Les études économiques et analyses risques pays Coface
Côte d'Ivoire

Côte d'Ivoire

Population 23,7 millions
PIB par habitant 1 325 $US
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2014 2015  2016(p) 2017 (p)
Croissance PIB (%) 7,9 8,5 8,0 8,0
Inflation (moyenne annuelle) 0,4 1,2 0,7 1,5
Solde budgétaire / PIB (%) -2,3 -3,0 -4,0 4,5
Solde courant / PIB (%) 1,5 -1,8 -1,8 -2,1
Dette publique / PIB (%) 46,5 48,9 49,0 48,3

 

(p) Prévisions

POINTS FORTS

  • Diversification : hydrocarbures, minerais et richesses agricoles (premier producteur mondial de cacao)
  • Infrastructures en cours de modernisation
  • Amélioration du climat des affaires et de la gouvernance
  • Renforcement de la stabilité politique

POINTS FAIBLES

  • Economie dépendante des aléas climatiques et de l’évolution des cours du cacao, principal produit d’exportation
  • Lacunes encore à combler en matière de gestion des finances publiques, d’infrastructures et d’environnement des affaires, en dépit des progrès accomplis
  • Lents progrès en matière de réconciliation nationale

Appréciation du risque

Une croissance qui reste tirée par les grands travaux publics, l’amélioration du climat des affaires et la normalisation politique

La croissance est demeurée solide en 2016 portée par la poursuite des grands travaux publics de réhabilitation des infrastructures dans le cadre du 2ème Plan national de développement (2016-2020), l’amélioration du climat des affaires et le renforcement de la stabilité politique. Ces facteurs, qui soutiennent l’investissement, ont largement compensé l’impact négatif sur le tourisme de l’attentat perpétré dans la station balnéaire de Grand-Bassam en mars 2016. En outre, les prix garantis aux agriculteurs, la mise en place de la couverture maladie universelle et le relèvement des salaires ont continué à tirer la consommation privée, dans un contexte d’inflation contenue. L’activité devrait rester vigoureuse en 2017, soutenue par l’effort continu dans les infrastructures, des investissements plus nourris dans le secteur agroalimentaire et le logement et une consommation privée toujours dynamique. S’agissant de la production phare du pays, le cacao, la récolte commencée en octobre 2016 s’annonce bonne, après une mauvaise récolte intermédiaire au printemps, due au passage d’El Niňo. Cependant, les cours du cacao ont chuté depuis l’été 2016, passant notamment sous la barre des 2 000 dollars/tonne en février 2017 pour la première fois depuis 2011à New Yorkdu fait de la stagnation de la demande mondiale et de l’ampleur des stocks. Il est à noter qu’en conséquence de la baisse des cours mondiaux, des défauts de paiement sur les contrats d’exportations portant sur 350 000 tonnes de cacao ont été enregistré, la production pour la saison 2016/2017 devrait connaître une croissance moins rapide qu’initialement prévue. Dans ce contexte, le Conseil Café Cacao de Côte d’Ivoire tente de faire repartir les cours en interrompant les ventes par anticipation de la récolte 2017-2018. Par ailleurs, alors qu’elle est en déclin régulier, la production d’hydrocarbures pourrait se redresser dans les années à venir, grâce à la découverte de nouveaux champs et aux investissements projetés.
La croissance demeure exposée aux fluctuations des prix des matières premières et, par ailleurs, encore bridée par la vétusté des infrastructures. Cependant, la reprise de l’activité depuis la fin de la crise post-électorale a permis d’accroître le niveau de vie de la population et de dynamiser la demande intérieure. Pour maintenir une croissance forte, il apparait nécessaire de continuer à développer le secteur exportateur manufacturier (en accroissant l’investissement dans le capital humain et en réduisant les obstacles au commerce transfrontalier), de réduire les inégalités de revenus et d'éviter la mise en œuvre d’une politique budgétaire procyclique.

