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Jordanie

Jordanie

Population 7,5 millions
PIB par habitant 4947 $US
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

   2014 2015 2016 (p) 2017 (p)
Croissance PIB (%) 3,1 2,4 2,1 2,3
Inflation (moyenne annuelle) 2,9 -0,9 -0,5 2,3
Solde budgétaire / PIB (%)  -9,9 -4,1 -3,8 -4,0
Solde courant / PIB (%) -6,8 -9,0 -9,0 -8,9
Dette publique / PIB (%) 89,0 93,4 94,4 93,9

 

 (p) Prévisions

POINTS FORTS

  • Soutien politique et financier des monarchies du Golfe et des pays occidentaux
  • Importante production de phosphate et de potasse
  • Main d’œuvre expatriée et tourisme, sources importantes de devises

POINTS FAIBLES

  • Faiblesse des ressources énergétiques naturelles et de la base productive
  • Vulnérabilité à la conjoncture économique internationale et à l’instabilité politique au Proche et Moyen-Orient
  • Déséquilibres des comptes publics et extérieurs, entraînant une dépendance envers l’aide et les capitaux étrangers
  • Importance du chômage

Appréciation du risque

Une croissance résiliente en dépit de la situation régionale de plus en plus critique.

La Jordanie restera confrontée aux retombées de la crise syrienne et au ralentissement qui touche les pays du CCG. L’économie est restée résiliente en 2016, la croissance des secteurs financiers mais aussi des secteurs de la communication et des transports ayant permis de maintenir la santé de l’activité, tandis que le secteur manufacturier et l’industrie touristique ont peiné à retrouver un certain dynamisme. En 2017, les importants investissements publics et la relance des flux d’IDE dans le cadre du plan « Jordan Compact » contribueraient positivement à la croissance. Dans le cadre de la conférence de Londres en février 2016, la Jordanie a présenté un plan visant à améliorer l’intégration des réfugiés syriens dans l’économie jordanienne dont le nombre dépasserait le million d’individus. En contrepartie, le royaume hachémite recevrait l’aide de bailleurs de fond internationaux ainsi que le soutien financier et économique de l’Union européenne et des Etats Unis. Onze zones économiques avec une importante population de réfugiés seraient créées et bénéficieraient d’un accès préférentiel au marché européen de même que de conditions spécifiques visant à accroître leur attractivité. En outre, la Jordanie a fait appel en 2016 à l’aide du FMI et a demandé un prêt dans le cadre d’un mécanisme élargi de crédit dont le montant serait équivalent à 723 Mns d’USD. Cependant, cette politique de relance pourrait être tempérée par l’incidence négative du ralentissement des pays du Golfe qui continuerait de peser sur les secteurs de la construction et du tourisme, de même que sur les transferts de fonds des expatriés. La stagnation économique ainsi que la baisse des prix mondiaux des matières premières ont conduit à une recrudescence des pressions déflationnistes. La hausse attendue des prix de l’énergie, ainsi que la reprise économique favoriseraient, cependant, une augmentation du niveau général des prix en 2017.

 

Consolidation des déficits publics

Le déséquilibre des comptes publics s’est légèrement résorbé en 2016 en dépit d’une activité quasi atone. La consolidation budgétaire mise en place avec l’appui du FMI depuis 2012 s’est traduite par une baisse du déficit public de plus de 50 % depuis 2014. La baisse des prix des hydrocarbures a permis à la compagnie d’électricité nationale NEPCO d’équilibrer ses comptes. De même, la suppression des subventions énergétiques a conduit à une baisse des dépenses courantes. Le service de la dette est également en diminution, ce qui témoigne d’une meilleure gestion du stock de dette, principalement concessionnelle. Les salaires, ainsi que les dépenses militaires ont, néanmoins, continué de progresser. En 2017, le déficit public resterait stable. Les dépenses en investissement devraient augmenter, mais elles seraient financées par un accroissement des taxes sur le tabac et l’alcool, ainsi que par une refonte de la législation sur les niches fiscales. L’enjeu de la consolidation budgétaire restera la stabilisation voir l’inversion de la trajectoire de la dette.

 

Un compte courant en amélioration

La Jordanie est importatrice nette de pétrole et de gaz. La baisse du prix des hydrocarbures en 2016 aurait donc dû avoir un effet positif sur le compte courant. Or, cet effet a largement été annulé par la baisse des exportations, des recettes touristiques et des fonds d’expatriés. En 2017, le déficit du compte courant devrait se résorber légèrement. L’enlisement du conflit en Syrie continuerait de peser sur les exportations et les revenus du tourisme, mais la réouverture de routes commerciales avec l’Irak, notamment de l’axe Amman Bagdad, pourrait relancer les exportations. En outre, le royaume devrait bénéficier des retombées positives liées à l’accès au marché européen suite à la ratification du « Jordan Compact ». La légère hausse des prix de l’énergie risque cependant de peser sur les importations, tout en sachant que la Jordanie entend diversifier les sources de son approvisionnement en gaz. Les transferts des expatriés continueraient de souffrir du ralentissement observé dans les pays du CCG, ce qui pourrait entraîner une diminution des réserves de change. Elles ont représenté en 2016 15,8 Mns USD, soit 8,4 mois d’importations.

 

Ilot de stabilité politique dans un conflit régional de plus en plus complexe.

Les élections législatives de septembre 2016 n’ont que peu modifié le paysage politique de la Jordanie. Le taux de participation aux élections est resté très faible en dépit de la participation du parti islamiste proche des frères musulmans (Islamic Action Front)qui avait boycotté les deux précédents scrutins en 2010 et 2013. La Jordanie risque d’être confrontée à une recrudescence des tensions sociales, notamment entre population jordanienne et réfugiés syriens et irakiens. Pays frontalier de la Syrie et de l’Irak, la Jordanie est directement affectée par l’instabilité qui mine la région. Le pays est resté relativement épargné par le conflit, mais l’instabilité régionale pourrait avoir des répercussions sur la stabilité et l’environnement sécuritaire en Jordanie. L’armée de Daech dénombrait un contingent de plus de 2000 jordaniens et la Jordanie est régulièrement désignée comme une cible des djihadistes. 

 

 

Dernière mise à jour : Janvier 2017

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