Les études économiques et analyses risques pays Coface
Chine

Chine

Population 1,4 milliard
PIB par habitant 7572 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

Principaux indicateurs économiques

  2014 2015 2016 (p)  2017 (p)
Croissance PIB (%) 7,3 6,9 6,7 6,5
Inflation (moyenne annuelle) 2,0 1,4 2,1 2,3
Solde budgétaire / PIB (%) -0,9 -2,7 -3,0 -3,3
Solde courant / PIB (%) 2,6 3,0 2,4 1,6
Dette publique* / PIB (%) 39,8 42,9 46,3 49,9

 

(p) Prévisions

*Comprend la dette centrale et locale (hors véhicule de financement)

POINTS FORTS

  • Risque de surendettement externe limité grâce au niveau élevé des réserves de change et au maintien d’un compte courant excédentaire
  • Risque souverain contenu : dette publique largement domestique et libellée en monnaie locale
  • Montée en gamme progressive
  • Développement des services
  • Développement des infrastructures

POINTS FAIBLES

  • Forte volatilité du marché d’actions
  • Tensions sociales liées à la montée des inégalités
  • La part de la consommation dans le PIB reste faible : le rééquilibrage du modèle de croissance chinois reste un enjeu à moyen terme
  • Vieillissement de la population et tarissement progressif du vivier de main d’œuvre abondant et bon marché
  • Surcapacités dans certains secteurs industriels et endettement élevé des entreprises  
  • Banques chinoises fragiles (progression rapide des crédits et dégradation de la qualité des actifs)
  • Ambiguïté des autorités sur l’arbitrage entre les réformes et le soutien à la croissance
  • Problèmes environnementaux

appréciation des risques

Le ralentissement de l’économie chinoise devrait se poursuivre en 2017

L’activité a légèrement marqué le pas en Chine en 2016 et cette tendance devrait se poursuivre en 2017. Les réformes visant à rééquilibrer la croissance au profit de la consommation et des services devraient se poursuivre mais les autorités resteront attentives à soutenir l’activité afin d’éviter un ajustement brutal de l’économie. La politique monétaire devrait rester accommodante. Des mesures de relance budgétaire permettraient, également, de soutenir l’investissement en infrastructures. Néanmoins, les profits des entreprises fragiles resteront sous pression et l’investissement privé devrait rester contraint en 2017. En effet, les entreprises étant fortement endettées et de nombreux secteurs en surcapacités, la relance monétaire et budgétaire s’avère inefficace. Dans ce contexte, le revenu disponible devrait progresser de manière moins dynamique et la croissance de la consommation des ménages se modérer donc quelque peu. Malgré un développement rapide des ventes en ligne, la croissance des ventes au détail s’essouffle depuis 2015.
En 2016, les secteurs liés à la construction ont profité du rebond des prix de l’immobilier, notamment dans les principales villes. En 2017, les mesures prudentielles mises en place par de nombreuses villes pour limiter l’augmentation des prix pourraient contraindre l’investissement et pénaliser le secteur. Toutefois, un effondrement du marché immobilier est peu probable, les autorités ayant la capacité d’intervenir en cas de choc de grande ampleur. De plus, le développement des services, notamment financiers, se poursuit.
Enfin, les exportations devraient continuer à souffrir de l’atonie de la demande mondiale. Néanmoins, les pressions baissières sur le yuan pourraient accroître la compétitivité-prix du pays.

 

Le risque de crédit des entreprises est de plus en plus élevé

Bien que le niveau d’endettement public soit soutenable, celui des collectivités locales est élevé (environ un tiers du PIB) et reste opaque.
Par ailleurs, les entreprises affichent des niveaux d’endettement très élevés que le développement du shadow banking rend difficile à évaluer. En mars 2016, la dette du secteur privé aurait représenté près de 210 % du PIB. De plus, malgré les mesures d’assouplissement de la politique monétaire, les difficultés d’accès au financement des PME les conduisent souvent à avoir recours au shadow banking à des taux prohibitifs.
Dans ce contexte, on observe une dégradation de la qualité des actifs bancaires qui reste également sous-estimée en raison de l’importance du shadow banking. Le ratio de prêts non-performants a atteint 1,8 % au 3ème trimestre 2016, son niveau le plus haut depuis 2009. Augmenté des « prêts spéciaux », ce ratio atteint 5,9 %. Le risque de crédit s’est fortement accru, en témoigne le nombre croissant de défauts sur le marché obligataire chinois. Alors que le pays a connu son premier défaut en 2014, 24 entreprises (dont un tiers d’entreprises publiques) ont fait défaut sur le marché obligataire au premier trimestre 2016. L’introduction d’un risque réel de faillite est inévitable et réduira l’aléa moral créé par les interventions gouvernementales. La solvabilité des acteurs fragiles, dans le contexte de ralentissement économique, sera toujours à surveiller en 2016.
La volatilité est élevée sur le marché des changes depuis mi-2015. Les pressions baissières sur le yuan face au dollar devraient se poursuivre en 2017 en raison des sorties de capitaux. Les réserves de change devraient continuer à diminuer. Elles resteront, néanmoins, très élevées (plus de 18 mois d’importations) et les autorités devraient continuer à mettre en place des mesures de contrôle des sorties de capitaux telles qu’une supervision accrue des opérations de fusions-acquisitions transfrontalières.

 

L’environnement des affaires continue de pâtir de lacunes

Bien que la transition avec l’administration précédente se soit faite sous le signe de la continuité, le président Xi Jinping bénéficie d’une autorité sans précédent sur le Parti Communiste Chinois (PCC), permise notamment par sa campagne anti-corruption qui vise jusqu’aux plus hautes personnalités du parti. Le 19ème congrès du PCC, qui se tiendra fin 2017, devrait renouveler le mandat du Président pour 5 ans. Néanmoins, le tandem Xi Jinping –Li Keqiang fait face à des tensions à la fois sociales et ethniques. Le pays est marqué par une agitation ouvrière de plus en plus importante.
Tout en réaffirmant la suprématie du PCC, la session du comité central du PCC d’octobre 2014 s’est conclue par des décisions relatives à l’amélioration de l’Etat de droit. De plus, le 5ème plenum du parti communiste, qui s’est tenu en octobre 2015, a mis fin à la politique de l’enfant unique et réaffirmé la volonté des autorités de développer le système de protection sociale. Enfin, des lacunes majeures de gouvernance persistent, notamment en termes d’accès aux bilans des entreprises et surtout de protection juridique des créanciers.

 

Dernière mise à jour : Janvier 2017

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