Les études économiques et analyses risques pays et risques sectoriels Coface
Guatemala

Guatemala

Population 16,6 millions
PIB par habitant 4 070 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

 

   2015  2016  2017(p)  2018(p)
Croissance PIB (%) 4,1 3,1 3,2 3,4
Inflation (moyenne annuelle, %) 2,4 4,4 4,4 3,5
Solde public / PIB (%) -1,4 -1,1 -1,5 -1,8
Solde courant / PIB (%) -0,3 0,9 0,5 -0,2
Dette publique / PIB (%) 24,2 24,5 24,6 24 ,9

(p) : prévision

POINTS FORTS

  • Soutien financier des États-Unis et des prêteurs multilatéraux
  • Accord de libre-échange avec les États-Unis et l’UE
  • Proximité géographique des États-Unis et du Mexique
  • Fort potentiel touristique, agricole, minier, hydroélectrique, géothermique

POINTS FAIBLES

  • Instabilité sociale et politique
  • Faiblesse des infrastructures
  • Vulnérabilité aux chocs externes (catastrophes naturelles et cours des matières premières)
  • Forte dépendance à une industrie à faible valeur ajoutée et aux flux de remises des expatriés
  • Faibles revenus fiscaux
  • Pauvreté rurale, inégalités, sous-emploi, informalité, clivages ethniques

Appréciation du risque

Une activité portée par le commerce extérieur et la consommation privée

En 2018, la croissance devrait rester modérée, portée, notamment, par le dynamisme du commerce extérieur et de la consommation privée. Cette dernière devrait progresser grâce à la hausse des transferts des expatriés, dopés par la croissance américaine. Pour la même raison, les exportations manufacturières (textiles en particulier) devraient progresser, bénéficiant de l’accès privilégié au marché américain. L’inflation devrait être plus faible en 2018, avec une hausse attendue des taux directeurs de la banque centrale, inversant la tendance en place depuis 2013.

Le climat politique, marqué par des affaires de corruption à grande échelle, risque de peser sur les investissements. Les premiers effets peuvent déjà être observés avec la suspension de nombreux projets publics d’infrastructures pour allégation de corruption et des appels d’offre régulièrement reportés ou infructueux (absence d’intéressés). L’arrêt, fin 2017, des activités aurifères sur la mine de Marlin (Goldcorp), après des années de protestations des communautés mayas locales, devrait provoquer une baisse de la production d’or en l’absence d’autres projets d’envergure. Par ailleurs, la suspension des activités de l’entreprise canadienne Tahoe sur le site de la mine d’argent d’Escobal, après un arrêt de la Cour suprême pour non-respect du droit des indigènes à être consultés, devrait réduire la production d’argent. L’incertitude quant à une reprise de l’activité devrait affecter le climat des affaires en général, et l’attractivité du pays s’en trouvera réduite. La hausse du cours de l’argent au niveau international devrait, toutefois, encourager le gouvernement à trouver un accord avec l’entreprise Tahoe.

 

Des recettes budgétaires encore trop faibles en l’absence de réformes

Le système fiscal guatémaltèque est caractérisé par la plus faible imposition de tout le continent latino-américain, restreignant les ressources disponibles pour la dépense publique. Le contexte politique rend peu probable une réforme de la fiscalité dans l’immédiat. La politique budgétaire prudente a été temporairement relâchée dans un contexte de fortes protestations sociales. La priorité est donnée aux dépenses sociales et de capital, notamment pour financer des infrastructures de santé et d’éducation, et aux dépenses sécuritaires pour lutter contre la criminalité. La dette publique, plutôt faible rapportée au PIB, est importante comparée aux recettes budgétaires qui ne représentaient que 11 % du PIB en 2016.

Du côté des comptes extérieurs, la hausse du prix des carburants entraînera une augmentation des importations, alors que la hausse du quetzal guatémaltèque rendra les exportations textiles moins compétitives par rapport à la production asiatique. La hausse du déficit de la balance commerciale ne devrait pas être totalement compensée par celles des remises des travailleurs expatriés ; la balance courante devrait donc passer légèrement dans le rouge en 2018.

 

Un climat politique très tendu sur fond de corruption

L’année 2017 a été marquée par l’éclatement d’affaires de corruption impliquant le président Jimmy Morales, élu sous le slogan « Ni corruption, ni voleur », et de nombreux membres de la classe politique guatémaltèque. Le parlement a rejeté, en septembre 2017, la levée de l’immunité présidentielle de J. Morales, et la Cour suprême s’est opposée, en octobre 2017, à des poursuites judiciaires à l’encontre du président pour avoir reçu un bonus de la part des forces armées. Le risque institutionnel semble pour l’instant contenu, mais la tentative de J. Morales d’expulser Ivan Velasquez, responsable de la Commission de lutte contre la corruption soutenue par l’ONU, a déclenché un vaste mouvement de contestation. L’expulsion a finalement été invalidée par la Cour suprême mais la pression populaire reste forte et l’avenir de J. Morales à la tête du pays reste très incertain, augmentant fortement le risque politique dans le pays.

Par ailleurs, le parlement guatémaltèque est très fragmenté. Le parti du président ne dispose que de 11 sièges sur 158 et les autres partis sont nombreux et de petite taille. Dans ce contexte, une majorité parlementaire est introuvable, rendant toute réforme d’envergure peu probable. Enfin, le Guatemala est caractérisé par un très haut taux de criminalité. Cela, superposé à une faible efficacité des institutions, au manque de réforme et au haut niveau de corruption, pèse fortement sur le climat des affaires.

 

Dernière mise à jour : Janvier 2018

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