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Honduras

Honduras

Population 8,2 millions
PIB par habitant 2609 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

 

 

   2015  2016  2017(p)  2018(p)
Croissance PIB (%) 3,6 3,6 4,0 3,6
Inflation (moyenne annuelle, %) 3,2 2,7 4,0 4,2
Solde public* / PIB (%) -1,0 -0,5 -1,2 -1,2
Solde courant / PIB (%) -5,5 -3,8 -4,1 -4,3
Dette publique / PIB (%) 41.2 42.5 43,0 44,1

* ensemble du secteur public non financier (p) : prévision

POINTS FORTS

  • Relations privilégiées avec les États-Unis (accords commerciaux préférentiels)
  • Ressources agricoles, minières et touristiques
  • Accord FMI

POINTS FAIBLES

  • Dépendance à la conjoncture américaine (exportations, IDE et remises des expatriés)
  • Dépendance aux importations de carburants et de céréales (le maïs est l’aliment de base)
  • Forte criminalité et corruption sur fond de pauvreté ; de trafic de drogue
  • Informalité élevée de l’économie : 70 % des actifs sont concernés

Appréciation du risque

Une activité toujours résiliente

En 2017, la croissance a affiché une bonne performance, soutenue principalement par la consommation privée et les exportations (demande soutenue de produits agricoles tropicaux). Les moteurs de la croissance devraient être identiques en 2018. En particulier, la demande interne resterait vigoureuse dans un contexte budgétaire expansif, puisque le budget prévoit une hausse réelle des dépenses de 9 % (santé, éducation, infrastructures routières et électricité…). La consommation des ménages profiterait de nouveau du dynamisme des transferts des travailleurs expatriés. Ces transferts pourraient, cependant, se trouver réduits dans le cas où le gouvernement américain déciderait de ne pas prolonger le TPS (Temporary Protected Status, mis en place en 1998 après l’ouragan Mitch pour permettre aux Honduriens de rester légalement aux États-Unis) en 2018 (reconduction de six mois décidée en octobre 2017). La consommation ne serait pas trop affectée par l’inflation modérée accompagnant la dépréciation régulière du lempira, la monnaie nationale, la tendance haussière du prix du pétrole et les problèmes récurrents de la distribution. L’investissement public devrait continuer de bien se porter, notamment dans les infrastructures routières et avec la construction du nouvel aéroport international de la Palmerola. Les exportations des secteurs agricole et manufacturier demeureraient relativement soutenues grâce au maintien de la croissance américaine et au développement de l’appareil productif. Le plan Honduras 2020, même si sa mise en œuvre est lente, stimule l’investissement dans le secteur manufacturier (textile, agroalimentaire), mais aussi dans le tourisme, l’industrie, l’immobilier et les centres d’appels.

 

Situation budgétaire assainie et déficit commercial équilibré par les remises des expatriés

Depuis 2014, dans le cadre de l’accord financier avec le FMI, l’État a réalisé des efforts significatifs (efficacité de la fiscalité et contrôle des dépenses), sans sacrifier le développement social et les infrastructures. La loi de responsabilité fiscale approuvée en 2016 établit un plafond pour le déficit du secteur public non financier, 1 % du PIB à l’horizon 2020. Dans ce cadre, le gouvernement devrait atteindre son objectif de 1,4 % de déficit pour 2017. Une extension de l’accord avec le FMI, arrivé à échéance en décembre 2017, pourrait être envisagée et garantirait le maintien de la rigueur budgétaire. Des mesures ont été prises afin de restructurer l’entreprise nationale électrique (ENEE) en difficulté, dont l’émission d’une obligation de 700 M USD en mars 2017 pour renflouer les comptes, ainsi que la réduction de la facture salariale et l’ajustement des tarifs d’électricité. Cela contribuera à alourdir le service de la dette publique externe.

Le déficit courant augmentera faiblement en 2018. Il résulte du déficit commercial élevé dû à l’importance des importations de biens d’équipement et de produits alimentaires (céréales), du rapatriement de dividendes par les investisseurs étrangers et des paiements aux prestataires de services étrangers. Les transferts des honduriens émigrés, première source de devises (20 % du PIB), et les revenus touristiques, limités en raison de la forte criminalité entachant l’attractivité du pays, permettent de minorer considérablement le déficit. Il est aisément financé par les réinvestissements de bénéfices réalisés par les sociétés étrangères, ainsi que par le recours à l’endettement auprès des bailleurs internationaux et des marchés, permettant d’augmenter les réserves en devises qui représentent 5 mois d’importations. En 2018, la progression des exportations agricoles (café, fruits tropicaux) et textiles (en provenance des « maquilas »), notamment vers les États-Unis, de loin le premier marché, ainsi que celle des fonds envoyés par les expatriés, devrait compenser l’alourdissement de la facture pétrolière.

 

Retour des tensions politiques

L’élection présidentielle de novembre 2017 a été suivie de manifestations violentes, rendant la situation sécuritaire plus incertaine, malgré des progrès réalisés dans ce domaine (taux d’homicide passé de 75 à 37 cas pour 100 000 habitants depuis 2014). Les deux finalistes, Juan Orlando Hernandez (Partido Nacional, présidant sortant dont la nouvelle candidature a été fortement contestée) et Salvador Nasralla (Alianza de Oposición contra la Dictadura), se sont déclarés vainqueurs. Le Tribunal électoral a annoncé officiellement la victoire de M. Hernandez après plusieurs proclamations non-officielles qui avaient été vivement critiquées par les observateurs internationaux dont l’OEA qui a dénoncé le manque de garanties et de transparence dans le processus. M. Nasralla a refusé les résultats, malgré les pressions des États-Unis, appelant à des manifestations, alors que les violences ont déjà fait plusieurs victimes. Cette crise politique s’ajoute à une importante pauvreté (39 % des foyers vivent dans l’extrême pauvreté et seuls 25 % bénéficient de la sécurité sociale), une grande violence associée au narcotrafic (notamment avec les maras), ainsi qu’à la corruption (affaire Rosenthal de blanchiment d’argent du narcotrafic en 2015), limitant le développement du pays. Une certaine amélioration de l’environnement des affaires (renforcement du cadre légal des partenariats publics-privés, audit des arriérés de paiement du secteur public) a toutefois été reconnue par les créanciers internationaux.

 

Dernière mise à jour : Janvier 2018

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