Les études économiques et analyses risques pays Coface
Ethiopie

Ethiopie

Population 89.7 million
PIB par habitant 686 US$
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2014* 2015*  2016*(p) 2017* (p)
Croissance PIB (%) 10,3 10,4 8,0 7,5
Inflation (moyenne annuelle) 7,4 10,1 7,7 7,5
Solde budgétaire / PIB (%) -2,6 -2,5 -3,0 -3,9
Solde courant / PIB (%) -7,9 -12,0 -10,7 -9,3
Dette publique / PIB (%) 46,3 56,1 57,4 62,4

 

(p) Prévisions

* L’année fiscale court du 8 juillet au 7 juillet

POINTS FORTS

  • Antécédents remarquables en matière de croissance et de réduction de la pauvreté
  • Investissements publics dans les infrastructures
  • Effort de diversification de l’économie
  • Fort potentiel hydroélectrique

POINTS FAIBLES

  • Vulnérabilité aux aléas climatiques et à l’évolution des cours mondiaux des produits de base
  • Enclavement du pays
  • Niveau de réserves de change insuffisant
  • Handicaps persistants sur le plan de l’environnement des affaires et de la gouvernance
  • Environnement régional instable
  • Tensions ethniques exacerbées

Appréciation du risque

Une activité menacée par l’instabilité politique

Après douze ans de croissance économique record, l’économie a ralenti en 2016, érodée par une sévère sécheresse et un environnement international moins porteur. Ce ralentissement a toutefois été atténué par les interventions efficaces du gouvernement et par la vigueur de l’industrie et des services (commerce, transport, télécommunications, tourisme et banque). En 2017, la normalisation des conditions climatiques était censée se traduire par un rebond de la croissance à plus de 7 %. Cependant, de graves troubles ethno-politiques ont éclaté début octobre 2016 et entrainé l’instauration de l’état d‘urgence. Cette instabilité a des conséquences négatives sur l’activité, affectant à la fois les investissements et le tourisme. Cela devrait donc peser fortement sur la reprise.

Si la situation politique se normalise, la croissance devrait bénéficier dans les années à venir de la mise en œuvre d’un important programme d’investissements publics, qui s’est poursuivie dans le cadre du second Plan pour la croissance et la transformation de l’Ethiopie. Celui-ci reste axé sur le développement des réseaux de transport et des infrastructures énergétiques, de télécommunications et de celles liées aux technologies de l'information. Il met également l’accent sur l’essor d’une industrie manufacturière tournée vers l’exportation. Les secteurs du cuir, de la chaussure, du textile et de l’agro-alimentaire devraient continuer à jouer un rôle moteur dans son expansion sauf si les investissements directs étrangers devaient durablement pâtir de la détérioration du climat politique.

 

Une politique budgétaire adaptée mais un déficit extérieur trop élevé

Le budget rectificatif pour 2016 a permis de prendre en compte le coût social de la sécheresse tout en limitant le déficit budgétaire à 3 % du PIB. La sous-exécution de dépenses non essentielles ne sera toutefois pas suffisante en 2017 pour éviter une hausse du déficit au regard du PIB et, à moyen terme, de nouvelles réformes seront nécessaires pour augmenter le poids, encore faible, de la taxation.

Le déficit courant est demeuré élevé en 2016 du fait de la stagnation des recettes d’exportation induite par la baisse des cours mondiaux (café, graines oléagineuses, or). De plus, la hausse des importations de biens d’équipement et de produits alimentaires a compensé la baisse de la facture énergétique. Les remises des travailleurs expatriés et les investissements directs étrangers ont, toutefois, sensiblement augmenté. En dépit de la diminution des importations de denrées alimentaires et de la hausse des transferts des expatriés, le déficit courant restera important en 2017. Au regard de la performance des exportations, la progression des importations du secteur public reste trop forte, Une hausse plus modérée de ces dernières permettrait de réduire le besoin de financement extérieur, de constituer un matelas de réserves de change (celles-ci ne représentent qu’1,9 mois d’importations) et de mieux résister aux chocs. En outre, le taux de change est insuffisamment flexible, ce qui nuit à la compétitivité du pays.

En dépit de la progression de la dette extérieure, le risque de surendettement est jugé modéré. Les investissements publics sont en effet susceptibles de générer de la croissance et la part des prêts officiels à caractère concessionnel reste importante.

 

Une détérioration de la situation politique intérieure et un contexte régional difficile

La contestation de l’ethnie majoritaire des Oromos, qui manifeste depuis novembre 2015 contre les expropriations découlant du projet d’agrandissement d’Addis-Abeba, à laquelle s’est ajoutée, plus récemment, celle des Amharas, s’est intensifiée début octobre 2016 à la suite d’une bousculade meurtrière provoquée par les forces de sécurité. L’état d’urgence a été décrété le 9 octobre 2016 pour une période de six mois sur l’ensemble du territoire après une semaine de violence marquée par la multiplication des manifestations visant les bâtiments publics et les intérêts étrangers. Un risque d’escalade du conflit n’est pas à exclure du fait du durcissement du gouvernement, dominé par l’ethnie minoritaire des Tigréens.

L’Éthiopie se situe dans une région instable, marquée par des problèmes de sécurité et de stabilité politique. Les relations restent très tendues entre l’Ethiopie et l’Erythrée, anciens belligérants. L’instabilité en Somalie constitue également une menace pour la sécurité du pays. Enfin, les tensions n’ont pas disparu avec le Soudan et l’Egypte au sujet de la construction du barrage éthiopien de la Grande Renaissance.

 

Dernière mise à jour : Janvier 2017

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