Les études économiques et analyses risques pays et risques sectoriels Coface
Croatie

Croatie

Population 4,2 millions
PIB par habitant 12165 $US
A4
Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2015 2016 2017(p) 2018(p)
Croissance PIB (%) 2,2 3,0 3,1 2,8
Inflation (moyenne annuelle, %) -0,3 -0,6 1,3 1,6
Solde public / PIB (%) -3,3 -0,9 -0,9 -0,9
Solde courant / PIB (%) 4,6 2,3 3,0 2,0
Dette publique / PIB (%) 85,4 82,9 80,0 78,0

 

(p) : prévision

POINTS FORTS

  • Hydroélectricité couvrant 75 % des besoins électriques
  • Attractivité touristique et longue façade maritime
  • Potentiel pétrolier et gazier
  • Ancrage de la kuna à l’euro
  • Qualité des infrastructures

POINTS FAIBLES

  • Endettement privé et public élevé
  • Administration et justice manquant d’efficacité
  • Incertitude sur la résolution du cas Agrokor, première société et employeur du pays
  • Faible développement industriel / manque de compétitivité
  • Exportations manufacturières (22 % du PIB) à moyenne ou faible valeur ajoutée
  • Mauvaise absorption des fonds européens / Complexité administrative / Corruption
  • Faible participation des femmes et chômage des jeunes
  • Émigration soustrayant de la main d’œuvre qualifiée

Appréciation du risque

Activité soutenue

L’économie devrait enregistrer une troisième année faste en 2018, portée par la demande domestique et étrangère. Même si l’effet de la baisse d’imposition de 2017 devrait s’estomper, la consommation des ménages profitera de la bonne orientation de l’emploi et des rémunérations, de la reprise du crédit et des retombées touristiques. L’investissement public, notamment dans l’énergie et les transports, bénéficiera d’une meilleure absorption des fonds européens, tandis que l’investissement privé progresserait modérément pour cause d’endettement élevé des entreprises (80 % du PIB), malgré la reprise du crédit et les besoins accrus du tourisme. Ce dernier (25 % du PIB) continuerait de profiter de la désaffection pour plusieurs pays méditerranéens, tandis que les exportations de marchandises (bois, lingerie, chaussures, transformateurs électriques, turbines, pièces auto, bateaux, médicaments, électricité) bénéficieront de la conquête des marchés européens bien orientés. En outre, pour maintenir la compétitivité du tourisme, la banque centrale devrait œuvrer pour la stabilité de la kuna en intervenant sur les marchés et en maintenant une politique monétaire en phase avec celle de la BCE. Cependant, la contribution des échanges à la croissance pourrait être négative, car les importations seront dopées par la demande intérieure. Le règlement de la faillite d’Agrokor ne devrait pas avoir d’impact négatif notable, sauf s’il devait intervenir de manière désordonnée, auquel cas les fournisseurs locaux et leurs salariés pourraient être affectés.

 

Une consolidation budgétaire à poursuivre

Le pays est sorti de la procédure européenne pour déficit excessif. Les comptes publics sont proches de l’équilibre, même excédentaires (solde primaire) si l’on exclut les intérêts de la dette. Au-delà d’une meilleure maîtrise des dépenses courantes, l’amélioration repose beaucoup sur l’effet bénéfique du retour de la croissance sur les recettes. Cela relativise l’amélioration et introduit une fragilité conjoncturelle. La facture des salaires reste élevée, et un accord devrait l’augmenter en 2018. De même, les transferts sociaux, pas assez ciblées sur les plus nécessiteux, les pensions militaires, les dépenses de défense et de santé augmenteraient aussi. Côté recettes, l’annulation de prêts non performants par les banques, sans parler de l’éventuel coût d’un traitement désordonné de la faillite d’Agrokor, pèsera sur le produit de l’impôt sur les sociétés. En face, les autorités devraient bénéficier d’une progression de l’absorption des fonds européens et des cotisations sociales, ainsi que de la baisse du coût de l’endettement. Cependant, l’excédent primaire et la croissance suffisent pour entraîner un lent allègement de la lourde dette libellée pour les ¾ en euros et en grande partie détenue par des investisseurs institutionnels domestiques, dont les banques à 90 % filiales de groupes autrichiens et italiens. Les progrès sont rendus ardus par l’importance de l’économie informelle (28 %) et de nombreuses entreprises publiques, parfois peu ou pas rentables qui emploient 13 % de la population active.

 

Indispensables tourisme et fonds européens

La balance courante dégage un excédent depuis 2013. Celui-ci recouvre un large déficit (17 % du PIB en 2017) des échanges de biens compensé par les recettes touristiques (20 %). Toutefois, l’excédent courant devrait diminuer en 2018. Le dynamisme des exportations et du tourisme sera surpassé par le rebond des importations lié à la difficulté pour l’industrie locale de répondre à la demande et au contenu élevé en importations des exportations. Par ailleurs, la somme des transferts des expatriés et des fonds européens approchera les sorties de dividendes et d’intérêts. Les investissements directs étrangers (4 % du PIB en 2016) émanant de l’Union européenne, auparavant concentrés dans le secteur bancaire, s’effectuent dans l’immobilier, l’énergie et la chimie, répondant aux besoins de développement du tourisme et des ressources en énergie. La dette extérieure représentait 78 % du PIB fin juillet 2017. Surtout libellée en euro, elle représente un risque de change pour les entreprises non financières (40 % de l’encours), le secteur public (30 %), ainsi que pour les banques (8 %, en nette diminution). Toutefois, le risque est minoré par l’ancrage de la kuna à l’euro, contrepartie de la forte « euroisation » (près de 60 %) de l’économie.

 

Forte opposition aux réformes

Moins d’un an après les précédentes, les élections anticipées de septembre 2016 ont ramené au pouvoir la coalition formée par l’Union démocratique (HDZ) de centre droit et le parti réformiste MOST (« le Pont »). Cette coalition s’est rapidement disloquée sur le programme de réformes. Le premier ministre et chef du HDZ Andrej Plenkovic est parvenu à en former une nouvelle avec les libéraux du Parti populaire (HNS). Disposant de 78 sièges (dont 61 pour HDZ) sur 151, elle est fragile. Le programme de réformes vise la restructuration de l’administration et des entreprises publiques (1/3 des emplois), au besoin par les privatisations et les réductions d’effectifs, la révision des avantages sociaux et du système de retraite, la réforme du système hospitalier. Il soulève de l’opposition, non seulement chez les socio-démocrates du SDP, mais aussi au sein de HDZ. Le refus de la sentence de la Cour permanente d’arbitrage accordant un accès à la mer à la Slovénie à travers la baie de Piran, la construction du pont de Peljesac permettant de relier le nord et le sud du littoral croate en enjambant l’unique accès maritime de la Bosnie, ainsi que la gestion du cas Agrokor font plus consensus.

 

Dernière mise à jour : Janvier 2018

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