Les études économiques et analyses risques pays et risques sectoriels Coface
Congo, République démocratique du

Congo, République démocratique du

Population 84,1 millions
PIB par habitant 467 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2015 2016 2017(p) 2018(p)
Croissance PIB (%) 6,9 2,4 2,8 3,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 1,0 18,2 49,8 44,0
Solde public / PIB (%) 0,9 0,1 -0,3 0,6
Solde courant / PIB (%) -3,9 -3,4 -4,6 -2,1
Dette publique / PIB (%) 16,1 16,8 17,0 15,8

 

(p) : prévision

POINTS FORTS

  • Ressources minérales abondantes (cuivre, cobalt, diamant, or, étain)
  • Important potentiel hydroélectrique
  • Mobilisation internationale et coopération régionale pour résoudre les conflits dans la région des grands lacs
  • Annulation de la dette dans le cadre des initiatives PPTE et ADM

POINTS FAIBLES

  • Tensions dans l’Est du pays avec la récurrence des rébellions
  • Crise politique suite à la décision de la Cour Suprême de repousser les élections présidentielles et l’absence de volonté politique de les organiser
  • Très forte dépendance aux cours des matières premières
  • Faiblesse des infrastructures (transports, énergie, télécommunications) et déficit de gouvernance
  • Niveau de pauvreté élevé

Appréciation du risque

Une croissance fragile au sein d’une économie peu diversifiée

La chute des cours des matières premières en 2016 a réduit la croissance du pays. L’activité reste principalement dépendante des prix du cobalt et du cuivre, ainsi que des évolutions politiques et sécuritaires. La production de cuivre a augmenté de 9,3 % les neuf premiers mois de 2017, alors que celle du cobalt a crû de 18 % en tirant partie du cours très favorable sur les marchés internationaux. La forte croissance de la demande mondiale de ce dernier, utilisé pour la production de batteries, serait un moteur de croissance, modérée, en 2018. Le démarrage du Plan National Stratégique de Développement (PNSD) pourrait avoir lieu en 2018 (s’il n’y a pas de blocage politique). Dans ce cadre, un accord a été trouvé avec des entreprises chinoises pour le financement d’infrastructures routières pour un coût de 3 milliards de dollars, ainsi que des infrastructures électriques d’une valeur de 660 millions de dollars dans le but de réduire le déficit énergétique, notamment vis-à-vis du voisin zambien. De plus, l’accord d’exploitation entre la Société Nationale d’Électricité et la plus grande entreprise sud-africaine d’électricité va permettre une plus grande production de cuivre, secteur le plus énergivore du pays. Selon le gouvernement, une plus grande offre d’électricité permettra d’augmenter la production actuelle de cuivre de 20 % à terme. Par ailleurs, la forte inflation, accompagnée d’une dépréciation importante du franc congolais (l’ensemble des biens manufacturés, ainsi que la majorité des denrées alimentaires sont importés), exerceront une forte pression sur le pouvoir d’achat des ménages congolais et, donc, une baisse de la consommation privée (74,8 % du PIB en 2015) est attendue en 2018. Afin de diminuer cette forte pression sur le pouvoir d’achat des ménages, la banque centrale a relevé ces taux directeurs de 7 à 14 % en janvier 2017, puis à 20 % en juin. C’est encore très loin du taux d’inflation.

 

Retour au léger excédent budgétaire et réduction du déficit courant

Le solde budgétaire devrait redevenir légèrement excédentaire en 2018. Les dépenses publiques sont majoritairement (52 %) affectées à la rémunération du personnel. Le respect du budget dépend principalement des frais de fonctionnement (28 % des dépenses), qui ont dépassé les prévisions budgétaires de 152 points de pourcentage en 2016 et de 52 points sur les neuf premiers mois de 2017. Suite à la décision du président J. Kabila de se maintenir au pouvoir, les dons étrangers pourraient diminuer en raison des sanctions potentielles. Cependant, la dette publique, considérablement réduite grâce à son allègement de 83 % en 2010 dans le cadre de l’initiative PPTE du FMI, reste viable et devrait diminuer en 2018.

Le déficit courant devrait baisser en 2018 en raison d’une augmentation des exportations, favorisée par la reprise des cours des matières premières et une croissance de la demande de cobalt. En même temps, les importations devraient diminuer, le pays ne disposant plus du moyen de les financer. Déjà, les revenus des ports congolais, principaux points d’entrée des marchandises ont chuté en 2017. C’est ainsi que les recettes du port de Goma sont passées de 186 millions de francs congolais en 2016 à 99 millions en 2017. La banque centrale ne dispose que de trois semaines d’importations en réserves de change, suite à des cessions de devises ayant pour but de freiner la dépréciation du franc congolais. Dans ce contexte, les sources de financement externe, principalement composées d’IDE et de dons devraient continuer à diminuer.

 

Le report de l’élection présidentielle accentue les troubles

La décision de la Cour Suprême de reporter l’élection présidentielle, initialement prévue en décembre 2016, a permis au président Joseph Kabila (au pouvoir depuis 2001, depuis la mort de son père) de maintenir sa mainmise sur le pouvoir. L’accord de la Saint-Sylvestre entre J. Kabila et l’opposition pour une passation de pouvoir pacifique et l’organisation d’un scrutin électoral avant fin 2017 n’a pas été respecté. En avril 2017, le président a nommé un nouveau premier ministre, Bruno Tshibala, figure mineure de l’opposition. La Commission électorale (CENI) a publié le 5 novembre 2017 un calendrier fixant la date de la présidentielle au 23 décembre 2018, permettant ainsi au président de se maintenir jusqu’en 2019. Selon le régime, le manque de moyens financiers, ainsi que l’impossibilité d’organiser un scrutin au sein de certaines régions (en raison de violences) justifient cette décision. En effet, les élections devraient coûter plus de 500 millions d’euros, alors que les financements étrangers de la CENI sont très en deçà des attentes. Les principaux candidats de l’opposition ont refusé ce calendrier et Moise Katumbi, candidat exilé en Belgique, a prévu un retour à Kinshasa avant 2018. Les troubles se sont particulièrement cristallisés dans la région du Kasai, au sud, où l’insurrection anti-Kabila depuis août 2016 a fait plus de 5 000 morts et 1,5 million de déplacés (dont la moitié est revenue suite à une relative accalmie fin 2017). L’année 2017 a été le théâtre de plusieurs attaques contre la mission de l’ONU en RDC (MONUSCO) qui ont vu la mort de plusieurs casques bleus chargés de la protection des civils. Avec un effectif de 18000 personnes et un coût annuel d’un 1 milliard de dollars, la MONUSCO est la plus grande mission de l’ONU.

L’incertitude politique, la corruption et les faibles performances en matière de gouvernance conduisent à un climat des affaires extrêmement dégradé (١٨٢e sur 190 pays dans le classement Doing Business 2018).

 

Dernière mise à jour : Janvier 2018

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