 

Des déficits courant et budgétaire qui ont tendance à se creuser

Le déficit courant tend à se creuser du fait de la vigueur des importations liées à l’investissement. Les exportations de cacao se replient légèrement depuis leur pic de 2015 tandis que les exportations de pétrole connaissent depuis ces dernières années un recul ininterrompu, ces deux produits représentant encore la moitié des ventes à l’étranger. Le recul des cours de cacao depuis l’été 2016 et qui s’est poursuivi au premier trimestre 2017 devrait également peser sur les revenus d’exportations. A la différence de la balance commerciale, celle des invisibles est déficitaire. Les investissements directs étrangers et les emprunts extérieurs permettent de financer la plus grande partie du déficit courant.
Le déficit budgétaire s’est creusé en 2016, en raison d’une augmentation des dépenses, y compris pour la sécurité, la santé et l'éducation. Afin de préserver la viabilité de la dette publique, acquise depuis l’allégement de dette obtenu par le pays en 2012 au titre de l’initiative PPTE et de l’IADM, les autorités et le FMI ont convenu que le déficit public devra converger vers la norme de l‘UEMOA de 3 % du PIB d’ici 2019. Cela nécessitera d’améliorer la mobilisation des recettes et de contenir les dépenses courantes. Des mesures sont envisagées pour faire face aux risques budgétaires émanant d’entreprises publiques en difficulté. En outre, un accord a été trouvé sur les étapes d’une accélération de la restructuration des banques et entreprises publiques. Néanmoins, avec la baisse des cours du cacao depuis l’été 2016, les prévisions de revenus ne devraient pas être atteintes en 2017. Les primes cédées aux mutins de janvier 2017 auxquels s’ajoutent les concessions du gouvernement aux différents syndicats de fonctionnaires pour apaiser la grogne sociale et mettre fin à trois semaines de grève (en janvier également) pèseraient également sur le déficit. En conséquence, le solde public devrait donc se détériorer en 2017. De plus, la question du stock des arriérés de salaire de fonctionnaires n’est, pour l’heure, pas résolue et pourrait dégrader le solde budgétaire 2017.

 

Une stabilité politique renforcée mais fragilisée par un climat social tendu

L’élection présidentielle d’octobre 2015 a vu la réélection, sans heurts, du président sortant Alassane Ouattara, pour un mandat de cinq ans, et permis de tourner définitivement la page des violences qui ont ensanglanté le pays à la suite de l’élection présidentielle de 2010. Une partie de l’opposition avait toutefois appelé au boycott au nom de sa fidélité à l’ex-président Gbagbo (en cours de jugement par la Cour pénale internationale). Le chef de l’Etat a fait adopter une nouvelle constitution par référendum fin octobre 2016 qui prévoit la création d’un poste de vice-président et d’un Sénat et évacue le concept d’« ivoirité » en clarifiant les conditions d’éligibilité du président.
La large victoire du Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP - 167 sièges sur 255), coalition de cinq partis politiques, aux élections législatives de décembre 2016 devrait permettre au Président Ouattara de poursuivre les réformes qui ont soutenu la croissance ivoirienne au cours des cinq dernières années.
La réconciliation entre les Ivoiriens n’est néanmoins pas achevée. Le référendum et les législatives de 2016 ont été boycottés par l’opposition et le taux de participation lors des deux scrutins a été faible. De plus, la coalition pourrait commencer à se fracturer au sujet de la succession d’Alassane Ouattara, dont le second et dernier mandat prendra fin en 2020. En outre, les jeunes et les couches pauvres de la population urbaine tirent peu de bénéfice de la croissance. Le manque de travail, la qualité insuffisante des services publics et la corruption perçue demeurent de nature à alimenter les tensions sociales. Les grèves dans la fonction publique en janvier 2017, reconduites par une partie des syndicats deux mois plus tard illustre le climat social tendu. Les mutineries qui ont éclaté en janvier 2017 au sein de l’armée ivoirienne, afin de réclamer des primes, altèrent l’image du redressement ivoirien et témoignent que la guérison du tissu social n’est pas encore acquise.

 

 

 

Dernière mise à jour : Avril 2017

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