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Guyana

Guyana

Population 0,8 million
PIB par habitant 4475 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

   2015  2016  2017(p)  2018(p)
Croissance PIB (%) 3,1 3,3 3,5 3,6
Inflation (moyenne annuelle, %) -0,9 1,5 2,6 2,7
Solde public / PIB (%) -1,2 -4,4 -5,0 -4,9
Solde courant / PIB (%) -5,7 0,4 -2,0 -1,0
Dette publique / PIB (%) 47,9 48,3 53,3 56,4

(p) : prévision

POINTS FORTS

  • Investissements publics significatifs dans les infrastructures et les télécommunications
  • Perspectives minières, hydroélectriques et agricoles attractives pour les investisseurs
  • Exploitation de réserves pétrolières au large du Guyana à partir de 2020
  • Membre de CARICOM (Caribbean Community and Common Market)

POINTS FAIBLES

  • Dépendance à l’exploitation d’or, de bauxite, de sucre, de riz et de bois
  • Déficience des infrastructures, des transports, de l’éducation et de la santé
  • Sensibilité aux aléas climatiques (région fortement touchée par les ouragans)
  • Dispute territoriale avec le Venezuela
  • Dépendance aux bailleurs internationaux
  • Extension de l’économie informelle
  • Criminalité liée au trafic de drogues sur fond de pauvreté et de corruption

Appréciation du risque

Activité dépendante de la production aurifère et agricole, en attendant le pétrole

En 2018, la croissance du PIB se stabilisera à un niveau confortable, tirée par l’investissement public (près de 17 % du PIB). Les principaux secteurs concernés sont les transports (48 % des prêts de la Banque Interaméricaine de Développement à Guyana) et l’énergie. Le Ministère des Infrastructures Publiques a achevé, fin 2017, son Programme d’Investissement dans le Secteur Public (PSIP), avec un investissement total de 10 milliards de dollars guyaniens (41 millions EUR), ce qui représente 2,5 % du PIB. Le projet inclut la construction de routes, d’installations électriques, d’un aéroport international et d’une prison. Le secteur privé n’est pas en reste avec un contrat d’exploitation très important, dont les investissements sont estimés à 4,4 milliards USD (130 % du PIB), entre l’État et une grande entreprise américaine du secteur pétrolier suite à la découverte du gisement offshore Liza sur les côtes de Guyana. Le pays deviendrait exportateur à l’horizon 2020 (120 000 barils par jour). Les recherches et explorations de potentiels gisements pétroliers se poursuivront en 2018 à Liza II, Payara et Snoek. Une grande partie de l’économie étant agricole (30 % du PIB en 2016) et minière, le dynamisme de l’activité dépend toujours des conditions climatiques. Après sa reprise en 2017, la production rizière augmenterait modestement alors que la production sucrière diminuerait encore en 2018. Des conditions climatiques plus favorables favoriseraient l’expansion de la production aurifère, qui est exclusivement destinée à l’export

L’inflation, qui demeure dépendante des prix des matières premières agricoles et pétrolières, devrait se stabiliser à un niveau modéré.

 

Réformes fiscales en ligne de mire

Le gouvernement devrait faire une grande réforme fiscale en 2018, consistant à supprimer les exemptions de plusieurs industries, même si la fragilité des institutions et le lobbying des entreprises qui bénéficient de ces avantages pourraient ralentir ce processus. La collecte de recettes fiscales devrait augmenter, favorisée par l’exploitation pétrolière. Plus de 900 millions de dollars guyaniens provenant de l’industrie pétrolière ont été collecté au cours du premier semestre de 2017 et ces revenus devraient continuer à croître. En revanche, les dépenses augmenteront également avec des subventions qui pèsent lourd sur le budget notamment pour l’entreprise d’État de production de sucre GuySuCo. La politique d’austérité ne serait plus d’actualité pour le gouvernement qui veut accroître ses dépenses en anticipant les futurs revenus pétroliers.

Du côté des comptes extérieurs, les importations, principalement de pétrole, diminueront à moyen terme avec l’exploitation des gisements d’hydrocarbures offshore. Les exportations, essentiellement d’or (la production aurifère du pays a atteint un plus haut historique au cours des neuf premiers mois de 2017), continuent à croître. Les transferts des travailleurs guyanais à l’étranger (9,6 % du PIB en 2016), principale source d’entrée de devise, pourraient se voir affectés par la nouvelle taxe de 2 % sur les transferts monétaires mise en place en 2017 aux États-Unis (près de 300 000 personnes d’origine guyanienne y vivent, ce qui représente 40 % de la population de Guyana). Le déficit courant, peu important, permettrait de maintenir les réserves de change à un niveau correspondant à environ quatre mois d’importations en ٢٠١٧. Les autorités monétaires poursuivront la flexibilisation du change de leur monnaie, augmentant ainsi la résistance aux chocs externes.

 

Difficiles réformes politiques sur fond de tensions ethniques et frontalières

Après plus de vingt ans au pouvoir, le parti indo-guyanien People’s Progresive Party/Civic (PPP/C) a cédé sa place à la coalition multi-ethnique menée par le parti afro-guyanien A Partnership for National Unity et Alliance For Change lors des élections générales de 2015. Elle a remporté 50 % des voix, ce qui lui confère une très légère avance d’un siège au Parlement. Le candidat de cette coalition, David Granger, a remporté les élections présidentielles. Les tensions ethniques demeurent présentes et le PPP/C devrait poursuivre sa politique de blocage des réformes constitutionnelles et institutionnelles, dans l’objectif de remporter les élections de 2020. Toutefois, des perspectives d’évolution positive sont à noter, avec la tenue de premières élections locales en ٢٠١٦ et les réformes constitutionnelles en vue afin de mettre fin au système politique proportionnel aux origines ethniques. Malgré quelques progrès, l’environnement des affaires guyanien demeure difficile (126e sur 190 pays dans le classement Doing Business 2018 de la Banque Mondiale).

En dépit d’une décision internationale fixant les frontières actuelles, Nicolas Maduro, président du Venezuela a décidé unilatéralement en 2015 d’affirmer sa souveraineté sur près des deux tiers du territoire et des frontières maritimes du Guyana via la publication d’un décret officiel. Celui-ci est intervenu une semaine après l’annonce de la découverte du gisement pétrolier au large des côtes du Guyana, situé dans la zone contestée par le Venezuela et réveille une controverse de plus d’un siècle. L’ONU avait, alors, convenu d’accorder un période de négociation entre les deux pays (jusqu’à fin 2017). Suite à l’échec de cette solution, la médiation devrait revenir à la Cour Internationale de Justice (CIJ) en 2018.

 

Dernière mise à jour : Janvier 2018

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