Les études économiques et analyses risques pays et risques sectoriels Coface
Cuba

Cuba

Population 11,5 millions
PIB par habitant 7811 $US
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2015 2016 2017(p) 2018(p)
Croissance PIB (%) 4,4 -0,9 -0,4 1,3
Inflation (moyenne annuelle, %) 4,6 4,5 5,2 5,9
Solde public / PIB (%) -5,5 -6,3 -11,0 -8,9
Solde courant / PIB (%) 0,7 0,9 0,6 0,7
Dette publique / PIB (%) 39,7 42,5 48,2 51,2

 

Sources : EIU, gouvernement, Coface (p) : prévision

POINTS FORTS

  • Secteurs touristique et minier (nickel, cobalt) et potentiel agricole (sucre, tabac)
  • Ouverture au secteur privé individuel et coopératif de l’agriculture, du commerce, de la restauration et de la construction (plus de 200 métiers)
  • Main d’œuvre qualifiée et peu onéreuse
  • Secteurs médical et éducatif de qualité
  • Indicateurs sociaux relativement satisfaisants
  • Faible criminalité et lutte contre la corruption
  • Accord de dialogue et de coopération avec l’Union européenne depuis le 1er novembre 2017, débouchant déjà sur des IDE

POINTS FAIBLES

  • Vulnérabilités externes (climat, prix des matières premières, aide vénézuélienne)
  • Faible productivité du secteur public et de l’agriculture
  • Faiblesse de l’investissement et infrastructures défaillantes
  • Processus administratif très lourd et règlementation commerciale encore très récente
  • Contrôle de l’État sur le commerce de gros, le crédit, ainsi que les échanges extérieurs et les investissements étrangers
  • Subventions sur les produits de base (ceux figurant dans la « libreta » ou carnet de rationnement) pesant sur les dépenses publiques
  • Accès réduit aux financements extérieurs
  • Éloignement du taux de conversion de la réalité qui entretient le dualisme de l’économie, le marché noir, l’économie de rationnement et le secteur informel
  • Manque de transparence statistique

Appréciation du risque

Activité soumise aux aléas extérieurs

La croissance ne devrait connaître qu’une faible hausse en 2018, car toujours contrainte par des facteurs exogènes. Les mauvaises conditions économiques et politiques au Vénézuéla continueront de peser sur la croissance du pays en restreignant les livraisons de pétrole brut, dont le raffinage constitue une source importante de devises. Le retour des tensions entre Cuba et les États-Unis, après les allégations d’attaques phoniques contre des membres du corps diplomatique américain, a mené à la réinstauration de sanctions en novembre 2017. Les voyages touristiques individuels pour les citoyens américains sont de nouveau restreints et une liste noire d’entreprises proches de l’armée a été établie. Le retour de ces sanctions a mené une agence de notation à modifier sa perspective de positive à stable sur sa note souveraine Caa2. L’impact des destructions liées à l’ouragan Irma (fin septembre 2017) devrait, en revanche, s’estomper, et les secteurs touristique et agricole devraient repartir à la hausse. Le nombre de visiteurs sur l’île a battu, en 2017, le record de 2016, avec plus de 4 millions d’entrées. Le secteur devrait continuer à croître malgré les nouvelles sanctions, les touristes américains ne représentant que 7 % du total en 2016. Du point de vue des investissements, le gouvernement cubain intensifie ses efforts avec une liste annuelle de projets dans lesquels les investisseurs étrangers peuvent investir (396 projets en 2017). Une zone économique spéciale a même été établie sur le port de Mariel, afin de développer les industries biotechnologiques, agro-alimentaires et énergétiques (énergies renouvelables). La consommation des ménages devrait bénéficier des retombées positives de l’activité touristique sous forme d’emplois et d’une hausse des transferts des expatriés vivant pour la plupart aux États Unis. L’inflation devrait rester dans la moyenne des années précédentes, autour de 5 %, puisque la plupart des prix et des salaires sont contrôlés par l’État. Enfin, les exportations nettes contribueront négativement à la croissance avec un cours du sucre encore très bas, le nickel en deçà de ses niveaux historiques et une moindre production de pétrole raffiné.

 

Conditions extérieures influençant les comptes public et courant

L’explosion du déficit public observée en 2017 suite à l’ouragan Irma devrait commencer à se résorber en 2018. La baisse de l’aide vénézuélienne, la réduction des exportations de services (éducation, santé) vers le Vénézuéla, l’Angola et le Brésil, ainsi que le faible cours du sucre, pèsent fortement sur les comptes publics, alors même que les dépenses devraient augmenter à l’approche des élections. Le gouvernement compte sur le développement contrôlé du tissu économique non-étatique, afin d’augmenter les recettes fiscales. La dette publique a augmenté au cours des dernières années, mais les données manquent pour analyser sa structure. L’accord de décembre 2015 avec le Club de Paris a ouvert la voie à des restructurations bilatérales suite au défaut de 1986, avec un effacement des arriérés de paiement d’intérêts, un échelonnement du paiement du principal de la dette initiale sur dix-huit ans et une période de grâce pour le paiement d’intérêts jusqu’en 2020. Du côté du compte courant, la balance commerciale est déficitaire, le pays étant très dépendant des importations (alimentaires et énergétiques). La baisse de l’activité vénézuélienne devrait peser sur les exportations, obligeant Cuba à acheter le pétrole brut à prix de marché pour son industrie de raffinage. Toutefois, la hausse du nickel devrait en partie compenser cette baisse des recettes pétrolières. Les services devraient être excédentaires, dynamisés par la croissance du secteur touristique. Les flux de remises des émigrants installés aux États-Unis constituent une source importante de financement et une source d’approvisionnement en devises étrangères. Enfin, le projet d’unification des deux monnaies cubaines, le peso convertible aligné sur le dollar (dédié aux touristes et aux transferts des émigrés) et le peso domestique (24 CUP pour 1 USD) dans lequel les salaires et les biens produits localement sont libellés, est encore incertain.

 

Vers un renouvellement politique et diplomatique

En 2018, la classe politique cubaine devrait se renouveler à l’issue de l’élection présidentielle de février qui signera le retrait de Raoul Castro de la fonction suprême (nouvelle limite de deux mandats). Les élections municipales du 26 novembre 2017 ont lancé le cycle électoral, avec une attention particulière du pouvoir à limiter la participation de candidats dissidents, afin de ne pas troubler la désignation du nouveau chef de l’État (élu par l’Assemblée parlementaire dont les membres sont désignés par les élus locaux, avant d’être confirmés lors des élections législatives). L’actuel vice-président Miguel Diaz-Canel est pressenti pour prendre la suite de Raoul Castro, ce dernier restant le chef du Parti communiste cubain. L’armée restera omniprésente, tant dans les institutions que dans l’économie, limitant le risque d’instabilité. Par ailleurs, la stratégie diplomatique cubaine a récemment évolué, cherchant de nouveaux alliés pour faire face au défaut du Vénézuéla. Entré en vigueur le 1er novembre 2017, le nouvel accord entre Cuba et l’Union européenne facilitera le dialogue et la coopération entre Cuba et le vieux continent. Les relations avec la Russie sont aussi devenues plus étroites, avec un envoi important de pétrole brut, et une participation aux projets d’infrastructures énergétiques et ferroviaires.

 

Dernière mise à jour : Janvier 2018

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