Les études économiques et analyses risques pays Coface
Malte

Malte

Population 0,4 million
PIB par habitant 24716 $US
A2
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2013 2014 2015 (p)  2016(p)
Croissance PIB (%) 3,9 4,1 5,4 4,2
Inflation (moyenne annuelle) 1,0 0,8 1,0 1,6
Solde budgétaire / PIB (%) -2,6 -2,1 -1,6 -1,1
Solde courant / PIB (%) 3,2 3,3 2,0 3,5
Dette publique / PIB (%) 69,6 68,3 66,0 64,0

(p) Prévisions

POINTS FORTS

  • Activités touristique et portuaire
  • Industrie à haute valeur ajoutée (électronique)
  • Dette publique détenue par les résidents
  • Carrefour entre Méditerranée orientale et occidentale
  • Main d’œuvre productive et anglophone

POINTS FAIBLES

  • Petite taille et insularité
  • Population vieillissante
  • Déficit structurel des échanges de biens (absence de ressources naturelles)
  • Faible taux d’activité professionnelle des femmes : inférieur à 45% mais en progression
  • Insuffisance de l’enseignement supérieur
  • Infrastructures routières déficientes

Appréciation du risque

Une croissance confortable

Malgré la forte décélération de l’investissement liée à l’achèvement d’infrastructures électriques, la croissance devrait être encore confortable en 2016. La consommation des ménages sera portée par le dynamisme de l’emploi et les hausses de salaires favorisées par la raréfaction de la main d’œuvre. De plus, les salariés bénéficient de l’indexation des salaires sur l’inflation (Cost of Living Allowance ou COLA). L’investissement public sera soutenu par le lancement de travaux routiers et la poursuite de travaux d’assainissement et d’adduction d’eau. L’investissement industriel devrait rester bien orienté, dans la mesure où les exportations de composants électroniques, électriques et optiques, de loin la principale production manufacturière de l’archipel, mais aussi celles de médicaments génériques et de produits de la mer, bénéficieront d’une bonne maitrise des coûts de production (baisse du prix de l’électricité dans le sillage des récents investissements) et de la faiblesse de l’euro. L’activité touristique (25% du PIB et 9% de l’emploi) jouira encore de la compétitivité maltaise (rapport qualité-prix, sécurité, santé) par rapport aux autres destinations méditerranéennes auprès de la clientèle européenne, notamment britannique. Les recettes de jeux électroniques (ex. poker) utilisant Internet et la télévision numérique, sur lesquels le pays est le premier à avoir légiféré, continueront de progresser. Enfin, l’activité portuaire profitera pleinement de la position optimale du pays aux carrefours des routes méditerranéennes et notamment de sa situation à mi-chemin entre le Canal de Suez et Gibraltar.

 

Politique sociale et consolidation des comptes publics

La consolidation budgétaire n’était pas, a priori, une priorité des travaillistes, de retour au pouvoir sous la direction du premier ministre Joseph Muscat depuis 2013 après quinze ans de règne du Parti nationaliste de centre droit. Pourtant, une loi de responsabilité budgétaire a été adoptée en 2014. Malgré une baisse de l’impôt sur le revenu pour les foyers modestes, une revalorisation du minimum vieillesse et l’augmentation de la prise en charge pour le maintien à domicile des personnes âgées, le déficit va poursuivre sa baisse en 2016 : les recettes bénéficieront du dynamisme de la consommation et de la vente de la citoyenneté maltaise pour 650 000 euros à toute personne étrangère ayant plus d’un an de résidence (gain estimé : 0,9% du PIB). Les dépenses seront allégées par la fin des injections de capital dans la compagnie publique Air Malta et la réforme du secteur de l’énergie qui a vu la compagnie nationale d’électricité ENEMALTA privatisée à hauteur de 33% s’acquitter de ses arriérés d’impôt. L’obtention d’un léger excédent primaire structurel (c’est-à-dire hors intérêts de la dette et corrigé des effets de la conjoncture), va permettre une réduction de l’importante dette publique (à laquelle il faut ajouter la garantie de l’Etat sur la dette des entreprises publiques représentant 17% du PIB), mais qui est détenue par les résidents, notamment les banques locales. Pour l’instant, la démarche est facilitée par la conjoncture favorable.

 

Le déficit commercial est largement compensé par l’excédent des services

Malgré un solde des échanges de biens très déficitaire (à hauteur de 13,5% du PIB en 2016, en baisse de 1,5% du fait de la décélération de l’investissement) dû au manque de ressources énergétiques, à la faible diversification de la production manufacturière et au fort contenu en importations de la consommation, le pays dégage un excédent courant. Celui-ci s’explique par l’excédent des services (20% du PIB) lié au tourisme, aux jeux électroniques à distance, ainsi qu’au port franc situé à Marsaxlokk. Ses activités de transbordement, de logistique et d’entreposage de conteneurs et de produits pétroliers ont été concédées par la société publique Malta Freeport Corp. Ltd à des entreprises privées. Ce port sert à transborder les cargaisons de navires à fort tonnage sur des navires adaptés aux moindres capacités de ports méditerranéens, et vice versa. Le port de la Valette conserve les autres activités portuaires.   

 

Un centre financier offshore important

Le secteur financier gère des actifs équivalents à 643% du PIB et contribue pour 18% aux recettes publiques. Toutefois, la plus grande part (377% du PIB) est détenue par des filiales de groupes étrangers, notamment britanniques, allemands et turcs qui bénéficient d’une fiscalité avantageuse. Elles fonctionnent avec les ressources des maisons-mères et de non-résidents, investissent uniquement à l’étranger et emploient peu de personnel local. Les véritables banques locales, essentiellement Bank of Valletta et HSBC, qui reçoivent les dépôts des résidents, gèrent des actifs et affichent des engagements représentant 239% du PIB. Elles détiennent un tiers de la dette souveraine et sont très impliquées dans le financement hypothécaire des ménages. La faible concurrence leur assure une bonne rentabilité même si les créances douteuses constituent plus de 9% de leur portefeuille. Il existe une troisième catégorie de banques, dominée par la Mediterranean Bank, essentiellement actives à l’étranger, mais qui proposent des services aux entreprises locales, surtout sous forme de crédits commerciaux et de forfaitage, dont les actifs représentent 27% du PIB. Globalement, le système est jugé solide.

 

 

Dernière mise à jour : Janvier 2016

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