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Kazakhstan

Kazakhstan

Population 17,9 millions
PIB par habitant 7 456 $US
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

 

 

   2015  2016  2017(p)  2018(p)
Croissance (%) 1,2 1,1 3,3 3,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 6,7 14,6 7,5 6,5
Solde public / PIB (%)* -9,0 -4,5 -7,0 -2,0
Solde courant / PIB (%) -2,8 -6,4 -4,5 -3,5
Dette publique / PIB (%) 22,0 21,0 22,0 22,0

* y.c. transferts du fonds pétrolier (NFRK) (p) : prévision

POINTS FORTS

  • Augmentation de la production pétrolière
  • Abondance des investissements directs étrangers
  • Position créditrice nette de l’État
  • Positionnement stratégique entre la Chine et l’Europe
  • Augmentation de la population active (67 % du total) grâce à une démographie dynamique
  • Niveau de formation relativement élevé

POINTS FAIBLES

  • Économie dépendante des matières premières (pétrole, gaz, uranium et fer)
  • Fragilité du système bancaire
  • Lacunes persistantes du cadre juridique et institutionnel : corruption, lenteurs administratives et obstacles aux échanges commerciaux
  • Insuffisance des infrastructures routières, portuaires et électriques
  • Risque d’instabilité politique en cas de succession précipitée du Président Nazarbaïev
  • Enclavement et faible densité de population, notamment dans les régions septentrionales

Appréciation du risque

Croissance modérée et fragilité bancaire

En 2018, l’économie conserverait une croissance modérée. L’investissement (25 % du PIB) continuerait de profiter du développement des infrastructures publiques, notamment routières et ferroviaires, éventuellement dans le cadre de l’initiative chinoise « One Belt, One Road », soutenant le secteur de la construction. Le site de l’Expo 2017 d’Astana doit être transformé en centre financier international. Cependant, malgré les incitations fiscales et la création d’une bourse reposant sur la privatisation partielle d’entreprises publiques, il se heurtera à la concurrence de celui d’Almaty et aux réticences des investisseurs face aux carences institutionnelles. Les exportations composées pour 57 % de pétrole et pour 16 % de métaux (acier, fer, cuivre, uranium) devraient profiter de la modernisation de trois raffineries, de la construction d’une usine de nickel et de l’augmentation de la production du champ pétrolier de Kashagan. Le pays demanderait une révision de son quota de 1,7 mb/j à l’OPEP. Simultanément, les importations de biens d’équipement (1/2 du total) devraient aussi augmenter en lien avec le développement des infrastructures, ce qui, au final, maintiendrait la contribution légèrement négative des échanges à la croissance. La consommation des ménages (un peu plus de la moitié du PIB) progresserait toujours modérément du fait d’une inflation significative et d’un crédit toujours cher et rare.

Depuis l’abandon de l’ancrage du tenge au dollar (août 2015) et son flottement au gré de l’évolution des prix du pétrole, la banque centrale se concentre sur la maîtrise de l’inflation. Celle-ci est modérée par la baisse des anticipations des agents économiques, ainsi que par la stabilisation des prix importés liée à celle du tenge. Néanmoins, elle devrait encore atteindre plus de 6 % en 2018. Par ailleurs, malgré de nouvelles recapitalisations coûteuses (à hauteur de 5 % du PIB) en 2017, le système bancaire demeure fragilisé par la forte dépréciation du tenge survenue, alors que la crise de 2008 n’avait pas été complètement absorbée. Le pourcentage de prêts douteux, officiellement de 10,7 % à juillet 2017, est certainement bien supérieur. De plus, le système est à la fois éparpillé (33 établissements, souvent de petite taille) et concentré avec un établissement réunissant 37 % des dépôts. Enfin, si la part des dépôts en dollars est redescendue de son pic de 2016, elle atteignait encore 50 % en août 2017. De nombreux établissements sont la propriété de personnalités influentes qui ne se laissent pas imposer facilement la remise en ordre et parviennent à obtenir des fonds publics pour éviter la liquidation. Dans ces conditions, les taux d’intérêt sur les prêts interbancaires seraient proches de 13 %.

 

Déficits en recul et riche fonds souverain

Malgré la chute des revenus pétroliers (tombés de 50 à 35 % des recettes budgétaires), l’augmentation des dépenses de soutien à l’activité, le coûteux sauvetage bancaire et la dépréciation, la dette publique (pour moitié en devises) reste légère. Cela s’explique par le recours au fonds souverain. Nette des actifs détenus par ce fonds, la position de l’État est créditrice à hauteur de 18 % du PIB. Hormis un nouveau sauvetage bancaire, le déficit devrait diminuer en 2018. Même encore sollicité, le fonds souverain, qui représente près de deux fois la dette, se stabiliserait grâce à l’augmentation de la production d’hydrocarbures. Les marges d’amélioration existent compte tenu de la mauvaise collecte fiscale et des nombreuses exemptions. Elles permettraient de réduire la dépendance aux revenus pétroliers, tout en accroissant les dépenses en capital.

Le déficit courant apparu en 2015 devrait refluer. L’excédent commercial remonterait avec l’augmentation de la production d’hydrocarbures des champs de Kashagan, Tengiz et Karachaganak. Ultérieurement, le démarrage de nouvelles usines d’automobiles et de combustible nucléaire, destiné à réduire la dépendance aux hydrocarbures y contribuera. L’important et croissant stock d’investissements étrangers concentrés dans les hydrocarbures continuera de générer d’importantes sorties de revenus. La location du site spatial de Baïkonour à la Russie rapporte peu. L’endettement des banques et des entreprises, majoritairement libellé en devises, s’est envolé avec la dévaluation. Il est redescendu à 100 % du PIB et devrait encore s’alléger. De plus, la moitié de la dette correspond à des engagements intra-groupes liés à des IDE. Enfin, le montant des réserves de change de la banque centrale (8,6 mois d’importation, hors or) et les actifs étrangers du fonds souverain (62 milliards d’USD en juillet 2017, soit 42 % du PIB) rendent créditeur vis-à-vis du reste du monde.

 

Succession présidentielle incertaine

N. Nazarbaïev, qui dirige le pays depuis 1989 a été réélu pour un cinquième mandat en avril 2015, avec 98 % des voix. En l’absence de réelle opposition, son parti (Nur Otan) a confortablement remporté les élections législatives de mars 2016 (plus de 80 % des suffrages). Les réformes constitutionnelles de 2017 accroissant les pouvoirs du parlement et du gouvernement restent théoriques. La stabilité politique du pays reste source d’incertitude en raison du risque de conflits qui pourraient éclater entre les différents clans au pouvoir, si la succession du président (77 ans) était précipitée en cas d’incapacité. Les protestations de masse sont rares, d’autant que les mesures de sécurité sont renforcées par la crainte du terrorisme et du fondamentalisme musulman. 

 

Dernière mise à jour : Janvier 2018

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