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Myanmar

Myanmar

Population 52,3 millions
PIB par habitant 1232 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

 

 

   2015  2016  2017(p)  2018(p)
Croissance PIB (%) 7,0 5,9 6,7 7,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 10,0 6,8 5,1 5,1
Solde public / PIB (%) -4,4 -2,5 -3,5 -4,0
Solde courant / PIB (%) -5,2 -3,9 -5,3 -5,6
Dette publique / PIB (%) 34,6 34,6 34,8 34,6

(p) : prévision année fiscale (avril 2018- mars 2019)

POINTS FORTS

  • Poursuite de la transition démocratique et du processus d’ouverture économique
  • Situation géographique stratégique, entre l’Inde et la Chine
  • Abondantes matières premières (riz, jade, minerais, gaz, pétrole)
  • Potentiel hydroélectrique considérable
  • Proximité d’économies dynamiques (Inde, Chine, Thaïlande)
  • Potentiel touristique élevé
  • Potentiel du secteur primaire (agriculture, terres cultivables)
  • Jeunesse de la population

POINTS FAIBLES

  • Tensions ethniques extrêmes entre la minorité Rohingya musulmane et la majorité bouddhiste
  • Condamnation internationale de la politique discriminatoire à l’encontre des minorités
  • Le rôle de la Banque Centrale pas encore réellement défini
  • Économie peu diversifiée
  • Secteur financier sous-développé 

Appréciation du risque

La croissance restera très dynamique

La croissance économique restera l’une des plus élevées de la région en 2018. L’activité a profité de la transition démocratique et de l’arrivée au pouvoir de la Ligue Nationale pour la Démocratie (LND) en avril 2016. Néanmoins, le dynamisme sera dépendant de l’établissement d’un agenda économique clair par le gouvernement en 2018, de la réforme des institutions, ainsi que la résolution de la crise de la population Rohingya, minorité musulmane dans un pays à majorité bouddhiste, dans l’Etat du Rakhine (ouest du pays). Le secteur agricole, qui a bénéficié en 2017 de conditions climatiques favorables, continuera à se développer en 2018, notamment en raison d’une collecte importante d’eau des barrages. La production birmane devrait bénéficier d’une demande domestique et extérieure de riz assez élevée (le riz étant l’exportation principale du secteur primaire). L’investissement public et privé (étranger notamment) dans les infrastructures augmente. Le secteur de la construction devrait être le premier à en bénéficier, avec une croissance de 16,4% en 2018. Les entreprises chinoises ont construit un gazoduc de 771 kilomètres, opérationnel depuis 2017, et ont sept grands projets d’infrastructure sur la vallée de l’Irrawaddy, principal fleuve du pays. Le développement du secteur touristique devrait se poursuivre malgré l’insuffisance de l’offre hôtelière. Bien que le niveau de pauvreté soit encore très élevé, la consommation privée (50% du PIB) continuera d’alimenter la croissance en 2018, bénéficiant de la hausse du niveau des salaires et des transferts des birmans résidents à l’étranger. Cela reflète un taux d’épargne des ménages encore faible. Les faiblesses du secteur bancaire pèsent toutefois sur cette croissance. Sur fond d’ajustement aux nouvelles régulations (juillet 2017), la croissance du crédit est en baisse après avoir atteint un pic (31,4% en 2015/2016), touchant principalement la construction et l’immobilier. L’inflation restera élevée en raison des politiques économiques expansionnistes, de la hausse des salaires, du prix des logements et de la croissance de la demande interne.

 

Déficits jumeaux et hausse des IDE

Les efforts de consolidation budgétaire devraient se poursuivre en 2018. Toutefois, le changement d’année fiscale en octobre 2018 (d’octobre à septembre contre avril à mars actuellement), après une période de transition de six mois, pèsera sur le déficit. Les dépenses publiques représentent près de 15,6% du PIB et 31% d’entre elles sont des dépenses militaires. Néanmoins, les dépenses sociales et d’éducations se maintiendront à un niveau élevé. L’Etat investira essentiellement dans la construction de nouvelles zones économiques (ZES) à Thaliwa, Dawei et Kyaukpyu. Par ailleurs, alors que les revenus sont contraints par la faiblesse du prix du gaz naturel, les autorités souhaitent poursuivre les réformes visant à élargir l’assiette fiscale,

ce qui permettrait de faire progresser les recettes budgétaires (collecte d’impôts à 8% du PIB en 2017).Le droit de passage du gaz et du pétrole entre les lieux d’extraction et la Chine rapportera, annuellement, 13 millions de dollars Le gouvernement devrait continuer d’avoir de moins en moins recours aux prêts de la banque centrale pour financer son déficit. L’objectif est de passer de 40% du déficit en 2017 à 20% en 2018.Du côté des comptes extérieurs, le déficit courant devrait continuer à se creuser en 2018. Les exportations continueront à augmenter, notamment vers la Chine (premier partenaire commerciale), boostées par la construction du gazoduc (le gaz est le produit le plus exporté, 39% du total). Les importations augmenteront davantage, notamment les matériaux de construction et de transport. Le déficit courant sera compensé par des flux d’IDE en très forte hausse. Les autorités s’orienteraient vers un passage à un taux de change flottant du kyat en 2018 pour améliorer la résistance de l’économie aux chocs externes.

Transition démocratique sur fond de conflit inter-ethnique

Au niveau politique, le pays a connu un processus de libéralisation sans précédent. Des élections législatives partielles se sont tenues en avril 2012, les premières auxquelles participait l’opposition dans son ensemble depuis celles de 1990. La LND a remporté 43 des 45 sièges en jeu, permettant à Aung San Su Kyi, leader de la LND, de devenir députée. Lors des très élections générales du 8 novembre 2015, la LND a remporté plus de 80% des voix.. Htin Kyaw a été élu président par le Parlement et Aung San Su Kyi est devenue « conseillère d’Etat », un rôle taillé sur mesure, alors que la Constitution lui interdisait de devenir président en raison de ses liens de parenté avec des étrangers. . Les élections législatives partielles d’avril 2017 ont maintenu la position de la LND, qui n’a perdu qu’un siège des 255 qu’elle possédait. Les sanctions européennes et états-uniennes pourraient être de retour en 2018, si la situation des Rohingyas ne s’améliorait pas. La campagne de répression de l’armée à l’encontre de cette population dans l’Etat du Rakhine, suite à des attaques menées contre des postes de police, a entraîné le départ de plus de 500 000 musulmans, principalement au Bangladesh. L’ONU qualifie cette situation de «nettoyage ethnique ». L’accord de rapatriement des populations Rohingyas signé en janvier 2018 entre le Bangladesh et le Myanmar doit encore prendre effet, retardé par l’expression de critiques sur les conditions de rapatriement et de citoyenneté des populations concernées une fois au Myanmar.
Enfin, l’environnement des affaires reste très précaire et le Myanmar est l’un des pays les plus mal classés au monde selon l’indice Doing Business de la Banque Mondiale (170 sur 190).

 

Dernière mise à jour : Avril 2018

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