Les études économiques et analyses risques pays et risques sectoriels Coface
Islande

Islande

Population 0,3 million
PIB par habitant 59,629 $US
A2
Evaluation des risques pays
A1
Environnement des affaires
Changer de pays
Comparer les pays
Vous avez déjà sélectionné ce pays.
0 pays sélectionnés
Vider
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Comparer

Synthèse

principaux Indicateurs économiques

 

 

   2015  2016  2017(p)  2018(p)
Croissance PIB (%) 4,1 7,2 5,2 3,4
Inflation (moyenne annuelle, %) 1,6 1,7 1,8 2,5
Solde public / PIB (%) -0,8 12,4 0,8 1,3
Solde courant / PIB (%) 5,3 6,0 7,0 5,7
Dette publique / PIB (%) 68,1 54,0 41,2 37,0

(p) : prévision

POINTS FORTS

  • Secteur bancaire assaini
  • Baisse graduelle de la dette publique
  • Énergie abondante et renouvelable (géothermie, hydroélectricité)
  • Réserves de pétrole et de gaz
  • Fort potentiel touristique
  • Réserves de change élevées
  • Dynamisme de la consommation des ménages

POINTS FAIBLES

  • Économie de petite taille
  • Risque volcanique
  • Surveillance limitée du système bancaire dans un contexte d’afflux de capitaux et de hausse des prix immobiliers
  • Volatilité de l’activité liée à une dépendance à l’afflux touristique
  • Risques associés à la levée des contrôles des capitaux et à l’endettement des ménages
  • Dette extérieure élevée
  • Concentration de la production et des exportations (aluminium et produits de la mer)
  • Embargo de la Russie sur les produits de la mer

Appréciation du risque

Assagissement de la croissance lié à une allure plus soutenable du tourisme

L’activité devrait ralentir en 2018, tout en restant à un niveau élevé. Ce ralentissement est essentiellement dû à une croissance plus modérée du principal moteur de l’activité depuis 2013 : le tourisme. Le secteur a souffert en 2017 de la forte appréciation de la couronne islandaise, qui renchérit le prix des services locaux pour les touristes étrangers. Si la tendance est plutôt à la dépréciation depuis mi-2017, les prix resteront élevés pour les touristes, d’autant que l’augmentation de la TVA sur les services touristiques (passant de 10 % à 12 %), compensera largement cette dépréciation. En outre, alors que le nombre de touristes continuera d’augmenter, le rythme devrait être moins soutenu, et les dépenses moyennes par touriste diminueraient légèrement. Pourtant, les investissements dans le secteur resteront importants, afin de compenser les lacunes en matière d’hébergement. De plus, les investissements publics permettront de pallier à la saturation des infrastructures de transport liée à l’augmentation rapide de la clientèle touristique depuis ٢٠١٣. La construction résidentielle se portera également mieux, en raison de la hausse des prix immobiliers, de l’amélioration des conditions de crédit et de la baisse de l’endettement des ménages. Les secteurs de la pêche et de l’aluminium représenteraient toujours une part importante de l’économie et encore près de 75 % des exportations de biens du pays. Ces dernières seront favorisées par la dépréciation de la couronne et la bonne orientation de la demande extérieure. Toutefois, l’embargo russe (cinquième partenaire commercial) continuera de peser sur les exportations de produits de la pêche, même si les producteurs ont réussi à trouver des marchés de substitution depuis 2015.

La consommation privée serait toujours un des moteurs de la croissance islandaise, en raison de la forte augmentation des salaires, dans un contexte d’inflation modérée. De plus, la faiblesse du chômage (3,3 % en juillet 2017) et l’augmentation de l’immigration, la soutiendront aussi.

 

Excédent budgétaire et libéralisation du compte de capital

L’excédent budgétaire devrait légèrement augmenter en 2018. L’augmentation des recettes fiscales induite par la conjoncture favorable et l’augmentation de la TVA sur les activités liées au tourisme, continuera d’être allouée à l’amélioration des services publics et à la réduction de la dette. Ces recettes supplémentaires permettront également de financer les nombreux projets d’infrastructures (hôpitaux, routes, ports, etc.), ainsi que la hausse des transferts sociaux pour les personnes seules, les retraités et les jeunes parents. Le gouvernement devrait également poursuivre ses efforts en matière environnementale via la protection de sites naturels et l’augmentation de la taxe sur les émissions de dioxyde de carbone.

L’excédent du compte courant devrait rester confortable en 2018, grâce à l’excédent des services (11,1 % du PIB en 2016), lié à l’essor du tourisme. La balance des biens restera largement déficitaire (5,1 %) en raison du dynamisme de la demande domestique, qui ne serait pas compenser par la croissance des exportations.

Le ministère des finances a annoncé mi-août 2016 la levée progressive de toutes les restrictions du contrôle des capitaux qui ont été mises en place après la crise de 2008. Cette libéralisation s’est achevée mi-mars 2017 par la suppression des dernières restrictions sur les flux de capitaux entrants et sortants. En outre, le pays ne devrait pas subir de sorties massives de capitaux dans la mesure où celui-ci reste attractif du fait des taux d’intérêt toujours élevés (4,25 % pour le taux directeur) en comparaison des autres pays développés. La politique de relâchement monétaire de la banque centrale ne devrait pas changer la donne, à moins que la baisse des taux ne soit plus importante qu’anticipée. De plus, le large excédent courant permettra de réduire davantage la dette extérieure (95 % du PIB en 2017) et d’accumuler des réserves de change, qui resteront à un niveau élevé (neuf mois d’importations), assurant un retour stable de la libéralisation du compte de capital.

 

Formation d’un gouvernement hétéroclite

Suite au retrait en septembre 2017 du parti Avenir radieux (BF) de la coalition gouvernementale, de nouvelles élections anticipées ont été convoquées le mois suivant. Alors que le Parti de l’Indépendance (centre-droit) est arrivé en tête du scrutin avec 25,3 % des voix (16 sièges sur 63), le Président Johannesson a donné un mandat au Parti Vert, arrivé second (11 sièges), pour former un gouvernement. Celui-ci a d’abord échoué à former une coalition avec les sociaux-démocrates, le Parti Pirate et le Parti du Progrès. C’est finalement une coalition inédite qui a pris forme, composée du Parti Vert, du Parti de l’Indépendance et du Parti du Progrès. Le nouveau gouvernement sera emmené par Katrín Jakobsdóttir, du Parti Vert, alors que les ministères stratégiques seront attribués aux deux autres partis. Néanmoins, cette coalition semble fragile, étant donnée la courte majorité dont elle dispose (35 sièges sur 63), d’autant que les désaccords sont nombreux, notamment sur la politique fiscale et l’environnement. En outre, la fragmentation politique se poursuit avec l’entrée au Parlement du Parti du Centre, portant le nombre de formations politiques à huit. Cette fragmentation se traduit par une forte instabilité ministérielle, dans un pays qui a connu trois nouveaux Premiers ministres depuis avril 2016.

Dernière mise à jour : Janvier 2018

Haut de page
  • Français