Les études économiques et analyses risques pays Coface
Montenegro

Montenegro

Population 0,6 million
PIB par habitant 6409 $US
C
Evaluation des risques pays
B
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2014 2015  2016(p) 2017 (p)
Croissance PIB (%) 1,8 3,4 2,7 3,4
Inflation (moyenne annuelle) -0,5 1,4 0,5 1,2
Solde budgétaire / PIB (%) -2,9 -8,4 -4,7 -7,6
Solde courant / PIB (%) -15,2 -13,3 -15,3 -17,4
Dette publique / PIB (%) 54,8 61,2 66,1 71,8

(p) Prévisions

POINTS FORTS

  • Potentiel touristique (mer, montagne, climat)
  • Potentiel hydroélectrique
  • Usage de l’euro
  • Négociations en vue de l’adhésion à l’Union européenne 

POINTS FAIBLES

  • Petitesse du marché
  • Faible diversification
  • Manque d’infrastructures
  • Importance du chômage structurel et manque de personnel qualifié
  • Importance du vote ethnique et blocage politique
  • Environnement des affaires médiocre
  • Economie souterraine importante (39 %)
  • Crime organisé

Appréciation du risque

Activité soutenue par l’investissement public

En 2017, la croissance devrait augmenter, sous l’impulsion de la hausse de l’investissement public. Celui-ci serait notamment porté par la construction de l’autoroute devant relier le port de Bar à Boljare, à la frontière serbe. La construction de la ligne électrique reliant le pays à l’Italie suivrait son cours, pour un achèvement fin 2017. Les contrats de construction de l’automne 2016 témoignent de l’avancement de l’extension de la centrale thermique de Pljevlja. La consommation publique serait en baisse, en lien avec la concentration de la dépense sur l’investissement. La consommation des ménages ralentirait, en raison d’un taux de chômage encore élevé (estimé à plus de 17 % en 2017) et de l’érosion des revenus par la hausse de l’inflation en lien avec la remontée progressive du prix du pétrole. L’investissement dans le secteur touristique se maintiendrait, comme l’atteste la construction d’un complexe de luxe dans les Bouches de Kotor, dont la mise en service est attendue pour l’été 2017. En dépit de l’accroissement des structures d’accueil, l’activité touristique, qui contribue pour 10 % au PIB, pourrait être pénalisée, du fait de l’instabilité politique et des relations dégradées avec la Russie, d’où provient un quart des estivants étrangers.

Les exportations d’aluminium et d’acier de Kombinat Aluminijuma Podgorica (KAP) et de l’aciérie Toscelik de Nikšić pourraient être perturbées par la restructuration de l’industrie extractive, si bien que la contribution des échanges extérieurs à la croissance devrait rester négative.

 

Des comptes publics et extérieurs déséquilibrés

Le déficit public et la dette resteraient élevés. La collecte fiscale, basée sur la TVA et les cotisations sociales, est médiocre, alors que la maîtrise des dépenses courantes, notamment sociales et de personnel, n’est pas acquise, comme le montre l’adoption d’une loi de finances rectificative pour 2016. Les dépenses d’investissement resteraient élevées, malgré le recours aux partenariats avec le privé et les concessions. De plus, les exonérations fiscales destinées à attirer les investissements étrangers dans le tourisme sont coûteuses. La dette et le déficit public continueraient d’augmenter en raison, notamment, du coût (6 % du PIB annuel jusqu’en 2019) de la construction de la route Bar-frontière serbe et de l’émission croissante d’eurobonds par le gouvernement. Enfin, le conflit opposant le gouvernement à la société chypriote Central European Aluminium Company (CEAC) d’un oligarque russe, tous deux actionnaires de KAP lors de sa faillite en 2013, pourrait connaître de nouveaux développements. En effet, après avoir été déboutée à Paris en juillet 2016 de sa demande en dédommagement pour avoir été dépouillée de ses actifs, au motif qu’elle ne dispose pas d’un réel siège à Chypre pouvant la faire bénéficier du traité chyprio-monténégrin sur la protection des investissements, la CEAC souhaite poursuivre la procédure judiciaire à Chypre.

Le déficit courant se creuserait davantage en 2017. Les échanges commerciaux demeureraient déficitaires. Les exportations, essentiellement des métaux et de l’électricité, très sensibles à la conjoncture internationale et la pluviométrie, seraient largement compensées par les importations d’équipements pour les infrastructures et de produits alimentaires. De plus, la facture énergétique du pays s’alourdirait sous l’effet de la hausse modeste des cours du pétrole (premier poste d’importation). Au demeurant, la balance des services pourrait être dégradée du fait du ralentissement de l’activité touristique. Les investissements étrangers, russes à 28 %, dans le tourisme et l’énergie, les transferts des expatriés ainsi que les entrées non déclarées de capitaux investis en résidences secondaires financent le déficit courant.

 

Les élections législatives d’octobre 2016 n’ont pas mis fin à l’agitation politique

Les élections législatives d’octobre 2016 se sont tenues dans un climat tendu. Ce scrutin a été marqué par des rumeurs de menace terroriste contre le premier ministre Djukanovic et l’arrestation de serbes, prétendument instruments d’une puissance étrangère tierce. Le Parti démocratique socialiste (DPS), issu de l’ancien parti communiste et dominant la scène politique depuis 1991, a remporté 36 sièges sur 91, sans toutefois acquérir une majorité absolue. L’opposition, dominée par le Front démocratique pro-serbe, conteste vivement les résultats. Cependant, un nouveau gouvernement a été formé en novembre 2016, bien que l’opposition ait boycotté le vote parlementaire. Aussi, une coalition composée du DPS et de partis ethniques minoritaires siègerait au Parlement pour les années à venir. M. Djukanovic a annoncé après l’élection qu’il ne briguerait pas sa propre succession au poste de premier ministre. Une autre figure forte du parti, Dusko Markovic, a été investie pour ce poste, bien que M. Djukanovic conserve une influence forte en restant à la tête du DPS.

La vie des entreprises est compliquée par la corruption, la politisation de la justice, le crime organisé, un cadastre approximatif et la lenteur administrative. Pourtant, les négociations d’adhésion avec l’U.E. induisent des progrès sur l’environnement des affaires. En 2016, le Monténégro se place au 51ème rang sur 190 du classement Doing Business de la Banque Mondiale. Le processus d’adhésion à l’OTAN progresse. Cependant, cette question demeure clivante au sein de la société civile dans la mesure où une future adhésion à l’OTAN provoquerait l’ire de la Russie dont la présence financière et immobilière est conséquente.

 

Dernière mise à jour : Janvier 2017

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