Les études économiques et analyses risques pays Coface
Liberia

Liberia

Population 4,2 millions
PIB par habitant 481 $US
D
Evaluation des risques dans ce pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2012/13 2013/14  2014/14 (p) 2015/16 (p)
Croissance PIB (%) 8,7 0,7 0,9 2,0
Inflation (moyenne annuelle) 7,6 9,9 7,9 8,2
Solde budgétaire / PIB (%)*  -4,7  -3,5  -10,2 -6,9
Solde courant / PIB (%)*  -28,2  -28,7  -41,6 -37,1
Dette publique / PIB (%) 27,4 33,5 41,2 46,1

 

(e) Estimations (p) Prévisions  *Année fiscale de juillet à juin  *Hors dons

POINTS FORTS

  • Diversité des ressources naturelles (caoutchouc, bois, fer, or, diamants, pétrole)
  • Fort soutien de la communauté internationale
  • Investissements croissants dans le secteur minier et dans les infrastructures
  • Membre de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO)

POINTS FAIBLES

  • Infrastructures déficientes
  • Dépendance aux cours des matières premières exportées, de l’énergie et des produits alimentaires
  • Pauvreté et chômage importants
  • Démocratie récente et fragile
  • Environnement des affaires difficile 

Appréciation du risque

Une reprise progressive de la croissance après le virus Ebola

Le Libéria a été un des trois pays les plus affectés d’Afrique de l’Ouest par le virus Ebola (pertes de revenus estimées à 12% du PIB en 2015 selon la Banque Mondiale). Les pertes économiques liées à ce risque sanitaire comme les dépenses de santé, la réduction des IDE et les fuites de capitaux devraient continuer de peser sur la croissance en 2016. Elles seront de plus aggravées par les faibles prix du minerai de fer et du caoutchouc représentant 75% des exportations du pays. La reprise progressive de la production minière avec notamment celle de la China Union, seconde compagnie minière du pays, ainsi que le début de la production commerciale d’or devraient néanmoins permettre de soutenir les recettes d’exportation. Malgré les pénuries de main d’œuvre et les restrictions de transport, la production agricole (53% du PIB) devrait aussi participer à la reprise de la croissance en 2016. La réalisation de certains projets miniers et d’infrastructures de transport et d’énergie qui avaient été reportés à cause de l’épidémie devrait tirer les investissements publics et privés. Ils resteront cependant pénalisés par l’environnement des affaires difficile, d’autant plus que la résurgence de l’épidémie reste un risque à court terme qui ne peut être exclu.
Du côté des prix, l’inflation devrait rester élevée compte tenu des pénuries alimentaires qui entretiennent des pressions inflationnistes non négligeables.

 

Des déséquilibres financiers importants

Le budget sera significativement affecté par les conséquences liées au virus Ebola. Les recettes de l’Etat resteront restreintes par la faible croissance (taxes, impôts, redevances minières). En parallèle, les dépenses resteront importantes notamment les dépenses sociales pour venir en aide aux populations les plus démunies, les dépenses en infrastructures et les dépenses militaires pour combler le départ des troupes des Nations Unies. Des restrictions budgétaires ont été introduites dans le budget 2015/2016, à travers une restructuration de l’administration (baisse des salaires et suppresion de postes). Le déficit budgétaire sera financé par les aides de certains gouvernements (Etats-Unis, Chine), par les prêts extérieurs concessionnels et par les emprunts obligataires de l’Etat. Le FMI a approuvé une aide de 45,6 millions de dollars en vertu de la Facilité élargie de crédit étendue jusqu’en février 2016 et un allégement de la dette de 36,5 millions de dollars sous forme de subvention grâce au Catastroph Containment and Relief (CCR), son nouvel outil pour aider les pays à faibles revenus face à des catastrophes naturelles majeures. Malgré cela la dette publique augmente rapidement.
Le solde courant, structurellement déficitaire, devrait rester élevé en 2016. D’une part, les restrictions de mobilité ainsi que la modération du cours des principales matières premières exportées limiteront les recettes d’exportation. D’autre part, les contraintes pesant sur la production agricole nécessiteront une hausse des achats de biens alimentaires. Les importations progresseront de plus compte tenu des investissements en infrastructures et à l’expansion des projets dans le secteur minier. Elles seront cependant modérées par le départ des forces des Nations Unies et les faibles prix de l’énergie. Ce déficit courant sera financé par des investissements directs étrangers (IDE) et par des transferts de fonds des bailleurs internationaux. La prochaine accession du Libéria à l’OMC devrait simplifier les procédures et les droits de douane, contribuant à renforcer à terme sa compétitivité commerciale.

 

Tensions sociales et fragilité politique

La situation politique s’est nettement améliorée depuis la fin de la guerre civile (2003) mais demeure fragile. Les nombreux remaniements ministériels témoignent de la fragmentation de la scène politique et de la précarité des alliances. La présidente Ellen Johnson Sirleaf continuera de faire face aux défis de la crise sanitaire et de ses conséquences sur la population et l’économie. En plus des frustrations socioéconomiques (chômage, pauvreté), les pénuries (nourriture, eau et énergie) et les allégations de corruption pourraient continuer d’alimenter les mouvements de protestation. La situation sécuritaire sera d’autant plus précaire que les troupes de la Mission des Nations Unies au Libéria (MINUL) devraient se retirer totalement d’ici juin 2016, après 13 ans de présence dans le pays. Au regard des tensions sociales à l’approche des élections présidentielles et législatives d’octobre 2017 et des anciens combattants désarmés qui seraient prêts à rejoindre des milices régionales, le départ des troupes laisse un vide sécuritaire qui présente un risque à court terme. La circulation transfrontalière à grande échelle d'armes et de mercenaires restera une préoccupation, compte tenu notamment de l'influence des cartels internationaux de la drogue dans la sous-région. En dépit des engagements et mesures pris par le gouvernement (lutte contre le détournement de fonds publics, amélioration de l’accès au crédit), le pays pâtit d’un climat des affaires très difficile (positionné au 179ème rang sur 189 au classement Doing Business 2016 de la Banque Mondiale).

 

Dernière mise à jour : Janvier 2016

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