Les études économiques et analyses risques pays et risques sectoriels Coface
Mali

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Population 18,3 millions
PIB par habitant 768 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

 

 

   2015  2016  2017(p)  2018(p)
Croissance PIB (%) 6,0 5,8 5,3 5,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 1,4 -1,8 0,2 1,2
Solde public / PIB (%) -1,8 -3,9 -3,4 -3,3
Solde courant / PIB (%) -5,3 -7,1 -7,0 -5,5
Dette publique / PIB (%) 30,7 35,9 34,7 35,5

(p) : prévision

POINTS FORTS

  • Importantes ressources naturelles agricoles (coton, riz, maïs) et minières (or, bauxite, fer)
  • Stabilisation de la situation politique et effort de redressement économique
  • Assistance internationale

POINTS FAIBLES

  • Économie vulnérable aux aléas climatiques et aux fluctuations des cours des matières premières
  • Enclavement géographique
  • Situation sécuritaire fragile
  • Dépendance à l’aide internationale 

Appréciation du risque

Une économie relativement dynamique

Malgré une situation sécuritaire difficile, l’activité devrait rester robuste en 2018, soutenue par les dépenses publiques d’investissement, la production agricole et aurifère, ainsi que par les aides internationales. La production d’or devrait être particulièrement dynamique, en raison de l’entrée en production de deux nouvelles mines et l’extension de deux autres. Le pays est le troisième producteur africain de ce minerai et ses exportations représentent près de 70 % du PIB. Les investissements publics devraient se poursuivre, à un rythme plus soutenu, et se concentreraient principalement dans le matériel de défense et les infrastructures de transport. En outre, le secteur agricole, qui contribue pour plus d’un tiers au PIB, resterait l’un des principaux contributeurs à la croissance du pays. Les cultures vivrières (riz, maïs) et de coton (2e produit exporté) connaîtraient une importante progression, liée à l’augmentation des surfaces cultivées, ainsi qu’à la modernisation des équipements. Néanmoins, le potentiel agricole est largement sous-exploité, et la faible présence d’usines de transformation locales pour les produits issus de l’élevage ou de la filière coton, empêcherait le développement d’un tissu industriel performant.

La consommation des ménages resterait solide et ne serait que peu affectée par le léger regain de l’inflation, dans la mesure où l’accroissement des revenus agricoles, dont près de deux tiers de la population active dépend, compenserait largement la hausse des prix.

Malgré des perspectives favorables, la situation économique restera sujette à des risques liés à la fragilité de la situation sécuritaire et à la vulnérabilité de la production agricole aux aléas climatiques. Le pays table, à terme, sur une diversification de son économie grâce à son potentiel pétrolier et à ses réserves de minerai de fer et de bauxite. Les progrès en la matière risquent cependant d’être lents du fait du manque d’infrastructures, de la faiblesse des cours des produits de base et d’un climat des affaires difficile.

 

Vulnérabilité des comptes publics et extérieurs

Le projet de loi de finances 2018 cible une stabilisation du déficit budgétaire, malgré une nette augmentation des dépenses qui serait compensée par un accroissement des recettes. Celui-ci comprend notamment une augmentation de l’impôt sur les revenus et des taxes sur les biens et services, ainsi qu’une meilleure collecte de l’impôt. Les dépenses augmenteraient sensiblement en raison de l’accroissement des dépenses de sécurité, de la mise en œuvre de l’accord de paix et de l’organisation des élections présidentielles fin 2018. Le déficit budgétaire est principalement financé par un recours au marché intérieur et régional et une contribution du FMI dans le cadre d’une facilité élargie de crédit. Une baisse progressive du déficit vers la cible de 3 % d’ici 2019 permettrait aux autorités de maintenir la dette publique à un niveau soutenable, alors que le pays a déjà bénéficié, il y a plusieurs années, d’un important allègement de dette dans le cadre des initiatives PPTE et IADM.

Le déficit courant devrait se réduire en 2018, mais demeurerait relativement élevé. La hausse des importations de biens d’équipement associées aux projets de développement et de reconstruction en cours, à la légère augmentation de la facture pétrolière et à celle relative aux produits alimentaires, seraient compensées par la progression des exportations. Les exportations d’or et de coton devraient progresser, en lien avec la hausse de la production et une légère remontée des cours. Le niveau élevé des transferts publics et des transferts privés (migrants) limitent l’ampleur du déficit courant, qui est principalement financé par l’aide extérieure et les prêts officiels et, dans une moindre mesure, par l’investissement direct étranger. Néanmoins, l’évolution de la balance courante est dépendante des exportations d’or et de coton, fortement exposées aux fluctuations des prix mondiaux.

 

Un environnement sécuritaire toujours très fragile

Le président Ibrahim Boubacar Keïta, élu en août 2013 après la reconquête de la moitié nord du pays sur les groupes islamistes, grâce à l’intervention militaire française et la mobilisation de la communauté internationale, devrait demeurer au pouvoir jusqu’à la prochaine élection présidentielle prévue fin 2018. Cependant, la situation sécuritaire demeure très fragile, les groupes djihadistes n’ayant pas participé à la signature de l’accord de paix en juin 2015 continuant de combattre les forces des Nations Unies (Minusma) et l’armée malienne et à mener des attaques contre les civils dans le nord et le centre du pays. En outre, la mise en œuvre de l’accord est menacée par des querelles au sein des groupes membres de la Coordination des mouvements de l’Azawad (groupe rebelle pour l’indépendance de la région située au nord du pays), ainsi que des violations répétées de l’accord entre ces derniers et le Groupe autodéfense touareg Imghad et alliés (GATIA). Le maintien de l’insécurité risque, à terme, d’entamer la confiance des consommateurs, des entreprises et des bailleurs de fonds. Par ailleurs, la mise en place des reformes en matière de bonne gouvernance se fait à un rythme lent, surtout en ce qui concerne la lutte contre la corruption.

 

Dernière mise à jour : Janvier 2018

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