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Burundi

Burundi

Population 9,4 millions
PIB par habitant 304 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2014 2015  2016(p) 2017(p)
Croissance PIB (%) 4,5 -4,0 -1,0 0,0
Inflation (moyenne annuelle) 4,4 5,5 5,5 12,4
Solde budgétaire / PIB (%) -17,3 -14,9 -9,1 -11,1
Solde courant / PIB (%) -19,2 -22,0 -17,1 -14,1
Dette publique / PIB (%) 35,7 46,0 47,1 57,1

(p) Prévisions

POINTS FORTS

  • Richesses naturelles (café, thé, minerais)
  • Annulation de 75 % de la dette publique extérieure en 2009
  • Intégration à la Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE) et à l’Union Africaine (UA)

POINTS FAIBLES

  • Crise politique depuis 2015
  • Tension frontalière grandissante avec le Rwanda
  • Economie peu diversifiée et vulnérable aux chocs externes
  • Enclavement géographique
  • Activité bridée par le manque d’infrastructures et d’accès à l’électricité
  • Suspension de l’aide internationale à la suite de la crise politique

Appréciation du risque

 

L’économie burundaise à l’arrêt

Affligée par un blocage politique depuis plus de deux ans et les sanctions de la communauté internationale, l’économie burundaise est au point mort. La crise politique a plongé le pays dans une position de fragilité économique qui s’est aggravée en 2016 avec la suspension des aides directes des principaux pays donateurs. Cette situation devrait perdurer en 2017. Suite à la suspension des aides financières directs de l’UE en mars 2016, le pays souffre d’un manque de devises étrangères et voit ainsi la valeur des produits importés augmenter. Depuis mai 2017, le pays fait également face à une pénurie aigüe de carburant qui devrait intensifier la pression sur les prix à la consommation, déjà sous tension avec la baisse du franc burundais, les épisodes de sécheresse et l’augmentation des taxes sur des produits de base. Outre l’essence, le mazout, le sucre et l’électricité sont également en proie à des pénuries qui mettent en difficulté les ménages burundais. La consommation privée de ménages appauvris aura donc un impact négatif sur la croissance.

En plus de la faiblesse des investissements étrangers, l’investissement public dans les infrastructures sera freiné par les faibles revenus du gouvernement, handicapant, notamment, le secteur de la construction. L’agriculture, qui représente plus d’un tiers du PIB et emploie 90% de la population, devrait continuer à souffrir de la sécheresse, conséquences des phénomènes climatiquesEl NiñoetLa Niña. Les pertes de récolte sont estimées à plus de 50% pour la première saison 2017.  De plus,la remontée modeste des cours du café et du thé serait contrebalancée par l’interdiction d’exporter les produits vivriers vers les pays frontaliers, décision prise notamment après la montée des tensions avec le Rwanda.

 

La suspension des aides internationales accentue la pression sur les déficits jumeaux

Le déficit public devrait se creuser en 2017, pénalisé par la suppression des aides internationales. Les mesures visant à maximiser les rentrées d’argent en 2016 telles que l’achat obligatoire d’un « cahier de ménage » (livret de famille, visant à contrôler les mouvements de population) à 2 000 francs burundais (1 dollar) ou de gilet pour tout conducteur de taxi vélo, n’ont permis de réduire le déficit que ponctuellement en 2016. En 2017, le gouvernement continue de faire peser l’effort sur les ménages pour compenser la diminution des aides extérieures, avec notamment des hausses des taxes sur le pétrole et la bière. Côté dépenses publiques, la principale mesure vise à transférer la responsabilité des salaires des enseignants (82% des salaires de la fonction publique) aux communes. En décidant de quitter la Cour Pénale Internationale (CPI), le Burundi a de plus certainement aggravé sa situation vis-à-vis des donateurs bilatéraux. La pression sur les comptes publics s’intensifierait donc en 2017.

Privé des aides financières extérieures, le déficit courant devrait rester large en 2017. La balance commerciale demeurera largement déficitaire compte tenu de la base d’exportations, dominée par le café et le thé, très limitée. L’interdiction d’exporter les produits vivriers de base depuis août 2016 vers les pays frontaliers qui représentaient 17% des exportations en 2015 (30% en 2014), pénalisera également la balance commerciale. Largement dépendant des importations, le Burundi devrait néanmoins voir ces dernières baisser, en l’absence de devises étrangères.

La persistance d’importants déficits public et courant, conjugués à la suspension de l’aide internationale, fait peser un risque de surendettement dans les années à venir. Malgré les interventions de la Banque Centrale, les déficits jumeaux mettent sous pression le franc burundais, dont le cours s’envole sur le marché parallèle.

 

Au bord de la guerre civile, le Burundi s’isole de la communauté internationale

Alors que le Burundi avait réalisé d’importants changements politiques en faveur de la démocratie  depuis la fin de la guerre civile en 2005 et que la situation socioéconomique progressait, le pays est à nouveau embourbé dans une crise politique et sécuritaire. La situation s’est dégradée suite à la décision du président Pierre Nkurunziza de briguer un troisième mandat (violant ainsi la Constitution), suivie de sa réélection le 21 Juillet 2015. Cette élection a suscité de nombreuses manifestations de la part de l’opposition et de la population et a essuyé les critiques des observateurs internationaux. Les tensions sont depuis palpables entre le parti au pouvoir (CNDD-FDD), l’opposition et la société civile. Les violences auraient fait entre 500 et 2 000 morts depuis le début de la crise. Aussi, en avril 2016, la procureure de la CPI, Fatou Bensouda, a ouvert une enquête préliminaire sur les violences et crimes commis depuis avril 2015. En octobre 2016, le gouvernement burundais a répliqué en annonçant sa décision de quitter la juridiction internationale. En dépit de la contestation par le gouvernement des conclusions des différentes organisations internationales, un nouveau rapport publié par l’ONU en juin 2017 confirme que, si les violences sont plus « clandestines », elles se poursuivent néanmoins. Malgré le soutien affiché par les présidents ougandais et tanzanien en marge d’un sommet des chefs d’Etat de la CAE en mai, le Burundi demeure globalement isolé au sein de l’organisation régionale. Une levée des sanctions budgétaires infligées par une UE qui s’est déclarée inflexible tant que les violations des droits de l’Homme se poursuivraient, semble donc peu probable. Dans ce contexte, l’environnement des affaires restera fortement dégradé.

La question des réfugiés, déjà au nombre de 400 000 et  qui pourraient atteindre le demi-million  d’ici la fin de l’année, a tendu les relations avec les autres pays de la région des Grands Lacs, marquée par des frontières poreuses, une instabilité politique et des conflits ethniques. En particulier, les relations diplomatiques avec le Rwanda ne cessent de se dégrader. Malgré son éloignement des frontières somaliennes, le pays, qui contribue à la mission de l’UA en Somalie, demeure sous la menace d’une attaque terroriste potentielle des Shebabs.

 

Dernière mise à jour : Juin 2017

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