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Egypte

Egypte

Population 90,2 millions
PIB par habitant 3685 $US
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2015 2016 2017(p) 2018(p)
Croissance PIB (%) 4,3 4,1 4,5 4,9
Inflation (moyenne annuelle, %) 10,2 23,9 22.1 14,0
Solde public / PIB (%)* -12.5 -10.8 -8,8 -7,1
Solde courant / PIB (%) -6,0 -5,8 -4,6 -4,0
Dette publique / PIB (%) 96,6 98,4 88,7 87,9

 

*Années fiscales de juin à juin (p) : prévision

POINTS FORTS

  • Potentiel touristique
  • Dette extérieure gérable
  • Soutien politique et financier des monarchies du Golfe et de pays occidentaux
  • Programme d’appui du FMI
  • Gisements gaziers importants

POINTS FAIBLES

  • Pauvreté (40 % de la population) et chômage élevés
  • Récurrence des problématiques sécuritaires dans le Sinaï
  • Déficits jumeaux
  • Système bancaire vulnérable au risque souverain

Appréciation du risque

Augmentation de la croissance en 2018

La croissance égyptienne s’est renforcée au cours du premier semestre 2018 et devrait continuer à se montrer dynamique. Alors que l’investissement et les exportations sont restés les principaux moteurs de l’activité, la consommation a montré des signes de reprise favorisée par une baisse de l’inflation. La dépréciation de la devise a accru la compétitivité des exportations, ces dernières croissant de 7% au 1er semestre 2018 L’appui du FMI continuera de nourrir la confiance entreprises, mais nonobstant les IDE devraient diminuer. Le secteur gazier continuera de concentrer une grande partie des investissements, aussi bien étrangers que domestiques. Technip et Minor devraient ainsi investir 1,7 Mds de dollars dans le projet d’extension d’une raffinerie du groupe Minor et les autorités égyptiennes entendent utiliser une partie du prêt de 1,5Mds de dollars contracté auprès de l’African Exim Bank pour investir dans des projets pétroliers. La croissance dans le secteur des hydrocarbures (+20 % au quatrième trimestre 2017) devrait, en outre, bénéficier au secteur manufacturier qui peine à redémarrer. L’indice des directeurs d’achat (PMI) a enregistré une amélioration sur les huit derniers mois de 2018, mais sans pour autant dépassé le seuil d’expansion économique.

Poursuite de la consolidation budgétaire

Les efforts de consolidation budgétaire dans le cadre du programme du FMI devraient entraîner une résorption progressive du déficit public à court terme. Ce dernier a faiblement baissé en 2017/2018, mais devrait diminuer plus significativement en 2018 /19. L’augmentation de la TVA de 13 à 14 % en juillet 2017 et la hausse des taxes douanières, les principales ressources, ont permis un léger accroissement des recettes budgétaires. La maîtrise des dépenses publiques a bénéficié de la modération de la masse salariale grâce à une désindexation des bonus des fonctionnaires. Toutefois, en dépit d’une baisse de la participation de l’Etat dans le financement du carburant (hausse du prix de 50 % en juin 2017), la suppression des subventions prévue en 2017 a été reportée à 2018, le gouvernement ayant fait le choix d’absorber le surcoût lié aux chocs de change et du renchérissement sur les produits réglementés et énergétiques. Une baisse des subventions du prix de l’électricité, mais aussi des transports, devrait intervenir sur la deuxième partie de l’année. Alors que le déficit primaire (c.-à-d. hors intérêts de la dette) a diminué en 2017, la dépréciation de la livre égyptienne et la hausse des taux d’intérêt domestiques ont entraîné un accroissement du service de la dette qui reste le troisième poste le plus important de dépenses. Caractérisée par de courtes maturités, la dette reste principalement domestique. Elle pourrait, de ce fait, être pénalisée par un nouveau resserrement de la politique monétaire de la banque centrale (BCE), tandis que l’augmentation de sa part extérieure, suite au prêt du FMI et aux deux émissions obligataires de 2017 (USD7mds) accroît son exposition au risque de change et à la remontée des taux de la FED . La poursuite de la consolidation budgétaire en 2018/19 devrait permettre de dégager un excédent primaire de 0,4% et d’infléchir encore la trajectoire de l’endettement public dont le niveau reste élevé.

La dépréciation liée au passage à un taux de change flottant en novembre 2016 a permis, après une période d’ajustement, de réduire le déséquilibre externe. La hausse des exportations, des redevances du canal, des recettes touristiques et des transferts des expatriés s’est traduite par une baisse du déficit courant. Les exportations devraient continuer de progresser en 2018 à la faveur des gains de compétitivité-prix et de l’accroissement de l’extraction de gaz, cette dernière permettant, en outre, de réduire la facture des importations d’énergie. Le déficit courant continuera d’être financé par l’excédent du compte de capital qui profite de la hausse des IDE et des investissements de portefeuille.

Election en 2018

Sans réelle opposition, le maréchal Abdelfattah El Sissi a été reconduit sans surprise à la tête de l’Etat égyptien en remportant 97% des voix lors de l’élection présidentielle d’avril 2018. En effet, le maréchal ne fut confronté qu’à un unique opposant, Moussa Mostafa Moussa qui affichait son soutien au président. Le manque d’enjeux de la présidentielle s’est également reflété dans la participation au scrutin présidentielle qui est restée relativement faible, autour de 41%. La réélection du président Sissi devrait lui permettre de poursuivre la politique menée lors de ses précédents mandats, aussi bien économique, avec la poursuite du soutien à l’investissement, que sécuritaire. En juin 2018, un nouveau gouvernement a été nommé avec de nouvelles figures aux postes clés de la défense et de l’intérieur, laissant présager une consolidation du tournant sécuritaire. Le pays continue de faire face à une menace terroriste constante dans le Sinaï en proie à une insurrection de groupuscules liés à l’Etat islamique. Mais ce renforcement de la politique sécuritaire à l’encontre des mouvements terroristes s’est étendu à toutes les formes d’opposition politique, en particulier celle issue de la révolution. Le régime sécuritaire du président est souvent dénoncé pour son non-respect des droits humains et pour la répression, mais il reste un pivot de la stabilité régionale et de la lutte contre le terrorisme, ce qui lui permet de jouer un rôle de premier plan au Moyen Orient et de maintenir des relations étroites aussi bien avec l’Europe qu’avec les Etats-Unis. L’Egypte a été le principal médiateur dans le rapprochement entre le Hamas et l’Autorité palestinienne. Le pays s’est également rangé du côté de l’Arabie saoudite dont il est un allié dans la crise qatarie, puisqu’il fait partie des pays arabes autres que ceux de la CCG boycottant l’Emirat.

 

 

Dernière mise à jour : juillet 2018

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