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Djibouti

Djibouti

Population 1 million
PIB par habitant 1 903 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2015 2016 2017(p) 2018(p)
Croissance PIB 6,5 6,3 6,9 7,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 2,1 3,3 2,9 3,0
Solde public / PIB (%) -21,7 -15,8 -1,5 -0,6
Solde courant / PIB (%) -31,8 -28,6 -21,6 -19,0
Dette publique* / PIB (%) 72,1 86,6 88,1 87,5

 

* dette garantie par l’État inclue (p) : prévision

POINTS FORTS

  • Processus de modernisation des infrastructures
  • Émergence du pays en tant que plateforme commerciale, logistique et militaire régionale
  • Afflux d’importants investissements directs étrangers
  • Position géostratégique à l’entrée de la Mer Rouge et soutien de la communauté internationale

POINTS FAIBLES

  • Risque élevé de surendettement
  • Dépendance croissante à l’égard de l’Ethiopie et de la Chine
  • Pauvreté et chômage endémiques
  • Environnement des affaires difficile
  • Aridité du climat

Appréciation du risque

La croissance, grâce à l’activité portuaire, récolte les fruits de l’investissement

En 2018, la croissance du pays devrait continuer à être tirée par les importants investissements, particulièrement dans les transports et les services publics, et les retombées économiques des projets récemment menés à leur terme. En effet, bénéficiant d’une localisation géographique stratégique et d’un port en eau profonde, le pays entend devenir un pivot du transport intermodal en Afrique de l’Est. Situé sur la deuxième route d’expédition la plus fréquentée au monde (20 % des exportations mondiales ; 10 % du transit pétrolier), le port polyvalent de Doraleh, officiellement lancé en juin 2017 après des travaux de modernisation qui s’élèvent à 590 millions de dollars, participera au renforcement commercial de Djibouti en 2018. Les ports de Tadjourah et de Goubet, inaugurés quelques semaines après celui de Doraleh, dotent le pays des infrastructures nécessaires pour accélérer les exportations de potasse et de sel. Ces infrastructures se connectent à un réseau de transport qui comprend, notamment, la ligne de chemin de fer Djibouti – Addis-Abeba. Prévue pour fin 2018, l’achèvement de la construction de la zone franche Djibouti Silk Road Station, financée par l’investissement chinois, devrait stimuler l’activité du secteur privé et les flux d’IDE. Outre les transports, d’autres industries du secteur tertiaire se distingue, à commencer par celui de la construction, portée par les projets d’infrastructure qui fleurissent notamment dans le domaine des énergies renouvelables comme la construction d’une centrale solaire et les forages d’exploration, qui débuteront en 2018, visant à exploiter le potentiel géothermique. Malgré la vigueur de la croissance économique ces dernières années, la pauvreté et le chômage demeurent endémiques. Les créations d’emplois ont, en effet, principalement bénéficié aux travailleurs expatriés, les qualifications manquant aux locaux. De plus, avec une économie essentiellement centrée sur les transports et services connexes, Djibouti est exposé à un ralentissement des flux commerciaux dans la région, particulièrement en Éthiopie, dont il gère 95 % des importations. L’environnement sécuritaire et politique instable en Somalie, en Erythrée et au Yémen l’y expose d’autant plus. Un ralentissement économique de la Chine, qui finance la majorité des projets d’investissement, pénaliserait également la croissance djiboutienne.

En 2018, grâce notamment à l’ancrage du Franc Djibouti au dollar, l’inflation devrait rester modérée.

 

Déficits jumeaux et surendettement en héritage

Les investissements consentis sur la période 2014-2016 ont exercé une pression considérable sur le budget de l’État. Les ratios de déficit budgétaire se sont toutefois améliorés en 2017 grâce à un contrôle des dépenses courantes, mais surtout grâce à une réduction des dépenses d’investissement en capital. Ces dernières, après avoir atteint un pic de près de 36 % du PIB en 2015 devraient être contenues à moins de 8 % en 2018, permettant de poursuivre la dynamique de réduction du déficit. Néanmoins, le recouvrement des recettes, encore déficient, n’augmenterait que modestement. De plus, l’augmentation du service de la dette absorberait une partie de la hausse des revenus.

Le déficit du compte courant devrait se réduire grâce à une augmentation plus rapide des flux d’exportations que de ceux d’importations. En effet, les exportations bénéficieront notamment de l’achèvement des projets portuaires, tandis que les importations de biens d’équipement devraient ralentir en lien avec la décélération des dépenses d’investissement en capital.

Financés par de la dette non-concessionnelle, contractée majoritairement auprès de la Chine, ou faisant l’objet de PPP avec garantie de l’État, les projets d’investissements ont fait plonger tous les ratios d’endettement dans le rouge. La construction du port polyvalent, de la ligne Djiouti - Addis-Abeba et du pipe-line d’acheminement d’eau Ethiopie-Djibouti ont particulièrement alourdi le fardeau de la dette, faisant courir un risque élevé de surendettement.

 

Djibouti, avant-poste de la lutte internationale contre le terrorisme et la piraterie

Le président Ismaël Omar Guelleh (IOG), qui tient fermement les rênes du pouvoir depuis 1999, a été conforté par sa réélection en avril 2016. Face à une opposition fragmentée et régulièrement intimidée, son parti, le Rassemblement populaire pour le progrès, ne devrait pas être menacé dans l’optique des élections législatives de février 2018. Les accusations de clientélisme et de corruption dont IOG et son administration font régulièrement l’objet ne sont qu’une partie d’un environnement des affaires déficient, notamment dans l’exécution des contrats, l’accès au crédit et la protection des investisseurs.

En dépit de cela, Djibouti, grâce à sa position stratégique, bénéficie du soutien de nombreuses puissances internationales. La Chine y a notamment inauguré sa première base militaire à l’étranger en 2017. L’implantation militaire de l’Empire du Milieu s’ajoute, entre autres, à celle de la France, des États-Unis et du Japon. Les enjeux stratégiques présentés par le détroit de Bab el-Mandeb et la proximité avec les régions en crise d’Afrique et du Moyen-Orient font de Djibouti un avant-poste militaire essentiel dans la lutte contre la piraterie et le terrorisme.

 

Dernière mise à jour : Janvier 2018

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