Les études économiques et analyses risques pays Coface
Cameroun

Cameroun

Population 23,1 millions
PIB par habitant 1 235 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2014 2015  2016(p) 2017 (p)
Croissance PIB (%) 5,9 5,8 4,8 4,2
Inflation (moyenne annuelle) 1,8 2,7 0,9 2,2
Solde budgétaire / PIB (%) -4,6 -2,7 -6,2 -4,9
Solde courant / PIB (%) -4,3 -4,2 -4,2 -4,0
Dette publique / PIB (%) 27,5 29,0 31,6 33,8

 

(p) Prévisions

POINTS FORTS

  • Ressources agricoles, pétrolières et minières
  • Economie diversifiée, comparée à celle d’autres pays exportateurs de pétrole
  • Modernisation des infrastructures en cours
  • Réduction de dette obtenue en 2006 dans le cadre de l’initiative renforcée en faveur des pays pauvres très endettés et de l’initiative d’allègement de la dette multilatérale

POINTS FAIBLES

  • Comptes extérieurs et publics dépendants du pétrole
  • Ré-endettement rapide sous l’effet d’un ambitieux programme d’investissements publics
  • Croissance peu « inclusive » et environnement des affaires encore difficile
  • Risque politique accru : insécurité dans l’Extrême-Nord du pays, incertitudes entourant la succession de Paul Biya (84 ans, 35 ans au pouvoir) et montée des tensions entre la minorité anglophone et le régime (majoritairement francophone)

Appréciation du risque

 

L’économie fait preuve de résistance malgré des cours du pétrole encore bas

En 2017, la croissance serait encore portée par l’investissement dans les projets d’infrastructure (mise en service du port en eau profonde de Kribi, construction de trois barrages et finalisation du deuxième pont sur le Wouri). Par ailleurs, le secteur gazier serait en voie d’expansion, du fait l’avancement des champs gaziers offshore de Kribi. Cependant, cette industrie ne connaîtrait pas un développement uniforme, comme l’atteste l’annulation d’un autre projet d’usine de GNL.
Le secteur primaire joue toujours un rôle important (20% du PIB en 2014) et tire des recettes non négligeables de son agriculture d’exportation (bois, cacao, banane, coton…). Cependant, la production de cacao serait moins importante en 2017 en raison de la sécheresse en 2016, au moment du semis. Ainsi, l’économie demeure fortement dépendante des aléas climatiques, malgré la douce reprise des cours mondiaux des produits de base en 2017 (à l’exception des ceux de cacao).
Grâce à la découverte de nouveaux gisements et à la mise en œuvre de nouvelles technologies de forage, la production pétrolière s’est redressée, pour au moins quelques années.
En mars 2017, les équipes du FMI ont engagé des échanges avec le Cameroun afin de mettre en œuvre un programme économique, appuyé par le fonds et visant, notamment, à dynamiser l’investissement privé, à soutenir une diversification de l’économie, rendre la croissance plus inclusive et à améliorer l’environnement des affaires.
L’inflation devrait augmenter en 2017. Cela résulterait de la hausse des produits alimentaires (la sècheresse de 2016 affecterait les récoltes en 2017) et de celle des prix de l’énergie. Cependant, l’ancrage du franc CFA à l’euro continuera d’entretenir la stabilité des prix. En demeurant sous le seuil des 3%, celle-ci devrait soutenir la consommation des ménages, un des piliers de la croissance.

 

Les déficits jumeaux se réduisent mais le risque de surendettement redevient élevé

