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Myanmar

Myanmar

Population 51,419 millions
PIB 65,291 milliards $US
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2012/13 2013/14  2014/15 (e) 2015/16 (p)
Croissance PIB (%) 7,3 8,3 8,5 8,5
Inflation (moyenne annuelle) 2,8 5,7  6,6 6,3
Solde budgétaire / PIB (%)  -1,7  -1,6  -4,5 -4,6
Solde courant / PIB (%)*  -4,3  -5,4  -5,3 -5,1
Dette publique / PIB (%)  48,0  39,8 39,5 39,8

 

(p) Prévisions

*année fiscale (avril- mars)

POINTS FORTS

  • Abondantes matières premières (riz, tek, minerais, gaz, pétrole)
  • Potentiel hydroélectrique considérable
  • Proximité d’économies dynamiques (Inde, Chine, Thaïlande)
  • Potentiel touristique élevé

POINTS FAIBLES

  • Risque de tensions ethniques élevé
  • Economie peu diversifiée
  • Secteur financier sous-développé

Appréciation du risque

Une croissance très dynamique

La croissance restera très soutenue en 2015. L’activité économique bénéficie du dynamisme des secteurs du gaz, des télécommunications et de la construction mais aussi de l’agriculture et des biens de consommation. Le développement des infrastructures soutient la construction et le pays profite de l’afflux d’investissements étrangers permis par l’ouverture croissante du pays. Néanmoins, le pays souffre toujours d’importantes carences en infrastructures, notamment électriques, qui pèsent sur la capacité de production du pays. De plus, la productivité est faible et la main d’œuvre peu qualifiée. Par ailleurs, le tourisme est en forte progression mais reste contraint par l’insuffisance de l’offre hôtelière et les difficultés de circulation entre les différents sites touristiques. Même si le secteur bancaire reste sous-développé, son expansion progresse et 9 banques étrangères ont obtenu, à l’automne 2014, des licences pour s’implanter dans le pays. L’augmentation du nombre d’établissements de micro-finance devrait également soutenir les dépenses de consommation et l’investissement. Par ailleurs, ce dernier continuera de bénéficier de la levée des sanctions économiques et politiques par les pays occidentaux et de l’ouverture aux investisseurs étrangers qui bénéficie notamment aux secteurs de l’énergie, de la prospection pétrolière et des infrastructures. Une zone économique spéciale devrait accueillir 22 entreprises à partir de mi-2015. Les biens produits seront à la fois destinés au marché domestique qui se développe et à l’exportation. Bien que le niveau de pauvreté soit encore très élevé, la consommation privée, qui représente 80% du PIB, continuera d’alimenter la croissance et les investissements étrangers dans le secteur agroalimentaire. Elle sera également soutenue par la hausse des dépenses sociales. De plus, l’inflation se stabilisera : les effets de l’augmentation des prix de l’électricité et des salaires se dissipent tandis que les prix de matières premières restent modérés.

 

Déficits jumeaux mais croissance des IDE

Après avoir fortement augmenté en 2013, le déficit budgétaire devrait se stabiliser en 2015. Le gouvernement consent davantage d’exonérations fiscales et augmente les dépenses sociales (éducation, santé), particulièrement à l’approche des élections de 2015. Néanmoins, il bénéficie de revenus exceptionnels tels que les licences de télécommunication et les recettes budgétaires croissent avec l’augmentation de la production de gaz. Par ailleurs, la dette publique a bénéficié d’une annulation et d’un rééchelonnement des arriérés en Club de Paris permettant au pays de bénéficier à nouveau de prêts concessionnels pour financer le développement de ses infrastructures. Ainsi, la dette publique apparaît soutenable.
Du côté des comptes extérieurs, le déficit courant devrait se stabiliser en 2015. En dépit de la progression des exportations, le pays affiche un déficit commercial alimenté par d’importantes importations liées aux projets d’investissement mais également induites par une consommation soutenue. Celui-ci est néanmoins compensé par des flux d’IDE en hausse. Dans ce contexte, les réserves de changes resteront à un niveau convenable (environ 4 mois d’importations), même si une partie d’entre elles sont détenues par les banques publiques et non par la banque centrale.

 

Issue incertaine de l’élection présidentielle en 2015 et persistance des tensions interethniques

Au niveau politique, le pays a connu un processus de libéralisation sans précédent. Les élections législatives de novembre 2010 qui ont mis fin à l’exercice du pouvoir par la junte militaire et permis l’arrivée du Président Thein Sein ont ouvert la voie à un processus de réformes dès l’été 2011. En avril 2012 se sont tenues des élections législatives partielles, les premières auxquelles participait l’opposition dans son ensemble depuis celles de 1990. La Ligue Nationale pour la démocratie (LND) a remporté 43 des 45 sièges en jeu, permettant à Aung San Su Kyi, leader de la LND, de devenir député. Des élections générales sont programmées pour l’automne 2015. Mais la junte continue de dominer la vie politique (94% des sièges à l’assemblée) et la Constitution interdit Aung San Su Kyi de devenir présidente. Elle est en cours d’amendement mais il apparaît désormais peu probable que l’article interdisant à une personne ayant un lien de parenté avec un étranger de devenir président, et qui empêcherait Aung San Su Kyi de se présenter, soit supprimé. La LND, qui devrait obtenir la majorité des sièges au parlement, serait ainsi privée de son leader.
Le processus d’ouverture a permis la levée de la majeure partie des sanctions imposées par les Etats-Unis en 2012 et 2013 : suspension de l’interdiction de visa qui frappait les dirigeants birmans, levée des restrictions sur les aides financières et de l’interdiction américaine sur les importations de produits birmans. L’UE a également supprimé ses sanctions en avril 2013. Toutefois, les relations de Naypyidaw avec les pays occidentaux pourraient pâtir de la persistance des tensions interethniques et religieuses entre majorité bouddhiste et minorité musulmane dans l’Etat du Rakhine et du recul observé en matière de liberté de la presse. Des journalistes ont été condamnés, en juillet 2014, à 10 ans de travaux forcés pour avoir écrit que des armes chimiques sont fabriquées dans la région de Magway.

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