Les études économiques et analyses risques pays Coface
Croatie

Croatie

Population 4,2 millions
PIB par habitant 11572 $US
B
Evaluation des risques pays
A3
Environnement des affaires
Changer de pays
Comparer les pays
Vous avez déjà sélectionné ce pays.
0 pays sélectionnés
Vider
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Comparer

Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2014 2015  2016(p) 2017(p)
Croissance PIB (%) -0,5 1,6 2,6 2,4
Inflation (moyenne annuelle) -0,2 -0,3 -1,0 0,7
Solde budgétaire / PIB (%) -5,4 -3,3 -2,2 -2,0
Solde courant / PIB (%) 1,1 5,3 3,3 2,5
Dette publique / PIB (%) 86,5 86,7 86,0 85,0

(p) Prévisions

POINTS FORTS

  • Convergence sociale avancée : PIB par tête (en PPA) = 63 % de la moyenne européenne
  • Hydroélectricité couvrant 75 % des besoins électriques
  • Attractivité touristique et longue façade maritime
  • Potentiel pétrolier et gazier
  • Ancrage de la kuna à l’euro
  • Qualité des infrastructures

POINTS FAIBLES

  • Faible développement industriel / manque de compétitivité
  • Faible sophistication des exportations qui ne représentent que 24 % du PIB
  • Tourisme de masse
  • Importante économie informelle
  • Dette extérieure privée élevée
  • Peu de marges de manœuvre budgétaire et monétaire (forte euroisation)
  • Faible absorption des fonds européens / Mauvaise gestion locale
  • Taux de chômage élevé (15 %, 44 % chez les jeunes) et faible participation (50 %)

Appréciation du risque

Confirmation de la reprise fondée sur la demande intérieure et le tourisme étranger

Après six années de récession, la Croatie a bénéficié d’une faible croissance en 2015. Cette reprise s’est amplifiée en 2016 avec l’envolée du tourisme et le rebond de la demande intérieure. La croissance devrait être du même ordre en 2017 : le tourisme (20 % du PIB) continuerait de profiter des déboires de plusieurs pays méditerranéens. Par contre, la contribution des échanges de biens à la croissance pourrait être négative, car le dynamisme des ventes (bois, lingerie, chaussures, transformateurs électriques, turbines, pièces auto, bateaux, médicaments, électricité,) lié à l’intégration dans l’UE s’émousserait, alors que les importations seraient dopées par la vigueur de la demande intérieure. L’investissement public, notamment dans l’énergie, bénéficierait d’une meilleure absorption des fonds européens, tandis que l’investissement privé progresserait timidement, du fait de l’endettement des entreprises (80 % du PIB), sur fond de reprise du crédit, de réduction de l’incertitude politique, de baisse de l’impôt pour les PME et des besoins accrus du tourisme. La meilleure orientation de l’emploi, les retombées touristiques et un probable allègement de l’imposition des revenus continueraient de soutenir la consommation des ménages, même si le retour (timide) de l’inflation est susceptible de calmer les ardeurs.

 

Des comptes publics fragiles malgré l’amélioration pilotée par Bruxelles

Le pays devrait sortir de la procédure européenne pour déficit excessif. Les comptes publics, qui s’étaient détériorés avec la contraction de l’activité depuis la crise, s’améliorent lentement. Grâce à un ajustement axé sur les dépenses, la voie des recettes étant fermée par le niveau élevé des prélèvements (44 % du PIB), le déficit est passé sous les 3 % en 2016, permettant de dégager un excédent primaire (c.à.d. hors intérêts de la dette). Cet excédent et la croissance entraînent un lent allègement de la lourde dette libellée pour les trois-quarts en euros et en grande partie détenue par des investisseurs institutionnels domestiques, dont les banques à 90 % filiales de groupes autrichiens et italiens. Les progrès sont rendus ardus par l’importance de l’économie informelle (28 %) et de nombreuses entreprises publiques, parfois peu ou pas rentables, subventionnées à hauteur de 1,5 % du PIB, et qui emploient 13 % de la population active.

 

Le tourisme et les fonds européens indispensables à l’équilibre extérieur

La balance courante est excédentaire depuis 2013. La forte progression de 2015 s’explique par la chute des sorties de dividendes liée aux pertes enregistrées par les filiales de banques étrangères suite à la conversion des prêts des ménages du franc suisse à l’euro. L’excédent recouvre un large déficit (15 % du PIB en 2015) des échanges de biens compensé par l’excédent touristique. Toutefois, il devrait diminuer, car la reprise de la demande interne s’accompagne d’un rebond des importations, alors que l’industrie manufacturière locale peine à répondre à la demande. La somme des transferts des travailleurs étrangers et des fonds structurels européens excèdent les sorties de dividendes et d’intérêts. Les investissements directs étrangers (IDE), modestes, émanant de l’Union européenne, auparavant concentrés dans le secteur bancaire, s’effectuent dans la construction, l’immobilier, l’énergie et la chimie, ce qui répond aux besoins de développement du tourisme et des ressources en énergie. Grâce à l’excédent courant, la dette extérieure brute, qui représentait 97 % du PIB à fin juin 2016, s’allège depuis 2015. Surtout libellée en euro, elle représente un risque de change pour le secteur public (42 % de l’encours), ainsi que pour les entreprises non financières (35 %) et les banques (15 %). Toutefois, le risque est minoré par le fait que les réserves de change couvrent largement sa fraction exigible à court terme, ainsi que par l’ancrage de la monnaie locale, la kuna, à l’euro, contrepartie de la forte « euroisation » (70 %) du crédit.

 

Le vaste programme de réformes du secteur public suscite l’opposition

Moins d’un an après les précédentes, les élections anticipées de septembre 2016 ont ramené au pouvoir la coalition formée par l’Union démocratique (HDZ) de centre droit et le parti réformiste MOST (« le Pont »). Elle dispose de 75 sièges (dont 61 pour HDZ) sur 151 et du soutien des élus des minorités ethniques (12 sièges). Le nouveau premier ministre et chef du HDZ Andrej Plenkovic, contrairement à son prédécesseur, veut se concentrer sur la réforme économique et administrative, l’amélioration des relations avec la Serbie et la Bosnie Herzégovine, et abandonner le discours populiste et nationaliste qui avait contribué à la chute du précédent gouvernement après 5 mois d’exercice. Le programme de réformes reste centré sur la restructuration de l’Administration et des entreprises publiques (1/3 des emplois), au besoin par les privatisations et les réductions d’effectifs, la révision des avantages sociaux et du système de retraite, la réforme du système hospitalier. La tenue des élections régionales en mai 2017 risque de retarder la mise en œuvre. Alors que le MOST se veut le gardien de l’orthodoxie, les élus du HDZ sont sensibles au coût social.

 

Dernière mise à jour : Janvier 2017

Haut de page
  • Français