Les études économiques et analyses risques pays et risques sectoriels Coface
Maldives

Maldives

Population 0,4millions
PIB par habitant 11 984 $US
D
Evaluation des risques pays
C
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

 

 

   2015  2016  2017(p)  2018(p)
Croissance PIB (%) 3,3 3,9 4,6 4,7
Inflation (moyenne annuelle, %) 1,4 0,8 3,5 0,9
Solde public / PIB (%) -9,5 -10,3 -8,0 -7,2
Solde courant / PIB (%) -7,3 -19,6 -16,7 -14,8
Dette publique / PIB (%) 72,0 65,0 69,4 72,2

(p) : prévision

POINTS FORTS

  • Relations bilatérales croissantes avec la Chine et l’Arabie Saoudite
  • Croissance de l’activité touristique sur les atolls inhabités
  • Infrastructures aéroportuaires
  • Soutien de la part de la Banque Mondiale et de la Banque Asiatique de Développement (BAD)

POINTS FAIBLES

  • Dépendance à la conjoncture internationale due à l’importance du tourisme dans l’économie nationale
  • Insularité
  • Déficit budgétaire chronique et dynamique croissante de la dette publique
  • Instabilité politique
  • Vulnérabilité aux catastrophes naturelles et aux effets négatifs du changement climatique 

Appréciation du risque

Croissance élevée grâce au tourisme et aux projets d’infrastructure

La croissance économique, fortement dépendante de celle du secteur du tourisme (24 % du PIB) devrait se stabiliser à un niveau assez élevé en 2018. Elle sera soutenue par l’augmentation du nombre de visiteurs en provenance des pays européens (1er marché régional, 49 %), mais elle dépendra aussi de la conjoncture en Chine (1er marché national, 21,5 %). Le dynamisme du tourisme sera soutenu par l’investissement massif dans les infrastructures dédiées. Le projet d’un terminal international au sein du principal aéroport du pays a été attribué à une entreprise saoudienne et représente près de 10 % du PIB. Il permettra d’accueillir plus de 7 millions de voyageurs par an par rapport à 1,5 million actuellement. La construction d’un pont reliant la capitale Malé à cet aéroport a été financée par un prêt de la Chine ; il devrait être opérationnel mi-2018. Le secteur de la construction s’attend donc à une forte augmentation de l’activité et plus de 75 % des chefs d’entreprise prévoient d’augmenter leurs effectifs, ce qui peut avoir un effet positif sur la consommation domestique. Néanmoins, les délais de paiement dans le secteur restent longs, ce qui peut décourager les entreprises. Le secteur de la pêche, important pourvoyeur d’emploi dans l’archipel, demeure archaïque.

L’inflation devrait être très faible en 2018, elle devrait retrouver son niveau des années précédentes, après avoir été nourrie par les politiques de quota et de taxes sur les produits importés.

 

Des déficits public et courant alimentés par les investissements

Le programme d’investissement public devrait maintenir le déficit budgétaire à un niveau élevé en 2018. Les recettes fiscales devraient, néanmoins, augmenter en 2018, portées par les réformes des taxes sur les produits importés, ainsi que le paiement d’une taxe aéroportuaire par les touristes depuis juin 2017. Les subventions, notamment sur l’électricité et les produits d’alimentation, devraient être supprimées progressivement et les dépenses du système de sécurité sociale « Asandha » devraient baisser.

Le déficit courant continuerait à être important. L’absence d’industrie manufacturière du pays le contraint à importer massivement et grève la balance commerciale (des biens). Les importations devraient augmenter avec la demande croissante pour les matériaux de constructions dans le cadre des nouveaux investissements. La part des matières premières dans les importations devrait également croître et l’étendue du déficit courant sera déterminée par leurs prix sur les marchés, notamment celui du pétrole. Les exportations, essentiellement de poissons, devraient légèrement augmenter, portées par la croissance du commerce de thons congelés qui compense la diminution des échanges de thon frais. Les recettes touristiques qui entrent dans la balance des services constituent la principale contribution positive à la balance courante. Ainsi, l’archipel a un besoin de financement externe significatif qui rend le pays dépendant du soutien des bailleurs de fonds internationaux. Néanmoins, les réserves augmentent modérément grâce à la croissance du tourisme et aux importants flux d’IDE (10 % du PIB). Ces deux sources permettent de réduire la pression sur la devise maldivienne, la rufiyaa, et donc le risque de crise de change.

 

Des manifestations de plus en plus importantes et des mesures anti-démocratiques

Depuis l’élection en 2013 du Président Abdullah Yameen, demi-frère de l’ancien Président Mamoon Gayoom (de 1978 à 2008), le régime devient de plus en plus autoritaire. De nombreuses arrestations ont eu lieu et elles entrainent de nombreuses manifestations citoyennes, fermement réprimées. Le pouvoir judiciaire n’est pas épargné puisque 56 avocats ont été suspendus de leur activité pour avoir réclamé le respect de l’État de droit.

Le président a désormais recours à l’armée pour faire face à l’opposition. Ainsi, en juillet 2017, les militaires ont bloqué l’accès au Majlis, le parlement maldivien, pour empêcher un vote de censure vis-à-vis d’un proche du chef d’État. Les élections de fin 2018 vont voir s’opposer les deux principales forces politiques du pays, le Parti Progressiste du président sortant et le Parti Démocratique des Maldives du dissident exilé M. Nasheed (il a demandé l’asile politique au Royaume-Uni après avoir été condamné aux Maldives). Si le processus électoral se déroule correctement, il semble difficile pour le président actuel de se maintenir au pouvoir.

Si les îles-hôtel touristiques et interdites aux maldiviens demeurent épargnées, la situation sécuritaire à Malé et dans d’autres îles pourrait devenir inquiétante en 2018 avec la menace terroriste et les manifestations de l’opposition.

Le climat des affaires dans le pays semble se détériorer continuellement à cause, notamment, de l’instabilité grandissante, de la corruption et de l’autoritarisme du régime (dégradation de plus de 100 places sur 190 au classement Doing Business de la Banque Mondiale en 10 ans, passant de la 31e à la 135e place). 

 

Dernière mise à jour : Janvier 2018

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