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Botswana

Botswana

Population 2,2 millions
PIB par habitant 7227 $US
A4
Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2015 2016 2017(p) 2018(p)
Croissance PIB (%) -1,7 4,3 3,3 4,5
Inflation (moyenne annuelle, %) 3,1 2,8 3,4 3,9
Solde public / PIB (%)* -4,7 -0,7 -3,6 -4,1
Solde courant / PIB (%) 8,3 11,7 4,5 4,1
Dette publique / PIB (%) 16,4 15,5 15,5 15,0

 

*dernière année fiscale d’avril 2018 à mars 2019 (p) : prévision

POINTS FORTS

  • Ressources naturelles abondantes (diamant en particulier)
  • Dettes publique et extérieure soutenables
  • Réserves de change substantielles
  • Stabilité politique et niveau de gouvernance plaçant le pays dans le peloton de tête des pays d’Afrique subsaharienne dans les classements internationaux en matière d’environnement des affaires.
  • Membre de la SACU (Union douanière d’Afrique australe ou, en anglais, Southern Africa Custom Union)

POINTS FAIBLES

  • Dépendance envers le secteur du diamant (plus de 80 % des exportations)
  • Insuffisance des infrastructures (production et distribution d’eau et d’électricité)
  • Inégalités et chômage élevés.
  • Stagnation de la pauvreté à un niveau relativement élevé.

Appréciation du risque

Consolidation de la croissance grâce aux diamants

Contrainte en 2017 par la cessation de l’activité à la mine de cuivre et de nickel (BCL) et à celle de diamants de Lerala, la croissance devrait repartir de l’avant en 2018. L’accélération du rythme de la croissance sera soutenue par le secteur des industries extractives (20 % du PIB). En effet, la demande de diamants, qui s’était effondrée en 2015, devrait confirmer une reprise graduelle et, ainsi, soutenir les exportations botswanaises. Ces dernières bénéficieront également de la première année pleine de production de la mine de cuivre de Mowana, réouverte mi-2017. L’investissement public, réalisé dans le cadre du programme de relance économique (adopté en 2015) et du 11e plan de développement national, appuiera également l’activité, notamment dans le secteur des services. En particulier, ce sont le tourisme, les services financiers, d’éducation et de santé qui sont visés, afin de promouvoir une diversification économique, longtemps promise, mais qui tarde à se matérialiser. Le secteur de la construction devrait bénéficier de l’investissement dans les infrastructures. En revanche, à court-terme, le programme ne devrait apporter qu’un soutien modeste à la consommation des ménages en raison des taux de pauvreté et de chômage toujours élevés. Les industries continueront à souffrir du manque de fiabilité de l’approvisionnement en eau et en électricité, ainsi que d’une main d’œuvre pas suffisamment qualifiée.

Malgré une légère hausse, l’inflation devrait rester contenue, reflétant une demande domestique modérée.

 

Les comptes publics et extérieurs grevés par la baisse des recettes de la SACU

L’orientation expansionniste du budget 2018/2019 visant à soutenir la croissance devrait continuer de creuser le déficit. Les dépenses d’investissement en capital, plus particulièrement dans les infrastructures en eau et de transport, devraient ainsi particulièrement peser sur le budget. Les dépenses militaires et de défense, définies comme l’une des priorités du gouvernement pour l’année fiscale débutant le 1er avril 2018, devraient également participer au creusement du déficit. A l’approche des élections 2019, les indemnités et subventions en direction des sociétés publiques ont également été revues à la hausse. Des incitations fiscales pour les entreprises s’installant dans la région de Selebi Phikwe, durement touchée par la fermeture de la mine de BCL qu’elle abritait, sont notamment prévues. Les progrès dans la mobilisation des revenus domestiques et une probable hausse des revenus miniers compenseront seulement partiellement le déclin des recettes douanières versées par la SACU.

L’excédent de la balance courante devrait continuer à diminuer dans le sillage d’une dégradation de la balance des transferts. Ce sont les transferts en provenance de la SACU qui seraient les principaux responsables de cette dégradation. Une augmentation du prix du carat de diamant devrait soutenir les revenus issus de l’exportation et de la réexportation de diamants. Proches du néant après la fermeture de la mine de BCL sur la première moitié de l’année 2017, les exportations de cuivre et de nickel, soutenues par la meilleure tenue des cours de ces métaux de base, permettraient de maintenir l’excédent commercial. Celui de la balance des services devraient bénéficier d’une reprise du tourisme.

Compte tenu de la situation des comptes extérieurs, le Botswana dispose de réserves de change confortables, (plus de 10 mois d’importations de biens et de services). Le surplus de réserves restant après une évaluation de la Banque Centrale est transféré dans un fonds souverain (créé en 1994), le Pula Fund. Ce dernier permet de financer une grande partie du déficit budgétaire. Aussi, le recours à l’endettement domestique et extérieur demeurera limité : la dette devrait donc rester faible.

 

Ian Khama passe le relai

Conformément à la tradition politique botswanaise, Ian Khama, président réélu pour un second mandat en 2014, devrait démissionner en mars 2018 pour laisser la main à son vice-président, Mokgweetsi Masisi. Après avoir remporté la course à la présidence du Parti démocratique du Botswana (BDP) en juillet 2017, ce dernier assumera ainsi la responsabilité de Président jusqu’aux élections générales de 2019 où il représentera vraisemblablement son parti. Au pouvoir depuis l’indépendance du Botswana (1966), le soutien pour le BDP semble s’être effrité ses dernières années comme en attestent, malgré l’obtention des deux tiers des sièges, les 47 % du vote populaire enregistré en 2014 par le parti, le plus faible de son histoire et pour la première fois en-deçà de la barre symbolique des 50 %. Compte tenu des progrès insuffisants en matière de diversification économique susceptibles de réduire le chômage, la pauvreté et les inégalités au cours du mandat de M. Khama, l’érosion du soutien pour le BDP pourrait, de nouveau, se vérifier en 2019, Toutefois, les divisions de la coalition de l’opposition, le Collectif pour le changement démocratique (UDC), symbolisées par la scission du Mouvement Botswanais pour la démocratie (BMD) et la formation de l’Alliance des Progressistes (AP) en septembre 2017, pourraient favoriser le BDP.

Régulièrement en bonne position parmi ses pairs d’Afrique subsaharienne dans les classements internationaux, le Botswana a, toutefois, encore des progrès à réaliser pour améliorer son environnement des affaires et soutenir le développement du secteur privé.

 

Dernière mise à jour : Janvier 2018

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