Les résultats budgétaires sont en voie d’amélioration. Les recettes pétrolières seraient en hausse sous l’effet de la remontée modeste des cours du pétrole. L’élargissement de l’assiette fiscale non-pétrolière dans la loi de Finance 2017 devrait également permettre l’augmentation des recettes intérieures. De même, le rétablissement des droits de douane à 10 % sur le clinker et l’augmentation de la taxe spéciale sur les produits pétroliers devraient améliorer les recettes douanières. En parallèle, les principaux postes de dépenses porteraient sur les dépenses d’équipement, en lien avec la mise en œuvre des grands projets d’infrastructure et les dépenses sécuritaires, allouées en grande partie à la lutte contre le groupe terroriste Boko Haram dans l’Extrême-Nord du pays.
La remontée modeste du prix du baril serait à l’origine de la légère réduction du déficit courant en 2017, étant donné que les produits pétroliers constituent plus d’un tiers du total des exportations. Les autres produits de base, comme le bois, le cacao, l’aluminium et le coton continueront de diversifier la base d’exportation du pays. Toutefois, le besoin d’importations liées à la mise en œuvre des grands projets d’investissement sera encore important, si bien que la balance commerciale et celle des services devraient demeurer déficitaires. Il devrait en être de même pour celle des revenus, du fait des rapatriements de bénéfices des firmes étrangères. En revanche, la balance des transferts courants resterait soutenue par les remises des travailleurs expatriés.
Le pays avait bénéficié d’un important allègement de dette en 2006 suite à l’atteinte du point d’achèvement de l’initiative PPTE. En quelques années, il s’est cependant rapidement ré-endetté. Le rythme élevé de progression de l’endettement extérieur à des conditions de plus en plus onéreuses (notamment auprès de la Chine), conjugué au recours grandissant aux émissions obligataires sur le marché régional (dont la dernière date d’octobre 2016) pour financer les projets d’infrastructure expliquent ainsi la tendance haussière de la dette publique. En outre, la faiblesse de la performance financière des entreprises publiques pourrait engendrer des risques de dette latente pour l’Etat. En 2015, le risque pesant sur la dette externe est passé de « modéré » à « élevé » selon le FMI. Les échanges visant à la mise en place du plan économique triennale, débutés en mars 2017, s’attacheront notamment à retrouver une maîtrise de la trajectoire de la dette.

 

Montée des tensions avec la minorité anglophone, insécurité persistante dans l’Extrême-Nord du pays et incertitudes autour de la succession du chef de l’Etat

Le pays est dirigé par le président Paul Biya (83 ans), au pouvoir depuis 1982, et dont le sixième mandat court jusqu’en 2018. Le chef de l’Etat a su maintenir, jusqu’ici, un certain équilibre entre les différentes ethnies et communautés linguistiques. Cependant, sa succession pourrait être source d’incertitudes à moyen terme, en cela que son départ ou sa disparition pourrait déclencher des luttes au sein du parti au pouvoir et remettre en cause ce fragile équilibre. Le parti présidentiel devrait malgré tout parvenir à se maintenir au pouvoir, faute d’opposition crédible.
En ce qui concerne ses perspectives commerciales, le Cameroun a signé un accord de libre-échange avec l’Union Européenne en août 2016, permettant ainsi un accès préférentiel aux marchés des deux parties. Cependant, le principal enjeu auquel le Cameroun doit faire face est la dégradation de sa situation sécuritaire depuis 2013 du fait des incursions de la secte islamiste nigériane Boko Haram dans l’Extrême-Nord de son territoire. Les capacités militaires de la secte ont été réduites sous l’action conjuguée des armées du Nigéria, du Cameroun, du Tchad et du Niger, ce qui ne l’empêche cependant pas de mener, depuis juillet 2015, une campagne d’attentats-suicides dans cette partie du pays. Ce climat détérioré entraine des déplacements massifs de populations, notamment des pays voisins (Tchad, Nigéria, République Centrafricaine) vers le Cameroun.
La sécurité et la stabilité politique est également menacé sur un deuxième front. Depuis la fin du mois d’octobre, la minorité anglophone (au Nord-Ouest et au Sud-Ouest du pays) se mobilise pour exprimer son mécontentement face à la perception d’une marginalisation politique et économique croissante, au profit de la majorité francophone. Les manifestations pour faire entendre ces revendications ont néanmoins rapidement dégénéré. La réaction du gouvernement de Paul Biya – déploiement massif de policiers pour disperser les manifestants, arrestations musclées, incarcération des leaders du mouvement, poursuite des activistes pour rébellion et actions terroristes et coupures d’internet dans les deux régions anglophones – alimente les tensions et ravive le malaise entre les deux communautés.
Dans ce contexte, l’environnement des affaires resterait difficile, le pays se classant 166ème sur 190 à la dernière édition du classement Doing Business.

 

Dernière mise à jour : Avril 2017

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