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Montenegro

Montenegro

Population 0,6 million
PIB par habitant 6 707 $US
C
Evaluation des risques pays
B
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

   2015  2016  2017(p)  2018(p)
Croissance PIB (%) 3,4 2,9 4,0 3,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 1,5 0,9 2,4 2,6
Solde public / PIB (%) -8,3 3,7 -6,0 -4,0
Solde courant / PIB (%) -13,3 -18,0 -18,0 -17,0
Dette publique / PIB (%) 73,7 71,4 74,0 78,0

(p) : prévision

POINTS FORTS

  • Potentiel touristique (mer, montagne, climat)
  • Potentiel hydroélectrique
  • Usage de l’euro
  • Négociations en vue de l’adhésion à l’Union européenne
  • Éducation et santé de bonne qualité 

POINTS FAIBLES

  • Petitesse du marché
  • Dépendance au tourisme, à la construction, à l’énergie
  • Production électrique reposant largement sur du charbon subventionné
  • Réseaux routier et électrique déficients
  • Chômage structurel (14 %) et manque de personnel qualifié
  • Importance du vote ethnique et blocage politique
  • Environnement des affaires médiocre
  • Économie souterraine importante (39 % du PIB) et faible taux de participation (54 %)

Appréciation du risque

Activité soutenue par l’investissement

En 2018, la croissance, bien que moindre, resterait confortable, toujours sous l’impulsion de l’investissement. Celui-ci sera notamment porté par la poursuite de la construction du premier tronçon de 41 km entre Podgorica et Mateševo de l’autoroute devant relier le port de Bar à Boljare, à la frontière serbe. L’investissement étranger dans les infrastructures touristiques continuera, développant un secteur qui contribue déjà pour 10 % au PIB. Par contre, la construction d’une deuxième centrale à charbon à Pljevlja semble compromise du fait du durcissement des normes environnementales européennes. La consommation, tant privée que publique, contribuera peu à la croissance, en lien avec la consolidation budgétaire. L’apport des échanges extérieurs sera négatif du fait de la progression des importations liées à la construction de l’autoroute.

 

Consolidation des comptes publics et extérieurs liée à l’achèvement du chantier autoroutier

Bien qu’amoindri, le déficit public restera élevé, conduisant à un nouvel alourdissement de la dette (78 % du PIB fin 2016, 60 % du PIB pour sa seule fraction externe). Pourtant, l’assainissement budgétaire s’intensifiera. La taxation indirecte qui représente, déjà, 67 % des recettes fiscales va encore être accrue. Ainsi, le taux ordinaire de TVA passera de 19 à 21 % début 2018. Les prélèvements sur le tabac, les sodas et les alcools augmenteront. Le contrôle sera facilité par la généralisation des caisses enregistreuses connectées. La majoration exceptionnelle de 2 % de l’impôt (taux unique de 9 %) sur les revenus élevés devrait être prorogée. L’action sur les dépenses courantes (prestations sociales et traitements essentiellement) qui équivalent à 80 % des dépenses totales sera de moindre ampleur. Les traitements des hauts fonctionnaires seront de nouveau réduits, tandis que la hausse ne pourra dépasser 1 % pour les autres. Face à cela, le déficit des retraites supporté par l’État et principalement dû aux préretraites représente plus de 3 % du PIB. Les réductions fiscales destinées à attirer les investissements étrangers dans le tourisme, comme l’application de la TVA réduite à 7 % pour les hôtels de luxe, sont coûteuses. Mais, l’obstacle déterminant est la construction de l’autoroute, sans laquelle le solde budgétaire serait équilibré. Le coût du premier tronçon représente 1/4 du PIB. Le chantier réalisé par China Road & Bridge, avec une sous-traitance locale de 30 %, est financé à 85 % par un prêt en dollars sur 20 ans de l’Exim Bank au taux de 2 % avec une période de grâce de 6 ans. Le solde est à la charge du pays. Le chantier doit s’achever en 2019, permettant au solde de devenir positif et à la dette de s’alléger rapidement à partir de 2020. Il semble acquis que la réalisation des 136 km restants, pour un coût équivalent, ne pourra se faire sans l’obtention de financements concessionnels. Pourtant, sous réserve de la réalisation de la partie serbe, cet axe améliorerait les échanges touristiques et commerciaux avec l’Europe via la Serbie en remplaçant une route dangereuse souvent fermée en hiver.

Le déficit courant restera massif en 2018 du fait de celui abyssal des échanges de marchandises (45 % du PIB). Les exportations, essentiellement des métaux (aluminium du Kombinat Aluminijuma à Podgorica et acier de l’aciérie Toscelik à Nikšić) et de l’électricité, très sensibles à la conjoncture internationale et la pluviométrie, sont largement compensées par les importations d’équipements pour les infrastructures routières, mais aussi de produits alimentaires et de pétrole. Le tourisme génère un excédent représentant 20 % du PIB. Les russes, qui constituent un quart des estivants, n’ont pas été sensibles à l’alignement du pays sur la position occidentale par rapport à l’Ukraine, ni à l’adhésion à l’OTAN. Au final, le déficit courant est financé pour moitié par les IDE, le solde par l’endettement et les entrées non déclarées de capitaux investis en résidences secondaires. La dette extérieure représentait 167 % du PIB fin 2016. Sa progression récente est due à celle de sa part publique (1/3), conséquence du financement extérieur du déficit public et du déboursement du prêt chinois pour l’autoroute.

 

Scène politique figée

Le Parti démocratique socialiste (DPS) issu de l’ancien parti communiste et dominant la scène politique depuis 1991, est arrivé en tête lors des élections législatives d’octobre 2016 avec 36 sièges sur 91. A la faveur du désistement du chef historique du DPS, Milo Djukanovic, et du boycott parlementaire par l’opposition dominée par le Front démocratique (pro-russe), qui conteste toujours les résultats, Duško Marković, vice-premier ministre dans le précédent gouvernement, a pris la tête d’un gouvernement de coalition réunissant le DPS et des partis ethniques minoritaires. Le gouvernement a mené à terme le processus d’adhésion à l’OTAN et travaille à l’adhésion à l’U.E.

La vie des entreprises est compliquée par la corruption, la politisation de la justice nuisant à l’exécution des contrats et au traitement de l’insolvabilité, le crime organisé, un cadastre approximatif, et la lenteur administrative. Pourtant, les négociations d’adhésion avec l’U.E. induisent des progrès sur l’environnement des affaires. En 2016, le Monténégro se place au 51e rang sur 190 du classement Doing Business de la Banque Mondiale et au 77e sur 138 dans le Global Competitiveness Report.

 

Dernière mise à jour : Janvier 2018

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