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Jordanie

Jordanie

Population 7,0 millions
PIB par habitant 5 549 $US
C
Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

 

 

   2015  2016  2017(p)  2018(p)
Croissance PIB (%) 2,4 2,0 2,3 2,5
Inflation (moyenne annuelle, %) -0,9 -0,8 3,3 1,5
Solde public / PIB (%) -5,3 -3,2 -3,5 -3,2
Solde courant / PIB (%) -9,1 -9,3 -8,4 -8,3
Dette publique / PIB (%) 93,4 95,1 95,6 93,5

(p) : prévision

POINTS FORTS

  • Soutien politique et financier des monarchies du Golfe et des pays occidentaux
  • Importante production de phosphate et de potasse
  • Main d’œuvre expatriée et tourisme, sources importantes de devises
  • Stabilité politique, contrairement aux pays voisins 

POINTS FAIBLES

  • Faiblesse des ressources énergétiques naturelles et de la base productive
  • Vulnérabilité à la conjoncture économique internationale et à l’instabilité politique au Proche et Moyen-Orient
  • Déséquilibres des comptes publics et extérieurs, entraînant une dépendance envers l’aide et les capitaux étrangers
  • Taux de chômage très élevé (18 %) 

Appréciation du risque

Une croissance limitée par les conséquences des conflits dans les pays frontaliers

Le dynamisme du secteur minier et la hausse du prix du phosphate ont légèrement stimulé l’activité économique en 2017. La croissance sera encore modérée en 2018, en raison de l’instabilité de la région et des retombées de la crise syrienne. La consolidation budgétaire et le taux de chômage très élevé pénaliseront la consommation privée, qui représente 89 % du PIB. Les mesures d’austérité, prévues pour faire face au niveau très élevé de la dette, pénaliseront les ménages à revenus faibles, qui dépendent des subventions des biens de première nécessité (pain, sucre, électricité). La pression sur le marché immobilier continuera à être forte, notamment en raison de la présence de 1,4 million de réfugiés syriens, soit près de 15 % de la population totale. L’économie jordanienne pourrait bénéficier en 2018 de la réouverture (le 30 août 2017) de la frontière avec l’Irak au niveau de Karameh-Tureibil. En effet, 14 % des exportations jordaniennes étaient destinées au marché irakien jusqu’en 2014, avant le renforcement de la position du groupe État Islamique en Irak. Le secteur de la banque et de l’assurance devrait continuer à être un des moteurs de la croissance jordanienne (+4,3 % au premier semestre de 2017). L’activité touristique devrait reprendre, principalement stimulée par les arrivées en provenance des pays du Golfe et d’Europe. Les transferts des travailleurs expatriés dans les pays du Conseil de Coopération du Golfe (CCG) pourraient augmenter, dans un contexte de croissance des prix du pétrole en 2017.

En matière de politique monétaire, la banque centrale devrait continuer à maintenir son taux de change fixe du dinar par rapport au dollar.

 

Des déficits jumeaux à des niveaux très élevés, malgré les réformes

Malgré les réformes budgétaires engagées dans le cadre du renouvellement, en 2016, du Mécanisme Elargi De Crédit (MEDC, 2016-2019) du FMI, le déficit et la dette publique se maintiennent à un niveau élevé. La consolidation budgétaire s’est traduite par une baisse du déficit public de plus de 50 % entre 2014 et 2016, mais son niveau est resté stable en 2017. Seuls 5 % des ménages versant des impôts sur leur revenu, il existe une forte dépendance de l’État aux revenus provenant des entreprises. Les impôts versés par les individus représentent seulement 3,2 % des revenus. Le projet du gouvernement concerne l’élargissement de son assiette fiscale en 2018, notamment en augmentant la TVA, les taxes douanières et les impôts sur les sociétés du secteur bancaire, minier et des télécommunications. En effet, les revenus fiscaux ne représentent que 15,4 % du PIB. Le gouvernement aura pour objectif d’améliorer sa lutte contre l’évasion fiscale et supprimer les exemptions dont bénéficient certaines entreprises. Pour financer son déficit, la Jordanie bénéficiera de taux préférentiels de la part de ses partenaires européens, qui ont approuvé en octobre 2017, un emprunt de 100 millions d’euros dans le cadre du programme d’Assistance Macro-Financière (AMF).

La Jordanie est importatrice nette de pétrole et de gaz. Les importations ne devraient pas fortement augmenter, dépendant principalement de l’évolution des prix des matières premières et des denrées alimentaires. Les exportations bénéficieraient de l’ouverture de la frontière avec l’Irak et du « Jordan Compact », qui inclut un accord de libre-échange avec l’Union Européenne. En septembre 2017, les réserves de change étaient à un niveau confortable de 12,8 milliards de dollars, soit 7,2 mois d’importations.

 

Stabilité politique mise à l’épreuve par les conflits régionaux et la crise des réfugiés

Malgré l’entrée en vigueur d’une nouvelle loi électorale ayant pour objectif d’atténuer l’avantage des candidats non-partisans au scrutin national (seuls 17 % des députés sont affiliés à un parti), les élections législatives de septembre 2016 n’ont que peu modifié le paysage politique de la Jordanie. Le taux de participation aux élections est resté faible, à 37 %, en dépit de la participation du parti islamiste proche des frères musulmans (Front d’Action Islamique) qui avait boycotté les deux précédents scrutins en 2010 et 2013. Les élections municipales et régionales d’août 2017 ont également connu une participation fragile de 31,7 % et un grand désintérêt des partis politiques. Le pays est frontalier de la Syrie et de l’Irak et plus de la moitié de sa population est constituée de réfugiés, principalement palestiniens, et de leurs descendants. Les réfugiés syriens peuvent depuis octobre 2017 obtenir un permis de travail; une mesure ayant pour objectif de réduire l’importance de l’économie souterraine et d’intégrer la population syrienne. Le retour de nombreux jordaniens qui avaient rejoint le groupe État Islamique (suite aux défaites du groupe en Irak et en Syrie) et les éventuelles tensions ethniques entre communautés constitueront un défi sécuritaire pour le pays.

En dépit d’une amélioration (de la 118e place en 2017 à la 103e place en 2018 du classement Doing Business), le climat des affaires pâtit encore de la situation régionale instable. 

 

 

Dernière mise à jour : Janvier 2018

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