Les études économiques et analyses risques pays et risques sectoriels Coface
Kenya

Kenya

Population 45,5 millions
PIB par habitant 1 552 $US
A4
Evaluation des risques pays
B
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

 

 

   2015  2016  2017(p)  2018(p)
Croissance PIB (%) 5,7 5,8 4,8 5,2
Inflation (moyenne annuelle, %) 6,6 6,3 8,0 5,2
Solde public / PIB (%)* -8,7 -7,7 -8,9 -8,3
Solde courant / PIB (%) -6,8 -5,2 -5,9 -5,7
Dette publique / PIB (%) 50,7 52,6 56,2 59,0

* dernière année fiscale du 1er juillet 2017 au 30 juin 2018 (p) : prévision

POINTS FORTS

  • Première économie d’Afrique de l’Est
  • Rôle pivot au sein de la Communauté d’Afrique de l’Est, premier marché commun africain
  • Agriculture diversifiée et développement des services (télécommunications et services financiers)
  • Amélioration du climat des affaires
  • Dynamisme démographique et émergence d’une classe moyenne 

POINTS FAIBLES

  • Pays dépendant de l’énergie hydroélectrique et de l’agriculture pluviale
  • Persistance de goulots d’étranglement et pénurie de compétences
  • Risque terroriste
  • Gouvernance en amélioration mais corruption persistante
  • Divisions ethniques

Appréciation du risque

Croissance robuste, malgré l’incertitude politique et la lente progression du crédit

Entravée en 2017 par la sécheresse, la lente progression du crédit et l’incertitude politique, la croissance devrait être plus robuste en 2018. Elle bénéficierait de l’atténuation des conditions de sécheresse qui avaient contraint la croissance du secteur primaire et secondaire (avec les agro-industries). Les cultures d’exportation (thé, café et horticulture) devraient, ainsi, réduire la contribution négative de la balance commerciale. L’investissement public continuerait d’être un moteur de la croissance, principalement grâce au développement de projets d’infrastructures. Le début des travaux de la route entre Malindi et Bagamoyo (Tanzanie) favoriserait l’activité de la construction. L’achèvement de projets, comme la ligne ferroviaire Nairobi-Mombasa ou l’ouverture d’un second terminal de conteneurs au port de Mombasa, bénéficieront aux transports. En revanche, malgré les nombreux efforts entrepris pour améliorer le climat des affaires, les conditions de crédit défavorables et les heurts consécutifs à la séquence électorale difficile du second semestre 2017, pourraient ralentir l’investissement privé. La situation politique pourrait également affecter la consommation des ménages, mais cette dernière devrait rester dynamique à la faveur de la réduction de l’inflation. La consommation tirera ainsi les services, même si les activités touristiques, engagées sur une trajectoire ascendante, pourraient souffrir de la perception d’une dégradation du climat sécuritaire. Alors que les tensions sur les prix des denrées alimentaires se sont dissipées, le retrait de subventions sur les produits alimentaires et la demande interne devraient maintenir l’inflation au milieu de la fourchette cible de la banque centrale (5 % 2,5 %).

 

Le coût des élections pèse sur les comptes publics

Grevé en 2017 par la hausse des dépenses courantes, notamment l’organisation de deux scrutins, le déficit budgétaire devrait se réduire en 2018. La suppression des subventions sur le maïs, mises en place pour faire face au risque d’insécurité alimentaire, devrait notamment alléger la facture des dépenses courantes. La réduction de cette dernière, qui n’a cessé de gonfler ces dernières années, a été érigée en priorité par le Trésor, afin de dégager des marges de manœuvre pour augmenter les dépenses de développement. La croissance robuste et les réformes de l’administration fiscale devraient permettre aux recettes de continuer à croître. Le déficit sera encore financé par une combinaison d’emprunt domestique, en majorité, et extérieur. Même si la dette extérieure (52 % du stock total) est essentiellement concessionnelle, l’ascension rapide du niveau d’endettement est une source d’inquiétude grandissante. L’accumulation de dette domestique pourrait créer un effet d’éviction sur le crédit au secteur privé.

Le déficit courant devrait se réduire légèrement en 2018. Toutefois, le large déficit de la balance des biens devrait continuer à peser sur le solde global. De meilleures conditions climatiques permettraient une amélioration des exportations de thé et de produits horticoles. Même si les premiers barils de brut devraient commencer à être exporté en 2018, le pétrole ne devrait pas permettre de réduire significativement le déficit commercial avant 2021. Les importations de biens d’équipement resteront élevées, mais leur progression devrait être inférieure à celle des exportations. La balance des invisibles (services, transferts et revenus) restera excédentaire grâce, principalement, au tourisme et aux transferts des travailleurs expatriés. Malgré l’incertitude politique, le pays demeure une destination attractive pour les capitaux étrangers, permettant, ainsi, de financer le déficit. De plus, les réserves de change, équivalentes à 5 mois d’importations, amortiraient un éventuel choc extérieur, et limiteraient la volatilité du shilling kenyan.

 

L’incertitude politique ternit la perception du climat des affaires

En 2017, le président Uhuru Kenyatta a été réélu pour un second mandat au terme d’une séquence politique controversée. Attendues avec anxiété compte tenu de l’historique d’instabilité politique du pays, les élections générales du 8 août 2017 ont accouché d’un scénario inattendu. Après l’annonce de la réélection de M. Kenyatta (54 % des voix) et, surtout, après que Raila Odinga, principal candidat de l’opposition, a rejeté les résultats de la Commission électorale (IEBC), la Cour Suprême annulait le résultat des élections en raison d’irrégularités, dont la responsabilité a été attribuée à l’IEBC, et demandait la tenue d’un nouveau scrutin. Entachée par le boycott de M. Odinga, qui a jugé les réformes de l’IEBC insuffisantes, la victoire du président sortant avec plus de 98 % des voix, mais une participation très faible (39 % contre 79 % en août), lors du scrutin du 26 octobre, a été validée par la Cour suprême. Même si M. Kenyatta a été investi, le rejet des résultats par l’opposition et le refus de coopérer pourraient être des obstacles à un retour à une gouvernance normale. Cette incertitude politique s’ajoute à un environnement sécuritaire toujours menacé par l’activité des Shebabs, pesant, ainsi, sur la perception du climat des affaires. D’après le rapport Doing Business 2018, celui-ci est en progrès: le pays a simplifié la création d’entreprises, raccourci les délais de traitement grâce à un guichet unique et mis sur pied une plateforme permettant aux entreprises de déclarer leurs impôts en ligne. Le pays se classe ainsi 80e dans le classement mondial relatif à la facilité de faire des affaires, soit le troisième rang régional.

 

Dernière mise à jour : Janvier 2018

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