrait se réduire un peu en 2016 face à une demande intérieure plus modérée qui limiterait les importations. Les recettes d’exportation devraient rester faibles, en raison des cours peu élevé de la potasse (premier produit d’exportation de la Biélorussie) et du pétrole, ainsi que du manque de dynamisme de la demande des marchés privilégiés de la Biélorussie (CEI et UE).
Le déficit courant devrait continuer à alimenter les pressions à la baisse sur la monnaie biélorusse, dont le cours est très dépendant de celui du rouble russe, lui-même fortement lié à l’évolution des prix du pétrole.
Le pays bénéficie d’une aide financière de la Communauté Economique d’Eurasie (EURASEC) ainsi que de la Russie et négocie un nouvel accord de prêt avec le FMI. Sa situation financière demeure cependant très fragile avec des réserves de change très faibles (moins d’un moins d’importation en 2015).
En l’absence de raffermissement du prix du pétrole, les tensions sur les cours des roubles russe et biélorusse devraient se poursuivre, accentuant les déséquilibres financiers de la Biélorussie. Une nouvelle dévaluation, après celle de janvier 2015 (30%), ne peut être exclue en 2016. Elle accélèrerait l’augmentation de la dette publique libellée majoritairement (80 %) en devises.
Le manque de transparence des banques (majoritairement publiques) et la pratique des prêts dirigés rend difficile l’évaluation du système bancaire. Sa situation, qui apparaît toutefois fragile, pourrait se dégrader en raison du ralentissement économique et de la dépréciation de la monnaie.

 

Situation politique tendue et faible gouvernance

Malgré son opposition à l’annexion de la Crimée, le président biélorusse A. Loukachenko conserve de bonnes relations avec la Russie compte tenu des liens économique (échanges, approvisionnement en hydrocarbures, investissements), financiers et stratégiques entre les deux pays.
Sur le plan intérieur, A. Loukachenko a été réélu pour un cinquième mandat en octobre 2015 avec plus de 80 % des voix. Malgré des irrégularités, le scrutin s’est déroulé dans le calme, conduisant l’UE, en octobre 2015, à suspendre pour quatre mois, les sanctions imposées à certaines personnalités biélorusses.
Les tensions sociales sont depuis plusieurs années atténuées par une hausse régulière des salaires et autres dépenses assurant une progression du pouvoir d’achat. La persistance de la crise économique risque de remettre en cause cette politique et pourrait conduire à une montée des tensions sociales.
Malgré certains progrès, la Biélorussie reste mal classée selon les indicateurs de gouvernance de la Banque Mondiale, en particulier en matière de liberté politique (190ème sur 215), de qualité de la réglementation (180ème) et de lutte contre la corruption (110ème).

 

Dernière mise à jour : Janvier 2016
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