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Liberia

Liberia

Population 4,7 millions
PIB par habitant 478 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

 

 

   2015  2016  2017(p)  2018(p)
Croissance PIB (%) 0,0 -1,6 2,6 3,9
Inflation (moyenne annuelle, %) 7,7 8,8 12,8 10,0
Solde public / PIB (%)* -10,2 -5,3 -7,9 -5,9
Solde courant / PIB (%) -35,2 -24,7 -26,7 -31,3
Dette publique / PIB (%) 39,5 45,0 50,8 56,2

* Dernière année fiscale : du 1er juillet 2017 au 30 juin 2018 (p) : prévision

POINTS FORTS

  • Diversité des ressources naturelles (caoutchouc, fer, or, diamant, pétrole)
  • Fort soutien financier de la communauté internationale
  • Membre de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO)

POINTS FAIBLES

  • Infrastructures déficientes
  • Dépendance aux cours des matières premières
  • Pauvreté et chômage importants, éducation et santé défaillants
  • Récente épidémie d’Ebola, réapparition possible
  • Démocratie récente et fragile, forte corruption
  • Environnement des affaires difficile
  • Secteur informel prépondérant 

Appréciation du risque

Un contexte économique plus favorable

En 2017, le Libéria est sorti d’une récession, provoquée par le virus Ebola, la baisse des prix des matières premières et le retrait progressif de la mission de maintien de paix de l’ONU (UNMIL). Les perspectives de croissance sont meilleures pour 2018. Ce momentum est favorisé par la reprise du secteur minier (or et diamant principalement). La production y aurait augmenté de 15 % en 2017, et les investissements dans ce secteur continueraient de suivre une courbe ascendante (+5 % attendus en 2018) pour retrouver leur niveau de pré-crise. Toutefois, le prix du fer pourrait diminuer en 2018, ce qui découragerait les investisseurs étrangers. Les investissements devraient, au contraire, augmenter dans d’autres secteurs avec l’accord entre l’État et Tidfore Investment pour la construction de la première usine d’acier du pays, dont le coût est estimé à 200 millions de dollars US (10,5 % du PIB). Dans un objectif de diversification, la priorité affichée par le gouvernement est de développer l’activité touristique dans le cadre de la Stratégie nationale pour le développement du tourisme (2016-2020). Cela passerait par le développement des infrastructures, notamment grâce au Fonds routier, alimenté par la taxation du carburant et la contribution de la Millenium Challenge Corporation (MCC).

La dépréciation du dollar libérien par rapport au dollar US (20 % notamment sur les six premiers mois de 2017) devrait quelque peu ralentir, réduisant les pressions inflationnistes qui pèsent sur la consommation privée. La politique monétaire restrictive de la banque centrale est peu efficace en raison de la forte dollarisation de l’économie (90 % des crédits et 80 % des dépôts). Deux monnaies, le dollar libérien et le dollar US ont cours légal et se font concurrence.

 

Des déficits difficilement comblés par l’aide étrangère

Avec la récession, les recettes de l’État ont chuté significativement. Ce sont les aides internationales qui ont permis d’équilibrer le budget même si leur part devrait diminuer progressivement. L’UE déboursera 65 millions EUR (3,4 % du PIB) dans un programme d’aide entre 2016 et 2018. De même, le Mécanisme élargi de crédit (MEDC) du FMI, qui s’est achevé fin 2017 (mais devrait être renouvelé), augmentera les recettes de l’État pour l’année fiscale 2017-2018 à hauteur de 20,7 millions de dollars US. Les dépenses courantes représenteront 90 % du budget. Néanmoins, des efforts sont réalisés pour réduire la masse salariale, principal poste de dépenses. Le retrait de l’UNMIL, qui s’achèvera en mars 2018, accroîtra les difficultés budgétaires avec une hausse probable des dépenses sécuritaires. Le déficit public est financé par des prêts concessionnels bilatéraux et multilatéraux.

Le déficit courant massif, dû au déséquilibre de la balance commerciale, devrait continuer à se creuser en 2018. Les exportations sont surtout constituées de matières premières brutes, dont le caoutchouc (34,6 % des exportations en 2016), le fer (29,3 %) et le diamant (17 %) sont les principales composantes. La baisse des cours des deux premiers pénaliserait les termes de l’échange. Seules les exportations d’huile de palme devraient croître considérablement, suite aux investissements dans le secteur. Les importations devraient augmenter, dans un contexte de fermeté des prix du pétrole et de dépréciation du dollar libérien. Pour financer le déficit, le pays est dépendant des transferts des expatriés (50 % du PIB en 2016), particulièrement aux États-Unis en raison des liens historiques. Depuis décembre 2016, 25 % de ces fonds sont retenus par la banque centrale, pour pallier l’hémorragie des réserves de devises, qui équivalait à 2,5 mois d’importations fin 2017. La fuite des capitaux devrait, néanmoins, s’estomper en cas de transition démocratique suite à l’élection présidentielle de 2017. Toutefois, ces revenus sont insuffisants, les IDE (11 % du PIB en 2016) et les prêts extérieurs permettent de compenser le déficit courant.

 

Transition démocratique compliquée, le Ballon d’Or vainqueur des élections

Après deux guerres civiles successives (1990-1997 et 1999-2003) ayant fait plus de 250 000 morts, soit 8 % de la population totale, et une période de transition (2003-2006), Ellen Johnson Sirleaf a dirigé le pays pendant plus de 10 ans. Elle a contribué à la forte amélioration de la situation et à la pacification du champ politique. Après deux mandats, elle ne pouvait plus se présenter aux élections présidentielles dont le premier tour a eu lieu le 10 octobre 2017. La première transition démocratique et pacifique entre deux présidents élus depuis 73 ans a été compliquée. En effet, aucun des candidats n’a remporté la majorité absolue, donnant lieu à un deuxième tour entre l’ex-footballeur George Weah et le vice-président depuis 2006 Joseph Boakai. Initialement prévu le 7 novembre, il a été reporté sine die par la Cour Suprême suite à la plainte pour fraude (qui a été rejetée le 20 novembre) du candidat Charles Brumskine, arrivé en troisième position. De grandes incertitudes prévalent quant aux politiques menées par le prochain président, George Weah, qui a été élu le 28 décembre 2017.

Malgré les réformes engagées par E. J Sirleaf, l’environnement des affaires reste difficile (172e sur 190 au classement Doing Business 2018), en particulier en raison de l’absence des infrastructures et l’absence de droit de propriété légal (non-coutumier). 

 

Dernière mise à jour : Janvier 2018

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