Les études économiques et analyses risques pays Coface
Lituanie

Lituanie

Population 2,9 millions
PIB par habitant 14180 $US
A3
Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2014 2015  2016(p) 2017(p)
Croissance PIB (%) 3,5 1,8 2,1 2,8
Inflation (moyenne annuelle) 0,2 -0,7 0,8 2,0
Solde budgétaire / PIB (%) -0,7 -0,2 -0,3 -0,8
Solde courant / PIB (%) 3,8 -2,2 -1,0 -2,0
Dette publique / PIB (%) 40,5 42,7 40,3 43,4

(p) Prévisions

POINTS FORTS

  • Appartenance à la zone euro (2015)
  • Perspective d’entrée à l’OCDE
  • Comptes publics et extérieurs solides
  • Système bancaire dominé par trois établissements scandinaves
  • Zone de transit entre Union européenne et Russie / enclave de Kaliningrad
  • Diversification de l’approvisionnement énergétique (terminal gazier de Klaïpeda, potentiel en gaz de schiste, liaisons électriques avec Pologne et Suède)

POINTS FAIBLES

  • Diminution de la population active (émigration des jeunes qualifiés)
  • Forte économie souterraine (26 % du PIB)
  • Forte disparité entre la capitale et la province, notamment le nord-est
  • Chômage structurel élevé
  • Valeur ajoutée limitée des exportations (produits minéraux, bois, agroalimentaire, meubles, matériel électrique)
  • Erosion de la compétitivité par insuffisance des gains de productivité

Appréciation du risque

Activité portée par la demande intérieure

L’activité accélérerait en 2017. Après sa chute liée à la jointure entre deux programmes européens, l’investissement public en infrastructures progresserait fortement grâce au retour des fonds européens. Cependant, le moteur principal restera la consommation privée (65 % du PIB). Les ménages vont profiter d’une augmentation de 60 % du seuil d’imposition de leurs revenus et de la poursuite de la hausse des salaires, liée au faible volant de main d’œuvre qualifiée, et de celle du salaire minimum. Cependant, la croissance de la consommation pourrait être atténuée par le retour de l’inflation et un essoufflement de l’emploi lié à la diminution de la population active. Les exportations (plus de 70 % du PIB), dont 60 % sont dirigées vers l’Union européenne, profiteraient d’une croissance européenne modérée. Les prix du blé, du bois, des produits laitiers, des fruits et des fertilisants (14 % des exports à eux tous), ainsi que ceux des produits (16 % des exports) de la raffinerie Orlen Lietuva du groupe polonais Orlen, premier contribuable du pays, ne baisseraient plus. De plus, à la suite des contre-sanctions et de la récession russe accompagnées de la chute du rouble, des marchés de substitution ont pu être trouvés pour les produits agroalimentaires et le transport routier servant l’activité de transit avec la Russie. Cependant, comme les importations, favorisées par le dynamisme de la demande intérieure, notamment la reprise de l’investissement public, augmenteraient plus rapidement que les exportations, la contribution des échanges à la croissance pourrait devenir légèrement négative.

 

Faibles déficits public et courant

La situation des comptes publics s’est nettement améliorée depuis 2009, lorsque le déficit dépassait 9 %. Même si l’augmentation des dépenses de défense, l’indexation des retraites et la réduction des cotisations sociales prévues en 2017 ne seront que partiellement compensées par l’augmentation des recettes liée au dynamisme de la consommation et des revenus, le déficit global devrait rester faible. Le poids de la dette publique (85 % détenus par des non-résidents et 37 % libellés en dollars) devrait connaître une hausse technique en 2017 liée à un refinancement par anticipation d’échéances ultérieures. Sa baisse sera lente, d’autant plus que le déficit structurel (-1,4 % prévu en 2016), c’est-à-dire corrigé de l’influence de la conjoncture, ne diminue pas.

Le déficit des échanges de biens (5,3 % du PIB en 2015) pourrait augmenter légèrement en 2017 en raison du dynamisme de la demande interne à laquelle la production manufacturière locale ne répondra que partiellement. L’excédent des services généré par le transport routier en couvrirait la presque totalité. Les rapatriements de dividendes et intérêts par les investisseurs étrangers (4,3 % du PIB en 2015) excéderaient encore les remises des émigrés (2,7 %). Dans ces conditions, la balance courante pourrait légèrement se détériorer, mais son déficit resterait faible. Les fonds structurels européens, en moyenne 3 % du PIB chaque année, continueront de financer les infrastructures de transport et d’énergie, la recherche et l’innovation. Les investissements directs étrangers resteraient majoritairement issus du nord de l’Europe et sectoriellement diversifiés. Le poids de la dette extérieure (84 % du PIB à fin juin 2016) diminue lentement avec l’endettement des banques (15 % du total) auprès de leurs maisons-mères. 63 % sont dus par le secteur public, 11 % par les sociétés non financières, le solde correspondant à des engagements intragroupes dans le cadre d’IDE.

 

L’arrivée inédite des centristes au pouvoir ne devrait pas beaucoup changer la donne

Irrités par la corruption, le projet de nouveau code du travail et leur niveau de vie inférieur à la moyenne européenne, les électeurs ont, lors des élections d’octobre 2016, et contre toute attente, donné la victoire au parti centriste Union des paysans et des verts (LVZS) qui a remporté 56 sièges sur 141 au Seimas, le parlement local. Mettant fin à l’alternance de coalitions dirigées par les conservateurs et les socio-démocrates, Saulius Skvernelis (LVZS) a formé un gouvernement de coalition avec le Parti social-démocrate (17 sièges). Nonobstant, la politique devrait peu évoluer. Le Nouveau modèle social préparé par l’équipe précédente, visant à réduire les inégalités et la pauvreté, ainsi qu’à consolider le système de retraite, devrait être adopté. Avec des recettes publiques représentant 34 % du PIB et une imposition uniforme des revenus de 15 %, des marges de manœuvre existent. Par contre, le nouveau code du travail visant à fluidifier le marché, sur lequel la présidente Dalia Grybauskaité, une indépendante, avait opposé son véto pour cause d’insuffisante protection des salariés, devrait être révisé. Le rôle de l’Etat pourrait être renforcé avec la création d’une banque de développement, l’instauration d’un monopole public de la vente d’alcool et la création de pharmacies publiques. La présidente conservera sa politique pro-européenne et de fermeté face à la Russie, alors que le pays partage une frontière avec l’enclave russe de Kaliningrad, où se trouve une importante base navale. La minorité polonaise (7 % de la population) continuera de faire l’objet de critiques pour cause de collusion alléguée avec la Russie.

 

 

Dernière mise à jour : Janvier 2017

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