Les études économiques et analyses risques pays Coface
Érythrée

Érythrée

Population 6,5 millions
PIB par habitant 590 $US
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2013  2014 2015 (p) 2016 (p)
Croissance PIB (%) 1,3 1,7 1,3 2,4
Inflation (moyenne annuelle) 13,0  12,2 10,1 13,4
Solde budgétaire / PIB (%)  -11,7  -12,7 -13,5 -11,1
Solde courant / PIB (%)  -5,6  -7,7 -6,5 -7,5
Dette publique / PIB (%)  130,4 132,1 136,2 135,3

 

(e) Estimations (p) Prévisions

POINTS FORTS

  • Importantes ressources minières (potasse, cuivre, or, argent, zinc)
  • Position stratégique le long de la mer Rouge

POINTS FAIBLES

  • Lourds déficits publics et extérieurs
  • Niveau d’endettement critique
  • Pays au ban de la communauté internationale
  • Situation préoccupante des droits de l’homme
  • Climat des affaires très difficile

Appréciation du risque

Une croissance dépendante du secteur minier

Après avoir augmenté en 2014, grâce au dynamisme de la consommation publique et de l’investissement dans le secteur minier, la croissance a ralenti en 2015 en raison d’un arrêt temporaire de la production de cuivre. La mine de Bisha a dû, en effet, faire face à des problèmes techniques et des pénuries de carburant. Cette mine constitue actuellement la principale source de revenus de l’Etat (via les taxes et sa participation de 40%), le cuivre étant, par ailleurs, le premier poste d’exportation du pays (30% du total des ventes à l’étranger en 2014), devant les produits de la mer. La consommation privée, bien qu’elle puisse tirer un certain soutien des transferts de la diaspora, demeure dépendante des aléas climatiques, 70% de la population active tirant l’essentiel de ses revenus de l’agriculture et de l’élevage.
Le secteur minier, qui se développe dans le cadre de la création de co-entreprises associant la société publique des mines du pays et des sociétés en majorité chinoises, devrait continuer à guider la croissance dans les années à venir. Celle-ci restera toutefois en deçà de son potentiel du fait de la mauvaise gestion gouvernementale, d’un détournement des ressources au profit de l’armée et d’un manque d’investissement en dehors du secteur des mines. Le développement économique est entravé par un environnement des affaires très difficile (le pays ressort à la dernière place du classement Doing Business de la Banque mondiale).
L’exploitation de la mine d’or de Koka devrait démarrer avant fin 2015 et la mine de Bisha devrait être en mesure de produire du zinc à partir de la seconde moitié de 2016. L’entrée en production de la mine de cuivre, zinc, or et argent d’Asmara devrait intervenir courant 2016. Ce projet important consolidera la position de la Chine (la mine sera désormais exploitée, en coopération avec l’opérateur public, par une entreprise publique chinoise et non plus un groupe canadien) en tant que premier investisseur, créancier et partenaire commercial du pays. Il permettra de réduire la dépendance de l’Etat à l’égard des recettes provenant de la mine de Bisha. Enfin, le projet de la mine de potasse de Colluli devrait entrer en phase de construction en 2016, pour un démarrage de la production prévu, au mieux, en 2018.
Des projets d’infrastructure, dans lesquels des entreprises chinoises sont impliquées, sont également en cours de réalisation (réhabilitation de la centrale électrique d’Hirgigo et agrandissement du port de Massawa).
L’inflation reste élevée en raison du financement d’une partie des déficits publics par la création monétaire. Le reflux des cours mondiaux des denrées alimentaires et du pétrole, en 2015, a eu un impact positif mais limité sur l’évolution des prix. Cette inflation, exacerbée par la pénurie de devises, est responsable d’une surévaluation du nakfa, ancré au dollar américain.

 

Un niveau d’endettement public critique

Les dépenses publiques sont grevées par le budget militaire, les revenus évoluant, de leur côté, au gré de la production et des cours miniers. L’endettement public se situe à un niveau préoccupant, d’autant plus que les relations difficiles avec les bailleurs de fonds empêchent le pays de bénéficier de l’allègement de dette auquel il pourrait potentiellement prétendre dans la cadre de l’initiative PPTE (la dette extérieure est toutefois limitée par rapport à celle d’origine domestique).
S’agissant des comptes extérieurs, les exportations de cuivre et de zinc devraient progresser en 2016 en lien avec la progression de la production. De plus, les cours des métaux de base devraient se stabiliser après la baisse enregistrée ces dernières années. Néanmoins, la demande chinoise (1er client devant l’Inde) tend à ralentir. En outre, les investissements dans le secteur minier devraient entraîner une hausse des importations de biens d’équipement et de services et l’impact de la baisse de la facture pétrolière devraient s’estomper. Le solde des comptes courants devrait donc se détériorer, d’autant plus que les sanctions imposées par les Nations Unies continueront à peser sur les envois de fonds des expatriés.

 

Des relations avec la communauté internationale très dégradées

Le Président Issayas Afeworki, à la tête du pays depuis 1993, et le parti unique du pays concentrent tous les pouvoirs. Le régime a supprimé la plupart des libertés et la situation des droits de l’homme est préoccupante. L’Erythrée fut, en 2014, le cinquième pays source de réfugiés au monde (4,5% de la population). Nombre d’entre eux cherchent à échapper au service militaire à durée illimitée institué depuis la guerre contre l’Ethiopie (1998-2000).
Les relations de l’Erythrée avec la plus grande partie de la communauté internationale restent tendues, comme le montre la reconduction des sanctions des Nations-Unies pour 2016 (le pays est notamment soupçonné de soutenir des groupes armés tels que les Shebab en Somalie et les mouvements rebelles éthiopiens). L’UE continue toutefois d’accorder une aide financière et les relations avec la Chine restent solides.

 

Dernière mise à jour : Janvier 2016

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