Les études économiques et analyses risques pays Coface
Burkina Faso

Burkina Faso

Population 17,9 millions
PIB par habitant 614,6 $US
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2014 2015  2016(p) 2017 (p)
Croissance PIB (%) 4,0 4,0 5,4 5,9
Inflation (moyenne annuelle) -0,3 0,9 1,6 2,0
Solde budgétaire* / PIB (%) -6,1 -5,8 -6,9 -7,5
Solde courant / PIB (%) -8,0 -6,4 -6,0 -5,0
Dette publique / PIB (%) 30,2 32,8 36,3 36,3

 

(p) Prévisions

* hors dons

POINTS FORTS

  • Premier producteur de coton en Afrique
  • Montée en puissance de la production aurifère (4ème producteur d’Afrique)
  • Membre de l’UEMOA
  • Bons antécédents de politique économique et mise en œuvre de réformes structurelles
  • Soutien de la communauté financière internationale (un des premiers pays à avoir bénéficié de l’initiative PPTE)

POINTS FAIBLES

  • Economie fortement exposée aux aléas climatiques
  • Vulnérabilité à l’évolution des cours du coton et de l’or
  • Forte dépendance à l’aide extérieure
  • Faiblesse des infrastructures électriques
  • Pression démographique et taux de pauvreté très élevé

Appréciation du risque

 

Accélération de la croissance grâce à la stabilisation de la situation politique et la meilleure tenue des cours des matières premières

Ralentie en 2014 et 2015 par la chute des prix des matières premières et l’instabilité politique, la croissance est repartie en 2016. En 2017, la reprise se poursuivrait, poussée par le retour des investissements (bloqués pendant la transition démocratique), particulièrement dans le secteur minier, la production aurifère dynamique et l’orientation plus favorable des prix du coton. Après avoir atteint un record de 40 tonnes d’or produites en 2016, la production devrait encore augmenter en 2017. En effet, la mise en exploitation de nouvelles mines en 2016 et 2017 devrait mécaniquement augmenter la production. De plus, les réformes du code minier et la stabilisation de la situation politique devraient favoriser l’accélération des flux d’IDE. Après trois ans de déclin substantiel, les cours de l’or ont recouvré en 2016 et devrait se stabiliser en 2017, soutenant  ainsi l’apport du secteur aurifère à la croissance. De même, la légère reprise des cours du coton, seconde recette d’exportations et une récolte 2016/2017 qui s’annonce plus fructueuse participeront à l’accélération de la croissance. La production de coton devrait augmenter malgré la décision de la filière cotonnière, mécontente de la qualité de la fibre, d’abandonner la culture de coton OGM qui avait atteint 80% de la culture totale lors de la saison 2014/2015. La consommation privée devrait également être soutenue par l’augmentation des investissements privés qui favoriseraient la création d’emploi. L’évolution démographique et les dépenses dans le cadre du plan national de développement et social (PNDES) 2016-2020 soutiendront également la croissance. Néanmoins, le manque d’infrastructures pénalisera toujours l’activité. En particulier, l’offre d’électricité demeure un obstacle à une croissance plus soutenue.

L’inflation, qui reste très sensible aux variations des prix alimentaires, et donc aux  conditions climatiques, devrait légèrement augmenter en 2017, soutenue par la reprise de la consommation privée.

 

Des efforts budgétaires insuffisants pour réduire le déficit sans l’aide extérieure

Le déficit budgétaire hors dons devrait se creuser en 2017 en dépit de l’augmentation des recettes du gouvernement. L’alourdissement du déficit est notamment lié à la hausse de l’investissement du gouvernement dans le cadre du PNDES 2016-2020. Le budget 2017 prévoit ainsi une hausse de près de 520 milliards de Francs CFA (environ 800 millions d’euros) par rapport à l’année écoulée. Pour atteindre les objectifs budgétaires d’investissement public, le pays demeurera tributaire des bailleurs de fonds internationaux. Ainsi, le Projet de pôle de croissance de Bagré pour le Burkina Faso de la Banque Mondiale complètera encore en 2017 les investissements du gouvernement. Les efforts pour réduire le train de vie de l’Etat  entrepris par le premier ministre  Paul Kaba Thiéba qui ont permis de réaliser l’économie d’environ 3 millions d’euros en 2016, devraient se poursuivre. Avec les dons extérieurs, le pays maintiendrait le déficit budgétaire autour de 3%, comme en 2016. La dette devrait se stabiliser à un niveau modéré.

La hausse de la production minière, et aurifère en particulier, devrait permettre d’augmenter les recettes d’exportations et de réduire le déficit courant en 2017. La facture d’importation devrait s’alourdir modérément, en lien avec l’évolution des cours de pétrole. Les flux de transferts apporteraient une contribution positive insuffisante pour compenser le déficit de la balance commerciale. Aussi, le déficit courant demeurerait à un niveau relativement élevé.

 
Un processus de stabilisation de la situation politique qui demeure vulnérable

La scène politique a été déstabilisée avec l’insurrection populaire en octobre 2014 qui a provoqué la chute de Blaise Compaoré après 27 ans au pouvoir, puis la tentative de coup d’Etat militaire sur le gouvernement de transition en septembre 2015. L’élection de Roch Marc Christian Kaboré avec 53,5 % des voix fin 2015, au cours d’élections présidentielles tenues sans heurts particuliers et dans la transparence, suivie de la nomination de Paul Kaba Thiéba au poste de Premier Ministre ont stabilisé la situation politique. Ancien bras droit de B.Compaoré, Kaboré a quitté ses fonctions et la direction du parti pour la Démocratie et le Progrès (CDP) au pouvoir pour fonder son propre parti, le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) en janvier 2014, qui a obtenu la majorité relative à l’Assemblée Nationale un an et demi plus tard. Touché par la pauvreté, le chômage et la corruption, dans un environnement présentant des possibilités économiques limitées, la stabilité politique et sociale reste fragile en 2017 alors que les soutiens de B. Compaoré demeurent à l’affut d’un faux pas du gouvernement élu. La mauvaise qualité des infrastructures (transport, électricité, justice, santé, éducation) contribue à un environnement des affaires difficile (146ème sur 190 selon l’étude Doing Business 2017 de la Banque Mondiale). La sécurité régionale sera également un défi pour le pays, confronté à une attaque islamiste qui a fait 28 victimes en janvier 2016 dans un hôtel à Ouagadougou. La menace représentée par les groupes islamistes dans le Sahel constitue un obstacle à des perspectives de stabilité politique et d’investissement globalement en progrès. 

 

 

Dernière mise à jour : Janvier 2017

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