Les études économiques et analyses risques pays Coface
Ethiopie

Ethiopie

Population 90,982 M
PIB 49,857 M$
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2012 2013  2014 2015 (p)
Croissance PIB (%) 8,7 9,8 10,3 8,5
Inflation (moyenne annuelle) 13,5 8,1  8,2 8,3
Solde budgétaire / PIB (%)  -2,9  -3,5  -4,3 -4,4
Solde courant / PIB (%)  -6,5  -6,0  -7,1 -7,3
Dette publique / PIB (%)  32,7  37,4 44,7 49,7

 

(e) Estimations (p) Prévisions

POINTS FORTS

  • Progrès dans la diversification de l’économie
  • Investissements publics dans les infrastructures (transport, énergie et télécommunications)
  • Soutien des bailleurs de fonds internationaux
  • Très fort potentiel hydroélectrique

POINTS FAIBLES

  • Vulnérabilité aux aléas climatiques et à la volatilité des cours des matières premières
  • Non-résolution des causes de l’insécurité alimentaire
  • Niveau des réserves de change insuffisant
  • Lacunes en termes de gouvernance
  • Les emprunts de l’Etat fragilisent le secteur privé
  • Conflits frontaliers

Appréciation du risque

Une croissance soutenue par le plan quinquennal

L’activité éthiopienne restera dynamique en 2015 soutenue par le Plan pour la Croissance et la Transformation (GTP). Ce plan vise principalement à maintenir l’agriculture au centre de la croissance, à favoriser le développement industriel et à améliorer le développement et la qualité des infrastructures. L’investissement public, mais également privé, seront donc moteurs de la croissance en 2015 grâce à la poursuite du développement des réseaux routiers, ferroviaires et des centrales hydroélectriques (barrage Grand Renaissance). Ces projets sont souvent des partenariats publics privés. Par exemple, une voie routière de circulation rapide va être construite entre l’Est du pays et Djibouti afin de faciliter les échanges avec l’extérieur. Elle fait suite à deux autres projets commencés 2014: une ligne ferroviaire et une ligne électrique. En effet, le port de Djibouti city offre un accès à la mer à l’Ethiopie enclavée. Cette construction sera faite par une société chinoise et sera finalisée en 2017. Le secteur de l’agriculture et de l’industrie agroalimentaire bénéficiera du développement de ces réseaux dans le cadre de sa transformation d’une économie de subsistance vers une activité commerciale. En outre en 2013, le gouvernement a ouvert aux non-résidents une partie de l’économie jusqu’ici réservée aux entreprises éthiopiennes. Les secteurs concernés sont l’exploitation agricole, l’extraction minière, la fabrication de certains biens de consommation courante, la télécommunication et le textile. Les investissements directs étrangers (IDE) ont augmenté de 240% en 2013 selon les Nations Unis. Dans le secteur du textile, l’entreprise chinoise de chaussures Huanjian group (qui fournit les marques Guess et Tommy Hilfiger), ambitionne de devenir le leader mondial du marché en développant des lignes de fabrication pour 2,2 Mds$ (4% du PIB) dans la zone de Lebu au sud-ouest Addis Abeba. Le projet permettra l’emploi de 3 000 travailleurs. Contrairement aux pays voisins, le développement de l’économie éthiopienne profite à chaque catégorie de la population et participe ainsi au développement soutenue de la consommation de l’ensemble des ménages. Le chômage, s’il est élevé (16,5% en 2013), diminue depuis 2009 (20,4%). En outre, l’inflation sera de nouveau inférieure à 10%, en lien avec les bonnes récoltes de 2014 qui permettent de contenir la hausse des prix liée à une offre élevée, et avec le resserrement monétaire mis en place par les autorités en 2011.

 

La situation financière demeure fragile

En 2015, le déficit courant restera élevé du fait des importations de biens et services liées aux investissements publics et étrangers dans les infrastructures notamment énergétiques. Néanmoins, la bonne orientation de la croissance mondiale profitera aux exportations de produits manufacturés et de produits agricoles. En outre, le pays exporte principalement des produits miniers (or). Le pays produit des céréales (maïs, orge, sorgho, blé), des légumineuses (pois chiche, haricots…), des oléagineuses (tournesol, carthame), du colza, de la canne à sucre, du khat, du coton. Malgré cette grande diversité, la production agricole est dominée par la culture du café qui assure 35% des exportations. La compétitivité des produits éthiopiens se dégrade car le Birr est surévalué en terme réel. Selon le FMI, un ajustement de 10% est nécessaire pour équilibrer les comptes extérieurs. En 2015, les exportations de services et le tourisme continueront de se développer grâce à la croissance de la compagnie aérienne nationale Ethiopian Airlines. Les IDE ne permettront de couvrir qu’une partie du déficit courant (environ 30%) et le pays devra donc s’endetter davantage. Dans ce contexte, les réserves, qui ont chuté avec la dépréciation de la devise, seront insuffisantes, couvrant à peine deux mois d’importations. La devise continuera à se déprécier en 2015.
Le secteur financier est exposé à des risques importants en raison du mode de financement des grands projets du plan quinquennal (GTP). Le rôle important joué par la banque publique Commercial Bank of Ethiopia en fait une institution systémique qui demande une surveillance accrue. La régulation contraignante qui vise à diriger l’épargne domestique vers le financement des besoins publics pèse sur les banques privées et limite l’investissement. Ces dernières font face à des problèmes de liquidités et d’obtention de devises étrangères.
Le déficit budgétaire devrait légèrement diminuer en 2014 du fait d’une amélioration de la collecte fiscale en lien avec les recommandations du FMI. Toutefois, pour limiter l’ampleur du déficit, le pays restera dépendant de l’aide extérieure (7% du PIB en 2014). Malgré sa forte progression, le niveau de dette publique (49,7% du PIB) reste modéré.

 

Elections générales en 2015

Après la mort en août 2012 de Meles Zenawi, l’homme fort du parti dominant, Hailemariam Desalegn a été désigné premier ministre à l’unanimité par le parti au pouvoir (EPRDP). En 2015, des élections générales auront lieu, mais l’opposition ne semble pas suffisamment organisée pour prendre la place de l’EPRDP.
Le pays pâtit d’un environnement des affaires difficile marqué par le manque de transparence des données du secteur public et par la corruption.

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