Les études économiques et analyses risques pays et risques sectoriels Coface
Bolivie

Bolivie

Population 10,9 millions
PIB par habitant 3125 $US
C
Evaluation des risques pays
B
Environnement des affaires
Changer de pays
Comparer les pays
Vous avez déjà sélectionné ce pays.
0 pays sélectionnés
Vider
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Comparer

Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2015 2016 2017(p) 2018(p)
Croissance PIB (%) 4,8 4,3 4,2 4,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 4,0 3,6 3,2 5,1
Solde public / PIB (%) -6,9 -6,6 -6,6 -6,3
Solde courant / PIB (%) -5,7 -5,7 -4,7 -4,7
Dette publique / PIB (%) 38,7 43,4 45,7 47,4

 

(p) : prévision

POINTS FORTS

  • Importantes ressources minérales (gaz, pétrole, zinc, argent, or, lithium, étain, manganèse) et agricoles (quinoa)
  • 15e exportateur mondial de gaz naturel
  • Appartenance à la Communauté Andine et Association avec le Mercosur
  • Potentiel touristique

POINTS FAIBLES

  • Économie peu diversifiée et dépendante des hydrocarbures
  • Faible développement du secteur privé et forte dépendance au secteur public
  • Pays enclavé
  • Importance du secteur informel
  • Insécurité, narcotrafic, corruption
  • Risques de troubles sociaux

Appréciation du risque

Une croissance dépendante du secteur public

En 2018, la croissance sera soutenue par une demande intérieure dynamique, notamment grâce au maintien de dépenses publiques élevées, dans une économie dominée par le secteur public. L’investissement public devrait continuer à croître dans le cadre du large plan d’investissement (Plan Nacional de Desarrollo Económico y Social, 48,6 milliards USD sur 2016-2020), mis en place en 2015 dans une logique contra-cyclique de relance, face à la chute des prix des matières premières. Axé sur le développement des infrastructures et des entreprises publiques dans le secteur de l’énergie, ce programme vise en particulier le secteur gazier (29 % des exportations du pays en 2016) et l’industrie du raffinage. Néanmoins, les résultats ont été en deçà des objectifs en 2017, pénalisés par le manque de personnel qualifié, les problèmes de corruption et la priorité donnée à l’agenda politique plutôt qu’à l’efficacité des projets. Les investissements privés devraient être encore faibles, l’environnement des affaires étant plus que déficient (152e au classement Doing Business 2018, avec risque de nationalisation et de discrimination des investisseurs privés au profit des entreprises publiques) pesant sur la confiance. Les secteurs manufacturier et minier devraient continuer à souffrir du manque d’investissement, rongés par les problèmes structurels, le manque d’efficacité et la corruption. L’agriculture (32 % de la population active) devrait être dynamique si de bonnes conditions météorologiques sont au rendez-vous. La consommation privée devrait croître, dans un contexte d’inflation maîtrisée, grâce à l’ancrage du boliviano au dollar. Toutefois, le non versement de primes de fin d’années dans le secteur public (primes conditionnées par une croissance supérieure à 4,5 %), risque de limiter cette hausse. Enfin, les exportations nettes contribueront négativement à la croissance. La hausse des exportations de gaz liée à la reprise observée au Brésil et en Argentine (les deux principales destinations du gaz bolivien) ne devrait pas compenser l’essor des importations dû aux projets d’investissement.

 

Persistance des déficits jumeaux

En 2018, le déficit public devrait rester important, malgré la hausse des redevances énergétiques, liée à la progression du prix des hydrocarbures. La politique budgétaire accommodante, dans le cadre du Plan quinquennal d’investissement, ainsi que la part importante des dépenses allouées aux salaires des fonctionnaires et aux programmes sociaux (respectivement 28 % et 19 % des dépenses publiques en 2016), limitent la réduction du déficit. Pour se financer, la Bolivie s’appuie sur l’endettement externe (émission obligataire d’1 Md USD en mars 2017) et sur le soutien financier de ses partenaires stratégiques, notamment la Chine (3,5 Md USD de prêts associés à des projets en 2016). La dette publique devrait ainsi augmenter, mais restera soutenable (dette externe à hauteur de 37 % du PIB en 2017).

Du point de vue du compte courant, le déficit devrait rester important, lesté par un déficit commercial en augmentation. La hausse des importations sera plus importante que celle des exportations, compte tenu du besoin important de biens intermédiaires pour les projets d’investissements et de la concurrence du gaz liquide nord-américain. Ce déficit sera partiellement compensé par les transferts des travailleurs émigrés (3,4 % PIB en 2016). La faiblesse des IDE (0,5 % du PIB en 2016) obligera le gouvernement à le financer en puisant dans les réserves de change en diminution (de 14,2 mois d’importations en 2015 à 11,6 en 2016).

 

Des tensions politiques accrues

Au pouvoir depuis 2005, le président Evo Morales, du parti MAS (Movimiento al Socialismo), cristallise les tensions en tentant de se représenter pour un quatrième mandat aux prochaines élections présidentielles de 2019. Inscrite dans la constitution, la limite des deux mandats a été abolie par le Tribunal constitutionnel en novembre 2017, pour non-respect des droits du président. Cette décision, prise à la suite d’un recours des députés du MAS, a été perçue comme un passage en force du président, après sa défaite au référendum de février ٢٠١٦ (٥١,٣ ٪ contre une réélection illimitée). L’élection des juges aux Cours suprême et constitutionnelle (décembre 2017), marquée par 65 % de votes blancs ou nuls, est un symbole de cette défiance croissante vis-à-vis du gouvernement et de l’appareil judiciaire, critiqué pour ses liens avec le pouvoir exécutif. Cependant, face à cette grogne à l’encontre du parti au pouvoir, l’opposition est loin de convaincre, le soutien pour les candidats d’opposition étant encore plus faible que pour le Président Morales. Par ailleurs, le gouvernement doit faire face à une multiplication d’affaires de corruption dans les entreprises publiques et s’est vu forcé d’intervenir (arrestation en juin 2017 de hauts responsables de l’entreprise nationale gazière, YPFB, pour trafic d’influence dans l’attribution de contrats). Cela contribue à miner un climat des affaires déjà médiocre, étant donné la relative insécurité juridique (les expropriations et nationalisations sont toujours possibles) et l’interdiction de toute possibilité de recours à l’arbitrage international. L’échec du gouvernement à satisfaire les exigences des divers groupes sociaux reste enfin une source potentielle d’agitation populaire.

 

Dernière mise à jour : Janvier 2018

Haut de page
  • Français