Les études économiques et analyses risques pays et risques sectoriels Coface
Cameroun

Cameroun

Population 23,7 millions
PIB par habitant 1 238 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2015 2016 2017(p) 2018(p)
Croissance PIB (%) 5,7 4,5 3,9 4,3
Inflation (moyenne annuelle, %) 2,7 0,9 0,6 1,1
Solde public / PIB (%) -2,7 -6,2 -3,5 -2,7
Solde courant / PIB (%) -4,1 -3,6 -3,3 -3,2
Dette publique / PIB (%) 33,0 34,1 36,1 36,2

 

(p) : prévision

POINTS FORTS

  • Ressources agricoles, pétrolières et minières
  • Économie diversifiée, comparée à celle d’autres pays exportateurs de pétrole
  • Modernisation des infrastructures en cours

POINTS FAIBLES

  • Comptes extérieurs et publics dépendants du pétrole
  • Croissance peu « inclusive » et environnement des affaires encore difficile
  • Risque politique accru : insécurité dans l’Extrême-Nord du pays, incertitudes entourant la succession de Paul Biya (85 ans, au pouvoir depuis novembre 1982) et montée des tensions entre la minorité anglophone et le régime (majoritairement francophone)

Appréciation du risque

Un rebond de la croissance, généré par les hydrocarbures et les infrastructures

Après deux années de décélération de l’économie, principalement attribuable à une baisse de la production pétrolière, l’économie devrait rebondir en 2018. L’entrée en production de l’unité flottante de liquéfaction du gaz naturel au large de Kribi devrait stimuler les exportations. La baisse de production de pétrole devrait, en revanche, se poursuivre, à cause du faible investissement dans les coûteux projets offshore depuis 2014. Un programme d’investissement public tirerait la croissance, particulièrement dans les secteurs de la construction et des services. Les projets de barrage visant à exploiter le potentiel hydroélectrique du pays seront notamment moteurs. Dès 2018, la mise en service du barrage de Memve’ele soutiendra la production hydroélectrique. Les industries manufacturières (textile et fabrication de ciment) devraient se montrer dynamiques. Des projets de développements dans l’agro-industrie pourraient également catalyser la production agricole (bois, cacao, coton). Néanmoins, la croissance du secteur demeurera contrainte par le manque de protection de droits fonciers et l’accès limité au crédit. Ces obstacles sont représentatifs d’un environnement des affaires encore difficile qui freine l’investissement privé. Il pourrait, de plus, souffrir d’une détérioration du climat politique et sécuritaire. Si elle devrait rester orientée à la hausse, la consommation des ménages restera bridée par les faibles revenus tirés d’une agriculture de subsistance et par la faible inclusion financière. La faible demande interne et l’appartenance à la zone franc devrait limiter les pressions inflationnistes.

 

Efforts de restauration des comptes publics et extérieurs

Après avoir souffert de la baisse des revenus pétroliers, les comptes publics se rétablissent, soutenus par un effort de consolidation budgétaire. La réduction du train de vie de l’État, afin de préserver les dépenses sociales, restera une priorité. La rationalisation des dépenses d’investissement en capital devrait permettre de se concentrer sur les projets ayant l’impact le plus fort. Les prix du pétrole plus élevés et l’augmentation de la production de gaz soutiendront la hausse des revenus. Dans le même temps, les efforts visant à améliorer la perception des recettes hors hydrocarbures seront poursuivis. L’introduction d’une taxe à l’exportation de 5 % sur certains produits agricoles participera notamment à l’élargissement de l’assiette fiscale. Les réformes pour améliorer la perception des recettes et l’efficacité de la dépense seront soutenues par la Facilité élargie de crédit de 666 millions USD octroyée par le FMI.

Le déficit courant devrait se stabiliser en 2018. En effet, malgré la hausse des revenus issus des hydrocarbures et les efforts de diversification de la base d’exportations (bois, coton, cacao), le déficit de la balance des biens devrait être entretenu par la demande pour les biens d’équipement. Celle pour les services techniques entretiendra le déficit de la balance des services. Les intérêts de la dette détenus par des non-résidents continueront de peser sur le compte des revenus, tandis que celui des transferts sera encore excédentaire grâce aux transferts des travailleurs expatriés. Le déficit nécessitera probablement de recourir, de nouveau, à l’emprunt extérieur.

Depuis que le pays a bénéficié d’un allègement de sa dette dans le cadre de l’initiative PPTE en 2006, l’accumulation de dette, notamment extérieure (75 % du stock fin 2015), a été très rapide. Les réformes de réduction du volume des emprunts et l’accroissement du taux d’exécution des projets promis dans le cadre du programme triennal avec le FMI doivent permettre de recouvrer la maîtrise de la trajectoire de la dette.

 

Élections 2018 dans un contexte sécuritaire dégradé

Au pouvoir depuis novembre 1982, Paul Biya, 85 ans, n’a pas dévoilé s’il comptait concourir à un septième mandat consécutif de président en octobre 2018. Dans l’hypothèse où le président choisissait, ou était contraint, de se retirer aucun candidat ne semble émerger clairement au sein du parti de M. Biya, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC). En face, l’opposition semble fragmentée : avant même que le candidat du premier parti d’opposition (le Front social démocratique ou FSD) ne soit connu, une dizaine de candidatures est déjà annoncée. Celle d’Akéré Muna, avocat et fils de l’ancien Premier ministre Salomon Tandeng Muna, pourrait affaiblir le FSD.

Les violences signalées dans les régions anglophones depuis la fin de l’année 2016 accentuent les enjeux autour des élections présidentielles et législatives d’octobre prochain. La mobilisation d’une minorité linguistique animée par un sentiment de marginalisation politique et économique croissant constitue une menace à la stabilité politique et sécuritaire. Cette menace vient s’ajouter à celle que représentent les incursions, encore régulières en 2017, de Boko Haram, groupe terroriste islamiste, au Nord du pays. Si l’activité économique, essentiellement concentrée au Sud du pays, n’est, pour l’heure, pas affectée, la situation humanitaire est préoccupante. De plus, ce risque politique accru pourrait peser sur la perception de l’environnement économique qui souffre déjà d’un environnement institutionnel et réglementaire peu favorable au développement du secteur privé, comme en témoigne son 163e rang (sur 190) dans le classement Doing Business 2018.

 

Dernière mise à jour : Janvier 2018

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