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Malawi

Malawi

Population 18,6 millions
PIB par habitant 295 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

 

 

 

 

   2015  2016  2017(p)  2018(p)
Croissance PIB (%) 3,3 2,7 4,5 5,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 21,3 21,8 12,9 10,6
Solde public* / PIB (%) -9,2 -10,0 -7,6 -5,4
Solde courant / PIB (%) -9,4 -13,9 -9,3 -8,2
Dette publique / PIB (%) 54,6 54,3 49,9 48,9

* hors dons sur l’année fiscale (de juillet à juin) (p) : prévision

POINTS FORTS

  • Ressources naturelles (uranium, thé, café, tabac)
  • Secteur des services en pleine expansion
  • Retour du soutien des bailleurs de fonds
  • Membre de la SADC (Southern African Development Community) et de la COMESA (Common Market for Eastern and Southern Africa)

POINTS FAIBLES

  • Économie dominée par l’agriculture, vulnérable aux conditions climatiques
  • Insécurité alimentaire
  • Inflation élevée
  • Défaillances des infrastructures (eau, énergie)
  • Réserves de change faibles
  • Accroissement de la pauvreté extrême
  • Tensions diplomatiques avec la Tanzanie et le Mozambique 

Appréciation du risque

L’agriculture nourrit la croissance

Après deux années marquées par des chocs climatiques accompagnés de disettes, la croissance a été plus vigoureuse en 2017, grâce à la hausse de la production agricole. Représentant près de 30 % du PIB, l’agriculture, si épargnée par les aléas climatiques, sera encore le principal moteur de la croissance en 2018. La production de maïs, de tabac, de thé et de sucre sont notamment attendues en hausse. Avec près de 65 % des emplois dans le secteur, la consommation des ménages, dopée par des revenus plus élevés, devrait en bénéficier. De plus, l’effet d’érosion exercé par l’inflation sur les revenus des ménages devrait être atténué par la diminution des pressions inflationnistes. En conséquence, les activités de commerce, dynamiques en 2017, devraient confirmer leur meilleure tenue. Le secteur tertiaire bénéficiera de la reprise de l’activité agricole, à l’image de la demande pour les services de transports qui devrait, par exemple, augmenter. Les efforts du gouvernement pour restaurer la confiance des investisseurs, ébranlée en 2013 par le scandale de détournement de fonds publics cashgate, pourraient permettre de stimuler la croissance par le canal de l’investissement privé. Ce dernier, au même titre que le commerce, pourrait également être favorisé par le traité contre la double imposition signé avec la Zambie en 2017. En dépit de la nécessité d’opérer un ajustement budgétaire, les dépenses de développement devraient être préservées et soutiendraient l’activité. Essentiellement destinées aux infrastructures, cet investissement portera les secteurs de l’énergie et de la construction. L’initiation de la phase I de la centrale thermique à charbon Kamwamba en 2018 participera également au dynamisme de ce dernier. Toutefois, en dépit des perspectives favorables, la croissance, en particulier dans l’industrie, demeurera entravée par la déficience de l’accès au crédit et de l’approvisionnement en eau et en électricité.

Malgré les pressions baissières pesant sur le kwacha malawien, la désinflation, amorcée en 2017, devrait se poursuivre en 2018 grâce à l’atténuation de la hausse des prix des denrées alimentaires.

 

Amélioration des déficits jumeaux

A un niveau préoccupant suite au scandale cashgate et aux dérapages budgétaires successifs, le déficit budgétaire a commencé à se résorber en 2016/2017. Dans la lignée de l’année fiscale précédente, les efforts du gouvernement pour réduire le déficit seraient poursuivis. La croissance plus favorable devrait revigorer la perception des recettes de l’État. En dépit du déclin des aides et dons dédiés, la réforme de la TVA et la suppression de certaines exonérations fiscales, adoptées au cours de l’exercice précédent afin d’élargir l’assiette fiscale, soutiendront le mouvement de hausse. L’ajustement fiscal s’opérera principalement sur les dépenses courantes qui devraient baisser. Les dépenses de développement, particulièrement dans l’agriculture, devrait être épargnée dans le but de soutenir la croissance. Le retour des bailleurs de fonds internationaux, dont les 80 millions de dollars versés par la Banque Mondiale, permettra de financer des projets d’investissements en capital et d’effacer des arriérés de paiement sans grever le déficit.

Le déficit courant, après avoir connu un pic en 2016 suite à la nécessité d’importer du maïs pour contenir la crise alimentaire, devrait poursuivre, en 2018, son mouvement de réduction. La hausse de la production agricole, qui constitue la principale source des revenus d’exportations, devrait permettre de contenir le déficit commercial structurel. Ce dernier demeure la principale contribution négative au déficit courant. La balance des transferts continuera à être la principale contribution positive. La résorption progressive du déficit courant devrait permettre d’atténuer la pression sur les réserves de change, équivalentes à 3 mois d’importations et le kwacha malawien.

Malgré un risque de surendettement modéré, la dette du Malawi demeure vulnérable à des chocs externes.

 

L’ombre des élections 2019 plane sur le pays

Élu en 2014, le président Peter Mutharika se prépare à être candidat à sa propre succession en 2019. Toutefois, alors que le sentiment de défiance à l’égard des institutions reste fort, les affaires de corruption continuent de peser sur l’efficacité de la gouvernance. En février 2017, un nouveau scandale a obligé P. Mutharika à se séparer de son ministre de l’agriculture, George Chaponda, pourtant considéré comme un proche. Surnommé maizegate par les médias, en écho au cashgate qui avait coûté au Malawi le soutien des bailleurs de fonds entre 2013 et 2016. Ce scandale isole le président au sein du Parti Progressiste Démocrate (DPP) en même temps qu’il érode son capital politique auprès d’une population qui s’agace de la faiblesse récurrente de la gouvernance, des scandales de corruption à répétition, de la pauvreté endémique et de services publics déficients. L’opposition semble néanmoins inapte à capitaliser sur cette frustration sociale et ce, malgré la fragilité du gouvernement de coalition avec le Front Démocratique Uni (UDF), car désorganisée.

Au cœur des tensions avec la Tanzanie depuis plus de 50 ans, le découpage du lac Nyasa/Malawi est devenu une question d’autant plus sensible depuis 2011, lorsque le Malawi a décerné des licences d’exploration gazière et pétrolière. La pêche illégale dans le lac Chiuta par des groupes armés mozambicains empoisonne les relations avec le Mozambique.

L’environnement des affaires reste dégradé malgré les progrès réalisés.

 

Dernière mise à jour : Janvier 2018

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